Le Musée de l’Air du Bourget accueille le Mémorial Normandie-Niemen

Le Musée de l’Air du Bourget accueille le Mémorial Normandie-Niemen

normandie-niemen-2Faute de visiteurs et d’argent, le Mémorial Normandie-Niémen des Andelys (Eure) va fermer à la fin de l’année pour rejoindre en 2011 le Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget, près de Paris.

Ce départ de la petite ville normande, où le Mémorial est installé depuis une vingtaine d’années, marque la fin d’une crise marquée par l’arrêt, en 2008, des subventions du ministère de la Défense et de la municipalité, selon Claude Lemée. Celui-ci préside depuis 12 ans le Mémorial de cette prestigieuse escadrille Normandie-Niémen qui combattit sur le front de l’Est au sein de l’Armée rouge durant la Seconde guerre mondiale.

« Nous sortons de cette crise par le haut car l’installation au Bourget permettra à beaucoup plus de gens de découvrir le Normandie-Niémen », confie à l’AFP M. Lemée en soulignant que le musée des Andelys n’accueillait chaque année que 2.000 visiteurs.

En 2009, le Musée de l’Air du Bourget a reçu 280.000 visiteurs.

La visite du musée des Andelys, logé dans une belle maison bourgeoise en briques rouges, encadrée de platanes centenaires et par une maquette d’un chasseur soviétique Yak et un chasseur Mirage F1 des années 1970, est pourtant passionnante.

Photos de pilotes de la France libre devant leurs Yak, uniformes, médailles, caricatures de la vie quotidienne croquées par un sous-officier de l’unité, télégrammes « secret »: chaque objet raconte l’épopée du Normandie, créé en septembre 1942 par le général de Gaulle avec l’accord de Staline.

Après une longue période d’entraînement sur des Yak 1, les premiers 58 pilotes et mécaniciens français sont engagés sur le front de l’Est au printemps 1943.

Batailles de Koursk, de Smolensk, du fleuve Niémen où l’unité prendra son nom définitif, sur ordre de Staline, et de Prusse orientale: le Normandie-Niémen, dont 42 pilotes seront tués sur 97, fut la première formation de chasse française avec 273 victoires homologuées lors de 5.240 missions et 869 combats. Elle comptera 21 Compagnons de la Libération et quatre Héros de l’Union soviétique, une décoration accordée aux étrangers au compte-gouttes par l’URSS.

Début juin 1945, pour récompenser les pilotes français, le maréchal Staline fait don aux survivants de leurs avions Yak 3 qui se posent le 20 juin au Bourget devant une foule immense.

Après la guerre, les survivants organisent des expositions dans toute la France avant que la mairie des Andelys, où était né l’un des pilotes du « Neu-Neu » – Marcel Lefèvre, mort de ses blessures à la veille du Débarquement de Normandie – n’accueille en 1992 le Mémorial Normandie-Niémen.

Aujourd’hui, les survivants ne sont plus que six (quatre pilotes et deux mécaniciens), dont Roland de la Poype, 90 ans, dernier Compagnon de la Libération et dernier Héros de l’Union soviétique de l’unité, auteur de « L?Epopée du Normandie-Niémen » (Perrin 2007).

« Nous souhaitons continuer à entretenir la mémoire de l’unité et les liens d’amitié entre la France et la Russie », assure M. Lemée, qui rappelle que la « +Grande guerre patriotique+ est au programme des élèves russes et que 140 écoles de l’ex-URSS portent le même le nom de Normandie-Niémen ».

Le Normandie-Niémen se posera définitivement dans le hall du Musée de l’Air consacré à la Seconde guerre mondiale et où est déjà exposé un Yak, à deux pas de la piste où atterrirent les pilotes le 20 juin 1945.

350 objets, documents, affiches, archives seront au Bourget, précise à l’AFP Christian Tilatti, conservateur en chef du Musée de l’Air avant l’installation définitive fin 2011 sur un espace de 250 m2.

Source : AFP

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