La vague républicaine sera-t-elle favorable au ravitailleur A330-MRTT d’EADS

[Politique] La vague républicaine sera-t-elle favorable au ravitailleur A330-MRTT d’EADS

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Lu sur LCI

C’est une conséquence inattendue de la défaite des démocrates aux dernières élections de mi-mandat aux Etats-Unis. La poussée républicaine au Congrès est une bonne nouvelle pour EADS – et incidemment une mauvaise pour Boeing – dans la perspective de la bataille pour l’obtention du contrat de renouvellement des ravitailleurs de l’armée de l’air américaine. EADS fera son offre avec des sous-traitants américains et les élus républicains sont ralliés à l’offre d’EADS.

L’explication en est simple : ce contrat, pouvant représenter jusqu’à 50 milliards de dollars (36 milliards d’euros), est extrêmement politisé, puisque les partisans de l’un ou l’autre groupe espèrent s’octroyer les emplois que créera ce projet dans leur circonscription. Et, avec une majorité désormais républicaine à la Chambre des représentants, le démocrate Norm Dicks, l’un des partisans les plus fidèles de Boeing, va perdre la présidence de la sous-commission des dépenses de défense à la Chambre. Ce dernier, issu de l’Etat de Washington où Boeing prévoit d’assembler en grande partie son ravitailleur, avait laissé entendre qu’il s’efforcerait de bloquer le financement pour le modèle concurrent d’EADS en cas de sélection de ce dernier par l’armée de l’air américaine.

Parmi les trois représentants républicains susceptibles de lui succéder, aucun « n’affiche de préférence, dans un sens comme dans l’autre, dans l’appel d’offres pour les ravitailleurs« , déclare Scott Hamilton, directeur général de Leeham Co LLC, une agence de conseil spécialisée dans l’aéronautique. Mais EADS prévoit de son côté d’assembler les ravitailleurs à Mobile (Alabama), une perspective qui a rallié bon nombre d’élus du sud du pays, essentiellement républicains, à l’offre du géant européen.

Si EADS remportait le contrat, qui vise à remplacer les KC-135 Stratotanker dont l’âge moyen avoisine les 50 ans, il ferait une entrée fracassante sur le marché de la défense américain, de loin le plus juteux du monde. L’appel d’offres en cours est le troisième organisé par le Pentagone. Le premier, remontant en 2004, portait sur la location-achat de 100 Boeing 767 modifiés mais avait été annulé en raison d’un scandale de corruption qui avait éclaboussé le directeur financier de Boeing de l’époque ainsi que des responsables militaires chargés des achats.

Le deuxième, qui date de 2008, s’était soldé par la victoire d’EADS, associé à Northrop Grumman, mais Boeing avait par la suite réussi à faire invalider le résultat en contestant plusieurs points de procédure. L’armée de l’air américaine doit choisir entre EADS et Boeing, deuxième fournisseur du Pentagone, d’ici le 20 décembre.

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