Tintin et l’aviation, histoires croisées

[BD] Tintin et l’aviation, histoires croisées

Réplique de la fusée de Tintin exposée en septembre 1998 sur les Champs Elysées.

Avec le récent film qui lui a été consacré à Hollywood par Steven Spielberg, le personnage de Tintin semble bel et bien revenu sur le devant la scène, non seulement pour les (nombreux) passionnés de ses aventures mais aussi pour un jeune public qui l’avait peut être un peu délaissé. Car si les péripéties du jeune journaliste belge ont parfois été sujets à polémiques, il faut souligner qu’il n’ont pas perdu grand chose de leur côté rocambolesque et souvent très drôles. Flanqué de ses compagnons Milou, Tournesol, les Dupont et Dupond, la Castafiore, Nestor, et bien sûr l’inénarrable Capitaine Haddock le héros a vécu les aventures de ses 23 albums, traduits dans le monde entier.

Fidèle représentant de la ligne claire, aux côtés de ses concitoyens Edgar P. Jacobs et Willy Vandersteen respectivement « pères » de Blake & Mortimer et de Bob & Bobette, Georges Rémi a toujours eu le sens du détail, jusque dans les moyens de transport utilisés par ses personnages. Et parmi ceux-ci les aéronefs n’ont jamais été en reste. On n’a jamais vraiment su si Hergé, son célèbre pseudonyme, était ou non un fan d’aviation, toujours est il qu’il a toujours collé à l’actualité aéronautique de son temps dans ses albums, mélangeant allégrement les biplans de tourisme aux avions à réaction les plus contemporains, sans oublier les appareils militaires. Rares sont les bouquins de Tintin où l’on ne rencontre pas la moindre machine volante.

Voici un petit récapitulatif, dans l’ordre chronologique de l’année de sortie, des albums de Tintin et des aéronefs que l’on y rencontre.

  • Tintin au pays des Soviets, paru en France en 1930 : Un monoplan à cockpit ouvert inconnu.
  • Tintin au Congo, paru en France en 1931 : Un biplan de tourisme inconnu.
  • Tintin en Amérique, paru en France en 1932 : Aucun appareil.
  • Les cigares du pharaon, paru en France en 1934 : Un avion de tourisme De Havilland DH.80 Puss Moth et un chasseur Hawker Demon.
  • Le lotus bleu, paru en France en 1936 : Un groupe de trois biplans inconnus.
  • L’oreille cassée, paru en France en 1937 : Deux avions de ligne Wibault 283T et Junkers Ju-52 dans sa version monomoteur.
  • L’île noire, paru en France en 1938 et réédité (revu et corrigé) en 1966 : Trois avions de tourisme Cessna 150, Percival Gull, et Stampe & Vertongen SV.4, ainsi qu’un avion de ligne Hawker-Siddeley Trident.
  • Le sceptre d’Ottokar, paru en France en 1939 : Un hydravion inconnu, un avion de ligne Savoia-Marchetti SM.73, un chasseur Messerschmitt Bf-109, et un avion de tourisme Monocoupe type 90.
  • Le crabe aux pinces d’or, paru en France en 1941 : Un avion de transport Hamilton Metalplane.
  • L’étoile mystérieuse, paru en France en 1942 : Un hydravion Arado Ar-196.
  • Le secret de la Licorne, paru en France en 1943 : Aucun appareil.
  • Le trésor de Rackham le rouge, paru en France en 1944 : Aucun appareil.
  • Les 7 boules de cristal, paru en France en 1948 : Un hydravion Short Sunderland en version commerciale.
  • Le temple du soleil, paru en France en 1949 : Aucun appareil.
  • Tintin au pays de l’or noir, paru en France en 1950 : Un chasseur Supermarine Spitfire.
  • Objectif Lune, paru en France en 1953 : Un hélicoptère inconnu et un avion de ligne Douglas DC-7C.
  • On a marché sur la Lune, paru en France en 1954 : Aucun appareil.
  • L’affaire Tournesol, paru en France en 1956 : Un avion de ligne Beechcraft Bonanza, un hélicoptère léger Bell 47, et un avion de ligne Convair CV240.
  • Coke en stock, paru en France en 1958 : Un avion de transport léger Noorduyn Norseman, un avion de ligne Douglas DC-3, un hydravion de reconnaissance Grumman SC Seahawk, et un chasseur De Havilland Mosquito.
  • Tintin au Tibet, paru en France en 1960 : Deux avions de ligne Douglas DC-3 et Lockheed Constellation.
  • Les bijoux de la Castafiore, paru en France en 1963 : Aucun appareil.
  • Vol 714 pour Sydney, paru en France en 1968 : Un avion de ligne Boeing 707 et un hydravion de sauvetage Grumman HU-16.
  • Tintin et les Picaros, paru en France en 1976 : Un hélicoptère militaire Mil Mi-1 Hare, et deux avions de ligne Boeing 707 et 747.

L’album intitulé « Tintin et l’Alph’art » est absent de la liste, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit d’une oeuvre inachevée, du fait de la mort d’Hergé. La fusée de Tintin (presque aussi célèbre que lui même) ainsi que l’avion Carreidas 160 ne sont évidemment pas non plus traités, le premier n’étant pas un aéronef et le second étant purement fictif.

Alors peut être vous aurais-je donné envie de replonger le nez dans les BD de Tintin, toujours est il qu’ils sont la preuve du génie et de l’application quasi folle d’Hergé à transposer la réalité dans ses fictions.

Hawker Siddeley Trident tiré de l'album "L'Ile Noire".

Photo (c) Arnaud Lambert
Planches (c) Editions Casterman S.A

 

 

5 COMMENTAIRES

  1. On reconnait là le Tintinophile bien Simon moi aussi j’adore Tintin .Simon vous êtes un crak de Tintin et de la BD « chapeau »

  2. Je tiens juste à signaler à Simon que j’ai expliqué en fin de sujet pourquoi j’ai choisi délibérément de ne pas traiter le Carreidas, et donc qu’il ne s’agit pas d’un oubli, mais d’un geste mûrement réfléchi.

    😉

  3. Merci René 🙂

    En effet Arnaud, et le pire c’est que je venais de le lire ! 😛
    Pour ma défense, je crois que je voulais simplement faire part des anecdotes que je connaissais à propos de la filiation entre Carreidas et Dassault et mes doigts on fourchés sur le clavier (Probablement dû au fait que le Carreidas 160, bien que fictif, reste quand-même l’avion le plus emblématique des aventures de Tintin (avec le Mosquito peut-être))… 😕

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