L’hélicoptère, cet outil précieux de sauvetage

L’hélicoptère, cet outil précieux de sauvetage

Si en Allemagne, aux Etats-Unis, ou encore au Royaume Uni le recours aux hélicoptères de sauvetage est pleinement entré dans les mentalités il semble qu’en France il subsiste encore quelques réticences à avoir recours à un outil pourtant largement répandu sur le territoire nationale que ce soit sous la livrée de la Sécurité Civile, de la Gendarmerie Nationale, des SAMU, voire de services de sapeurs-pompiers ou encore des forces armées. En effet dans notre pays il n’est pas rare de considérer que l’hélicoptère est forcément synonyme d’engagement du pronostic vital. Pourtant si cet aéronef est en effet un moyen d’action rapide, il demeure surtout une magnifique plateforme de travail en altitude, là où notamment les moyens aériens des pompiers (principalement les « grandes échelles » et bras élévateurs articulés) sont inutiles.

Dernier exemple en date, le 3 juillet 2012 au Haut Koenigsbourg, le célèbre château alsacien, où un incendie s’est déclaré dans les combles, bloquant cinq ouvriers, dont l’un d’entre eux fut brûlé assez fortement. Les hommes du GRIMP (le Groupe de Reconnaissance et d’Intervention en Milieu Périlleux) appartenant aux sapeurs pompiers du Bas-Rhin ont fait appel à l’EC145 de la jaune et rouge de la Sécurité Civile, code radio Dragon 67 pour une dépose sur les toits avec matériel de lutte contre l’incendie et équipement de premier secours. La façade du monument avec ses quarante mètres de haut interdisant l’emploi de camions incendie,  seule la voilure tournante peut ici être mise en oeuvre. Moins de 70 minutes après l’alerte faite aux secours la victime brûlée était présentée aux urgences de l’hôpital de Strasbourg. Fort heureusement il ne s’agissait là que d’un simple exercice, mais qui permit de démontrer une fois de plus les valeurs réelles de l’hélicoptère de sauvetage.

Avec la saison estivale qui bat désormais son plein les hélicoptères de sauvetage sont également mis à rude épreuve sur l’ensemble du littoral où des millions d’Européens vont venir s’entasser sur les plages. Dans le sud-ouest, terre de surf et de planche à voile, voire de kite-surf (n’est-ce pas Gaëtan) , les hélicos seront là encore mis à rude épreuve tout au long de l’été. Notamment pour ramener au bord les baigneurs et estivants qui se seront laissés prendre par les terribles et pourtant méconnues baïnes, ces mares d’eau de mer qui peuvent se vider très vite en emportant tout sur leur passage parfois jusqu’à plus de 500 mètres du sable fin. Le retour à la nage n’étant alors pas à la portée du premier vacancier, et la houle empêchant bien souvent la sortie des zodiacs, seul le Dragon peut venir vous chercher.

Dans le sud toujours ce sont les Puma de l’ALAT et de l’Armée de l’Air qui peuvent être mis à contribution, aux côtés d’AS-350 Ecureuil, de Bell 205 et 212, ou encore de Hughes 500 pour la lutte contre les feux de forêts, voire pour la dépose de sapeurs pompiers spécialisés, les fameux « commandos » du feu.

Moins spectaculaires mais tout aussi importantes les missions de prévention des suicides depuis des point hauts, comme récemment à Paris sur la Tour Eiffel, où là encore les sapeurs-pompiers ont recours aux hélicos. Et plein d’autres encore…

Alors oui il faut que le réflexe d’appels aux hélicoptères devienne immédiat dans les esprits des responsables de service d’incendie en France, car ces machines sont des outils incroyables. Mais rien ne remplacera jamais la vigilance, celle là même qui sauve bien plus de vie que tous les services de secours du pays. Si jamais dans le pays vous voyez passer des camions rouges sirènes hurlantes, bah d’abord laissez les vous dépasser, ils ne vont pas à l’apéro, et ensuite si vous le pouvez, levez la tête, peut être verrez vous un Dragon rouge et jaune.

Photo (c) SDIS 68, Sécurité Civile, Gendarmerie Nationale

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

3 COMMENTAIRES

  1. Que de chemin parcourus par les voilures tournantes depuis les années 60, une vrai révolution comme celle des avions au début du 20ème siècle. Elles ont de l’avenir c’est sûr. Merci Arnaud bel article encore une fois. 😉

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