La grosse boulette d’un pilote de C-17

[USAF] La grosse boulette d’un pilote de C-17

Grosse frayeur sur le petit aérodrome américain de Davis Island, dans la banlieue de Tampa en Floride, ce 19 juillet 2012 en après midi. En effet, le terrain d’aviation, plus habitués aux avions légers mono ou bimoteurs comme le Cessna 172, le Piper PA-42, ou encore le Beechcraft Baron, a vu débouler des airs rien moins qu’un Boeing C-17A Globemaster III, c’est à dire l’avion de transport stratégique standard de l’US Air Force. Evidemment ça doit calmer.

Même pas le temps de prévenir par radio le pilote que la piste est trop courte qu’il a déjà posé les roues de son quadriréacteur. Immédiatement tout le monde pense à un accident aérien, les services de secours locaux sont mis en état d’alerte et des camions de pompiers et ambulances arrivent de tout le secteur, mais en vain. Le Globemaster III ne s’est pas écrasé, le pilote s’est simplement trompé de lieu d’atterrissage. Il a confondu l’aérodrome avec la toute proche base aérienne de Mac Dill où il devait livrer du matériel, notamment des pièces de rechanges pour un Boeing KC-135R du 63rd ARS. Comme quoi l’erreur est humaine.

Le C-17 en seuil de piste attend pour repartir.

Fort heureusement le terrain disposait d’une piste en dur, ayant notamment la capacité d’accueillir les jets d’affaire des milliardaires américains en vacances dans cette région prisée du sud du pays. La mésaventure de cet équipage aura tout de même immobilisé l’avion pendant plusieurs heures, obligeant la FAA (l’aviation civile américaine) à fermer temporairement ce terrain d’aviation, et à dérouter les vols civils aux alentours. Finalement l’avion a redécollé en fin d’après midi, pour un saut de puce, jusqu’à sa destination initiale. Pour permettre cela, il aura fallu que le pilote fasse « tourner » ses réacteurs à vide, afin de brûler le plus possible de kérosène et de rendre le décollage possible, selon les normes de la FAA.

Le Globemaster III quitte Davis Island en fin d’après midi.

L’état major de l’US Air Force a ordonné une enquête aussi bien auprès de son personnel navigant que de la flotte. Les responsables de Boeing de leur côté n’ont pas indiqué la moindre prise de décision. Celles et ceux qui espéraient que l’information ne transpirent pas se sont bien trompés. En effet, la majorité des grands médias américains étaient présents sur site, dont les chaînes d’information en continue. CNN par exemple envisageait le soir même une panne du système GPS couplé au radar de navigation. Tout de même pas de quoi expliquer cette belle boulette.

Photos (c) ABC News & Tampa Bay Online

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

6 COMMENTAIRES

  1. A quand les alcotest anti-démarrage sur les C-17 😆 😆 .

    Si c’est une erreur humaine, bonjour la gueule du rapport. Si c’est une défaillance du système de navigation, c’est plus grave. Je court à l’aéroclub du coin au cas où…. ❓ , y a peut être une belle photo à faire. :mrgreen:

  2. Il y a de quoi vraiment se poser des questions sur l’évolution des aides au pilotage actuelles, et des conséquences quelles entrainent sur le comportement des équipages.

    Dans le cas présent, il est évident que l’équipage a laisser les automatismes prendre toutes les décisions sans qu’aucun contrôle de la part de l’équipage.

    – Aucun contrôle par rapport à des radio balises pour contrôler sa position;
    – Aucun contrôle extérieur pour contrôler sa position sol;
    – Aucun contrôle avec la carte aérodrome pour confirmer le bon aérodrome (rappel nous sommes en été, et sauf démenti, la visibilité devait être bonne).

    En conclusion, si l’équipage n’effectue pas de contrôle, alors il devient inutile, et donc dromotisons les avions.

  3. Dans le même genre, mais l’info reste à vérifier, un avion de ligne aurai par erreur franchit la frontiere USA-Mexique au niveau du Texas et serait allé trop loin, car les pilotes jouaient à un jeu sur leur I-Phone et aurait laissé le pilote automatique gérer le vol. Info Intox, je ne sais pas mais cela c’est passé cette année aux USA.

  4. @ Richard

    Un drone ne fait qu’appliquer un programme.
    Mais si on se trompe dans le programme ?

    En plus, cet incident montre qu’un équipage humain pose un appareil n’importe où, pas comme un drone qui a besoin de tout un bazar électronique hors de prix.

Laisser un commentaire