Le spectre du 11 septembre sur un vol vers Genève

[Etats-Unis] Le spectre du 11 septembre sur un vol vers Genève

Voilà un vol que les passagers ne sont pas près d’oublier. Ce mardi 31 juillet 2012 en fin d’après midi (aux heures locales) le vol UA956 de la compagnie United Airlines décolle de l’aéroport international de Newark dans le New-Jersey à destination de Genève. Le Boeing 767-300ER, avec à son bord 157 passagers et onze membres d’équipage, est loin d’être plein et l’ambiance semble bon enfant. Cependant peu après le décollage un des stewarts remarque un objet inhabituel à l’arrière de l’avion à une place inoccupée : un objectif de caméra ou d’appareil photo semble scruter l’intérieur de la cabine. Immédiatement il en avise le commandant de bord qui répercute l’information au contrôle aérien. L’avion se trouve alors aux limites de l’espace aérien des Etats-Unis.

Boeing 767 appartenant à United Airlines.

Rapidement des décisions sont prises aux USA et deux chasseurs Mc Donnell Douglas F-15C Eagle appartenant à l’US Air Force sont envoyés au plus près de l’avion de ligne. A bord les passagers ont remarqué les chasseurs, mais surtout le pilote leur annonce que l’avion est officiellement détourné vers l’aéroport international de Logan, non loin de Boston. Immédiatement après son atterrissage les passagers sont évacués par l’équipage aidés en cela par les services d’urgence, mais aussi la police et le FBI.

Alors que l’avion est fouillé, l’objet suspect est « passé » aux rayon X qui ne détectent rien de particulier. Il s’agit tout simplement d’un appareil photo vraisemblablement oublié par un passager un tantinet dans la lune, et qui sera passé au travers des personnels d’entretien de la compagnie lors de sa dernière escale. Le doute est levé. Les passagers quant à eux ont déjà embarqué sur un autre appareil à destination de la Suisse.

F-15C Eagle de l’US Air Force, PC allumée, similaire à ceux envoyés pour intercepter le vol UA956.

Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 sont encore très présentes dans les têtes aux USA, et sûrement encore plus dans celles des personnels de United Airlines. En effet cette compagnie fut frappée au plus haut point puisque pas moins de deux des quatre avions de ligne piratés ce jour là lui appartenaient, les vols UA11 et UA93. Si ce second est demeuré célèbre pour le courage et la détermination de ses passagers qui forcèrent les terroristes à s’écraser en forêt et non en ville, le premier demeure plus méconnu. Et pourtant il s’agit du premier avion à s’être écrasé ce matin là. Le vol UA11 a en effet percuté la tour nord du World Trade Center le mardi 11 septembre 2001 à 8h46 (heure locale) du matin. Ironie du sort c’était, comme ce 31 juillet 2012, un 767 ayant décollé de Newark.

Chacun sait que depuis ces attentats la sécurité aérienne a été largement revue, repensée, et corrigée afin de sécuriser au maximum les vols civils. Des avions de chasse sont désormais en alerte permanente (les fameux scrambles) dans la majorité des pays à en être équipés afin de pouvoir porter assistance à tout avion de ligne en difficulté, et bien sûr afin de les escorter jusqu’à un terrain propice à leur accueil, voire cas extrême, et fort heureusement encore demeuré inédit à les abattre au cas où ils représenteraient une menace similaire à celle connue par le côte est américaine ce fameux mardi matin. Mais n’oublions pas que le genre d’expérience vécue par les passagers de ce vol Newark-Genève doit être extrêmement traumatisante, en effet la vue d’un avion de chasse au travers d’un hublot de Boeing ou d’Airbus n’est pas habituelle du tout et n’augure jamais rien de bon. C’est pourquoi la sécurité aérienne est nécessaire, et même plus encore, mais doit s’accompagner d’une communication transparente. Dans la mesure du possible… bien entendu.

Photo (c) US Air Force & Associated Press

1 COMMENTAIRE

  1. Certes l’expérience doit faire froid dans le dos après-coup, mais qu’est ce que je donnerai pas pour voir un F-15 en vol de si près 😉 .

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