La France tourne encore le dos aux drones de combat.

[Défense] La France tourne encore le dos aux drones de combat.

Si on en croit le très sérieux blog Secret Défense, du journaliste français Jean-Dominique Merchet, l’Armée de l’Air aurait décider que son prochain drone ne serait qu’une pure machine de reconnaissance et de renseignement. Une lettre d’intentions a d’ailleurs été envoyée à deux constructeurs, l’Américain General Atomics et l’Israélien IAI pour respectivement le Reaper et le Heron.

Si le premier présente la particularité de pouvoir être transformé en UCAV (drone de combat) assez aisément, puisque sa cellule est clairement faite pour l’emport et le tir d’armes aussi différentes que les missiles antichars Hellfire, les bombes à guidage laser GBU-12, ou encore les bombes freinées Rockeye, il faut souligner que l’Armée de l’Air n’a aucune expérience dans l’utilisation d’avions de combat sans pilote. L’aide de nos alliés américains et britanniques nous serait alors plus que nécessaire. Ces derniers utilisant également le Reaper cela créerait un nouveau lien avec la RAF.

Il ne faut tout de même pas balayer du revers de manche le Heron qui a la particularité d’afficher une communauté de pièces et de systèmes embarqués avec le Harfang européen assez flagrante. Ce dernier tirant ses origines de l’avion israélien. Alors certes le Heron n’est qu’un drone de reconnaissance mais la possibilité que la France s’oriente ultérieurement vers une machine aux capacités de combat même limitées n’est actuellement que purement hypothétique.

Bien entendu cette décision a été mûrement réfléchie à la fois par les stratèges du boulevard Saint-Germain, mais également par les officiers de l’Armée de l’Air. Gageons que l’opération Serval, où deux Harfang sont engagés en soutien des moyens de « reco » traditionnels que sont les avions de chasse comme le Mirage F1CR et le Rafale doté d’un pod nouvelle génération, aura aussi été un test concernant les réelles capacités françaises en matière de recueil du renseignement par drone. Un test dont les attentes ne seront réellement connues que dans très longtemps.

Photo (c) U.S. Department of Defence.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

11 COMMENTAIRES

    • Le probléme est que les Etats-Unis sont les seuls ( au jour d’aujourd’hui ) à maitriser l’attaque au sol par les drones et à chaque fois qu’ils vendent du matériel militaires ils gardent les codes informatiques secrets, en bref ils peuvent controler le drone sans que nous soyons d’accord ou regarder ou est le drone ou encore demander à la france de piloter le drone des Etats-Unis ( comme ils l’ont fait avec le Royaume-Unis pendant des années ), en gros nous ne sommes pas maitre à 100% de nos drones. Avec les drones de reconnaissance, on peut demander à d’autres Etats de nous fournir ders drones et ces Etats n’ont pas les mêmes éxigences que les Etats-Unis.
      Aussi, un drone d’attaque coute plus cher et la France n’a pas les missiles qui vont avec ( elle n’a que des vieux missilles qui équippent les gazelles et les tigres plus moderne n’emportent que des roquettes ou des obus car la France n’a pas de missilles modernes ) donc il faudra acheter des missilles.

      • Le Tigre au standard HAC (actuellement en cours de dotation dans l’ALAT) dispose bien de missiles, des Hellfires de conception américaine. Des missiles par ailleurs pleinement opérationnels sur drones, notamment sur Reaper.

    • En fait les UCAV coûtent extrêmement chers, et la France dans sa doctrine d’emploi des drones privilégie plutôt la reconnaissance et l’observation. En ces périodes de réductions des budgets étatiques je ne pense pas le gouvernement près à ce genre de dépenses. D’autant qu’elles se feraient au détriment d’autres dépenses, soit internes à la défense soit externe, c’est à dire en touchant au budget d’autres ministères comme l’éducation nationale, la culture, l’enseignement supérieure, la santé, ou encore la recherche, qui sont (encore malheureusement) trop souvent les variables d’ajustement budgétaire de notre pays.
      Faisons nous à l’idée que la France n’aura pas tout de suite ce genre d’avions sans pilote, elle possède un des meilleurs avions avec pilote de sa catégorie : le Rafale.

  1. Justement, je crois c’est çà le problème on en a pas et on n’en veux pas… Alors que les effectifs de drones de combat sont en forte augmentation dans les autres grandes forces aériennes.

  2. Je tiens à rappeller que le programme européen (principalement français) NERON est en cours. Ce drone, lui, pourra porter de l’armement tout en étant plus performant que les Predator, Reapers, etc… Je pense aussi (cela ne concerne que moi) que nous devrions laissé les américains et les israéliens avec les gros drones de combat (type Predator), nous avons pris trop de retard technologique et technique pour produire ce genre d’appareil. Je pense que l’état-major à bien fait de se diriger vers des drones MALE (moyenne altitude-longue endurance), ce marché est plus libre moins concurencielles et surtout plus facile à l’export, en effet, toute les forces aériennes mondiales vont se diriger vers le drones mais pas avec les même moyens ! Quand on voit l’efficacité de ces drones comme le SDTI, on se dit qu’on à de l’avenir… Merci d’avances de vos réponses

  3. Concernant le drone européen Neuron, sous maîtrise d’oeuvre Dassault, il n’en est encore, à l’instar de son cousin américain le X-47, qu’à l’état de prototype, et rien ne peut dire actuellement s’il va vraiment déboucher sur une production en série. Quoi qu’il en soit cette machine nous permet (à nous Européens) de rejoindre le club très restreint des « pays » ayant développé un UAV à réaction furtif. Mais le Neuron n’est encore qu’une machine de démonstration et de développement, une sorte de vitrine du savoir-faire européen en la matière. Pas encore un UAV opérationnel, et encore moins un UCAV.

    • Le neuron ne devrait jamais entré en service dans l’armée de l’air. C’est comme ce que tu as dis :
      « Mais le Neuron n’est encore qu’une machine de démonstration et de développement, une sorte de vitrine du savoir-faire européen en la matière »
      Le neuron est un demonstrateur de technologie pour la furtivité ( premier avion européen furtif ) et pour les drones.
      Ensuite quand ce projet sera términé et celui du Royaume-Unis aussi ( le taranis de BAE ) l’Europe fabriquera un vrai drone de combat et je crois mais je suis pas certain de reconnaissance.

  4. Je comprends vraiment pas, les drones sont moins sophistiqués que les chasseurs de la 2gm seul l’avionique est plus développée et même là elle l’est moins qu’un avion de combat actuel. Ou est le problème ???

    • En fait c’est le R&D qui coûte cher, même pour la francisation d’un modèle existant, israélien ou américain. Et ça, en période de réductions budgétaires, ça freine franchement. 😉

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