Numéro 1 mondial des constructeurs d’hélicoptères, le franco-allemand Eurocopter a connu une drôle de semaine. Tandis qu’il annonçait son intention de gonfler un peu plus encore ses effectifs, il a aussi reçu une nouvelle moins heureuse de la part du Bundesministerium der Verteidigung, le ministère fédéral allemand de la défense, lui signifiant sa décision de réduire notablement ses commandes d’hélicoptères militaires.

Personne en Europe n’ignore plus qu’Angela Merkel a décidé de mettre l’Allemagne au régime sec, et donc de taper sur les budgets fédéraux. Celui de la défense ne fait donc pas exception. Là où la chancelière allemande joue à un jeu dangereux c’est que ses restrictions financières vont impacter directement l’acquisition par l’Allemagne de machines issues de programmes européens où son pays était clairement une partie prenante : le NH90 et le Tigre.

Pour le premier d’entre eux la commande allemande initiale de 122 machines passe à 82, tandis que la seconde passe de 80 à 57 exemplaires. Et pourtant le parc existant d’hélicoptères militaire outre-Rhin n’est pas forcément fleurissant. En effet, entre des Bö-105 de reconnaissance et de lutte antichars accusant de plus en plus leur âge, et des UH-1D de transport et de soutien logistique à bout de souffle l’Allemagne semble désormais de moins en moins apte à tenir son rang en Europe. Notamment face à la France et au Royaume-Uni dont les flottes de voilures tournantes sont en profonde mutation depuis près de vingt ans.

Reste que la position particulière de Berlin auprès du CA d’Eurocopter, et par delà d’EADS risque bien de ne pas jouer en la faveur des souhaits de réduction budgétaire de madame Merkel. En effet, chacun sait que l’Allemagne est, à l’instar de la France, une des vitrines commerciales de l’hélicoptériste. Affaire à suivre donc…

Photo (c) Wikimédia Commons

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