Les gardes côtes italiens se renforcent à Lampedusa

Les gardes côtes italiens se renforcent à Lampedusa

Deux accidents majeurs en l’espace de moins d’un mois, plus de 300 morts au total, Lampedusa cristallise désormais toutes les attentions de l’Europe en matière de sécurité mais aussi de sauvetage en mer. Mais au fait c’est comment Lampedusa ? Déjà il faut savoir que cette île italienne est toute petite, à peine 20 km² (soit un quart de l’île de Ré chez nous) pour pas plus de 6000 habitants. Et malgré cela l’île dispose de toutes les infrastructures nécessaire à sa vie quotidienne. Il faut dire que le territoire métropolitain italien est à plus de 200 km. Hôpital, commissariat de police, caserne de pompiers, et même un aéroport. Et c’est justement ça qui nous intéresse.

Outre le fait que l’île soit reliée quasi quotidiennement à Palerme, sa piste de 1795 mètres de long permet les opérations d’avions court-courriers, elle peut aussi recevoir des appareils militaires et/ou de service publique et faciliter grandement leur mise en œuvre. Hors depuis la catastrophe du 3 octobre dernier, où un boat-people transportant 500 passagers s’était retourné, les membres de la Guardia Costeria (les gardes côtes italiens) peuvent désormais compter sur un renforcement de leurs moyens aériens. Il faut dire que les personnels de Lampedusa réalisent à eux seuls 15% de toutes les interventions italiennes. Jusqu’à cette accident les gardes côtes de l’île ne disposaient que d’un seul moyen aérien, un hélicoptère biturbine Agusta-Bell AB-412, un appareil plus ou moins dérivé du Huey.

 

Agusta-Bell AB-412 des gardes-côtes italiens. Notez le FLIR et le phare de recherche visibles sous le nez.
Agusta-Bell AB-412 des gardes-côtes italiens. Notez le FLIR et le phare de recherche visibles sous le nez.

Désormais, sur décision du gouvernement un second hélicoptère, un AgustaWestland AW.139 est venu renforcer les moyens. Il s’agit d’un des hélicoptères les plus modernes au monde, relativement similaire à nos Eurocopter EC145. Celui ci apporte un indéniable plus. Capable de voler plus longtemps, plus loin, mais aussi de tenir le vol stationnaire de manière plus simple, l’AW.139 est en outre un bijou de technologie qui au sein de la Guardia Costeria fait régulièrement ses preuves sur la façade septentrionale italienne, notamment aux abords de la frontière française.

L’Italie a aussi annoncé avoir détachée pour quatre mois un avion de reconnaissance et patrouille côtière ATR-42MP. Dérivé du célèbre avion de ligne régional franco-italien, celui ci permet des missions de recherche de longue durée, et dispose d’une avionique particulièrement adaptée, et notamment d’un FLIR nouvelle génération. Il emporte en outre deux chaînes SAR complètes, permettant de secourir des naufragés en attendant l’arrivée des hélicoptères de sauvetage ou des navires à proximité

Nouvelle génération d'hélicoptère de secours l'AgustaWestland AW.139.
Nouvelle génération d’hélicoptère de secours l’AgustaWestland AW.139.

Ce renforcement ne fera pas oublier pour autant la lenteur largement décriée des secours italiens lors de la catastrophe, ni même l’esprit bassement procédurier dont certains gardes côtes italiens ont fait preuves, empêchant des pêcheurs de prendre à leur bord « trop » de rescapés. Quoi qu’il en soit, toute polémique mise à part ce réveil, quoi que tardif, des autorités italiennes, permettra peut être dans un avenir proche d’éviter un nouveau drame d’une telle ampleur. En attendant bien entendu que l’Europe prenne ses responsabilités en la matière. A quand la création d’une véritable force de gardes côtes de l’UE ?

Photos (c) Guardia Costeria & Aviopress.

 

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

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