La France s’engage en Centrafrique.

La France s’engage en Centrafrique.

La Centrafrique, ou République Centrafricaine, c’est un territoire d’un peu plus de 622 000 km², soit légèrement plus que la France métropolitaine. Par contre ce n’est que 5 166 o0o habitants, majoritairement francophones, donc un territoire vaste mais peu peuplé. Majoritairement couverte d’un mélange de forêt primaire équatoriale et de savanes le pays est largement arrosé sur sa moitié sud par la rivière Oubangui, un important affluent du fleuve Congo. Voilà pour la carte postale.

Pour le reste il faut savoir que le pays est déchiré depuis plusieurs mois par une guerre civile où s’oppose des milices islamistes à des milices chrétiennes, avec au milieu un pouvoir issu d’un coup d’état qui ne dispose d’aucune légitimité, si ce n’est celle des armes et de la violence. C’est dans ce pays que la France a aujourd’hui décidé d’envoyer mille soldats et des moyens de combat lourds en sus des 450 de nos soldats déjà présents dans le pays.

Un convoi militaire français en Centrafrique, avec notamment deux VAB.
Un convoi militaire français en Centrafrique, avec notamment deux increvables VAB.

Ici nul trace (pour l’instant en tous cas) d’un risque djihadiste comme récemment au Mali. Non la France intervient afin d’éviter les massacres civils, et pourquoi pas d’y ramener un semblant de pouvoir républicain légitime. Alors pas question ici de frappes aériennes de précision aux moyens de Rafale armés de bombes à guidage laser, pas non plus d’envois d’avions de reconnaissance ultramodernes. Il s’agira d’un conflit rustique, nécessitant des moyens robustes, des troupes aguerries, et des matériels solides. En gros il s’agira clairement d’un conflit africain.

L'indestructible Transall, toujours aussi à l'aise en Afrique.
L’indestructible Transall, toujours aussi à l’aise en Afrique.

Trois aéronefs français risquent une fois de plus de pleinement tirer leur épingle du jeu, trois machines indissociables de ce continent depuis plus de trente ans, la Gazelle, le Puma, et le Transall. Deux hélicoptères et un avion qu’on croirait pensés pour l’Afrique tant la France les a usés dans la région et tant ils y sont fréquents. Mais l’Armée de Terre aura sûrement aussi à cœur d’y envoyer le Tigre, notamment pour vérifier si ce concentré de technologie est adapté à ce théâtre d’opérations si contraignant. Le Tigre en Centrafrique, ce serait une grande première. On risque aussi sûrement d’y croiser des Cougar bien sûr.

Le SA-330Ba Puma, le camion volant de la France en Afrique.
Le SA-330Ba Puma, le camion volant de la France en Afrique.

Quoiqu’on pense de ce nouvel engagement français, que certains de ses détracteurs considèrent déjà comme une grave ingérence post-colonialiste, il est indéniable qu’il permettra de vérifier si les coupes drastiques faites à nos armées depuis quinze ans n’ont pas détruites ses capacités de projection et d’opération. Après le Mali au début de l’année, la Centrafrique à la fin. Décidément nos militaires sont mis à rude épreuve en 2013.

Un engagement français qui n’a pas finit de faire couler de l’encre. Affaire forcément à suivre, notamment sur notre site.

Photos (c) Agence France Presse & Ministère de la Défense.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

4 COMMENTAIRES

  1. Voilà un conflit taillé pour nos troupes, nous avons des hommes très « rustiques » pour ce type de conflit, et en maintient de l’ordre nous avons un savoir faire reconnu dans le monde entier (pour ne pas dire envié).
    De là, à voir un conflit post-colonialiste, c’est drôle, car si on ne fait rien (il y a de vrais massacres dans ce pays), on nous le reprochera aussi, alors autant y aller, aider ces populations…. si c’est ça un conflit post-colonialiste alors oui, et tant pis, on y a va.
    Ce sera bien, pour le Tigre, après les déserts afgans et Maliens, un peu d’humidité, on verra ainsi son potentiel.

  2. Un conflit post-colonialiste ?
    Les seules critiques africaines entendues sont pourquoi la France met aussi longtemps à intervenir ?
    On peut se demander aussi pourquoi nous avons ‘laissé tomber’ le régime précédent défendu en théorie par l’armée sud-africaine ? Une leçon aux autres pays africains ?
    Quant à l’humidité, ce n’est pas vraiment le cas au nord et au nord-est du pays… ?
    Et s’il y a des forces françaises au Tchad, des forces hostiles ne pourront-elles pas s’abriter au Soudan ?

  3. Des troupes d’élite remarquables tant au Mali qu’en RCA pour une interposition que seule la France à encore capacités et compétences pour l’envisager en si peu de temps…
    Une pensée pour les proches des 2 tués en opération en RCA…

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