L’Argentine attend impatiemment ses Mirage F1

L’Argentine attend impatiemment ses Mirage F1

On ne peut pas vraiment dire que l’avion soit de la dernière génération. Il serait plutôt de celle d’avant, voire avant-avant. Mais cela n’a pas d’importance pour les généraux de l’état-major de la Fuerza Aérea Argentina qui vont bientôt pouvoir retirer du service leurs derniers Mirage III et Mirage 5 au profit de Mirage F1M achetés de seconde main auprès de l’Ejercito del Aire. Il faut dire qu’une partie des chasseurs deltas de Dassault avaient connu le feu contre les Britanniques en 1982 lors de la tristement célèbre guerre des Malouines, ça ne nous rajeunit pas.

Les Mirage F1M avaient été retirés du service actif par l’Espagne au début de cet été. Après un vote éclair favorable du sénat à Buenos Aires, l’état major argentin a officiellement passé commande pour seize chasseurs. Les Mirage F1M sont spécialement adaptés aux missions de chasse classique, au moyen de missiles type Sidewinders, mais aussi au tirs de bombes à guidage laser. Ils sont généralement considérés comme aussi modernes que les Mirage F1CT  de l’Armée de l’Air, désormais à la retraite.

Pour l’Argentine le Mirage F1M va apporter un souffle nouveau, à défaut de lui permettre de disposer enfin d’un chasseur capable de rivaliser avec ses deux grands voisins, le Brésil et le Chili, qui disposent respectivement de Mirage 2000 et de F-16C/D. En fait, les Mirage F1M seront les seuls véritables chasseurs en service dans ce pays, les Douglas A-4AR Fightinhawk ne pouvant pas vraiment être considérés comme tels, mais plus comme des avions d’attaques ayant une capacité limitée de tirs de missiles air-air.

Quoi qu’il en soit si l’Argentine veut retrouver sa place dans le concert sud-américain des nations, elle devra repenser en profondeur ses forces armées, et notamment son aviation de combat. Et à ce moment là ses seize Mirage F1M accuseront lourdement leur âge. N’oublions pas que ces avions ne sont pas tous ravitaillables en vol, et que le rayon d’action pur a toujours été l’un des défauts majeurs de cet appareil.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

2 COMMENTAIRES

  1. C’est une bonne nouvelle pour la force aérienne argentine ! Après une très difficile « traversée du désert », le pays commence à se relever et l’économie repart lentement, ce qui leur permet (enfin !) de s’atteler au renouvellement d’un parc daté.
    Pour seulement 170 millions d’euros, le pays achète 16 appareils, un bon moyen d’attendre encore une dizaine d’années pour acheter de nouveaux appareils. Cela garantira le maintien des compétences des pilotes de la force aérienne, et le F1 est largement suffisant pour les besoins actuels de l’Argentine: il n’est plus question d’aller récupérer les Malouines (et heureusement car face aux « Typhie » qui y assurent la PO, les malheureux F-1 ne feraient pas le poids) ou encore de s’en prendre aux Chiliens (très supérieurs avec une belle flotte de F-16 d’occasions, des Tiger modernisés et quelques F-16 block 52 neufs).

    Pour un prix avoisinant ils auraient pu s’offrir des F-16 d’occasion en Europe ou aux USA ou encore des « Kfir » israéliens. Mais pas des appareils modernes: un F-16 neuf coûte dans les 70-80m€ « nu ».

    Par ailleurs, le F-1 peut parfaitement être modernisé pour tenir tête aux appareils en service dans les pays voisins, à l’exception des F-16 block 52 chiliens: la modernisation des F-1 marocains au standard ASTRAC le prouve. Ces appareils tiendraient alors leur rang face à des Tiger II modernisés, des F-16A/B MLU ou même les Mirage 2000 brésiliens qui, faut-il le rappeler, accusent leur âge et ne disposent pas de MICA. Si ma mémoire est bonne, ils n’ont que du « Magic » et peut-être des AIM-9/Python, les Super-530 étant trop vieux… à moins d’y adapter des « Derby » brésiliens.

    Par ailleurs, 8 des 16 appareils étant ravitaillables en vol, la force aérienne argentine devrait pouvoir conserver les qualifications de ses pilotes.

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