Le Sikorsky MH-60S : le Blackhawk de l’US Navy

Le Sikorsky MH-60S : le Blackhawk de l’US Navy

Quiconque s’intéresse aux hélicoptères militaires américains actuels aura sûrement remarqué ce drôle d’engin qu’est le Sikorsky MH-60S Knighthawk. Si sa livrée uniforme grise basse visibilité et ses marquages US Navy laissent entrevoir une machine de lutte anti-sous-marine, son allure générale rappelle plutôt un hélicoptère d’assaut et de transport. Et pour cause. En effet le MH-60S Knighthawk est une version navalisée de l’UH-60L Blackhawk en service dans l’US Army.

Bien sûr son avionique a été repensée pour servir pleinement les intérêts de l’aéronavale américaine, bénéficiant même d’une certaine communauté de pièces et de systèmes embarqués avec le SH-60F Seahawk. Mais nul possibilité pour le Knighthawk de tirer une torpille ou un missile antinavire, ni même de larguer une charge de profondeur ou un mine. Tout au plus emporte t’il une mitrailleuse M60 ou M240 en sabord latéral. Le rôle de cet hélicoptère étant bien entendu le transport de personnels, de blessés, le Vertrep, ou encore l’assaut opérationnel. Le Knighthawk se pose donc franchement en successeur désigné du Sea Knight, enfin dans la Navy seulement.

Sikorsky MH-60S en version d'évacuation sanitaire.
Sikorsky MH-60S en version d’évacuation sanitaire.

Le hic pour cet hélicoptère c’est qu’il n’a pas été choisi, à la différence justement avec le CH-46, par l’US Marines Corps, qui en 2013 continue de faire confiance au petit birotor en tandem de Vertol. En même temps les crédits alloués aux Marines ne sont pas fleurissants, surtout depuis une dizaine d’années. Alors certains au US Department of Navy verraient d’un bon œil que l’hélicoptère de Sikorsky soit commandé dans un proche avenir comme futur remplaçant à la fois des CH-46/HH-46 encore en services dans l’USMC, mais aussi des derniers UH-1N Iroquois, ceux qui n’ont pas, et ne seront pas transformés en UH-1Y Venom. Une hypothèse qui ne rencontre pas que des échos favorables parmi les Marines. En effet le Blackhawk y jouit d’une très mauvaise réputation, notamment due à son incapacité flagrante à servir correctement de machine d’assaut à la manière des Huey. Les UH-60 sont en effet incapables de tirer des roquettes et emporter des mitrailleuses de sabords, le tout en même temps. L’increvable hélicoptère de Bell, lui l’est, et l’a largement démontré.

Alors le MH-60S n’a pas que des défauts, loin s’en faut. Un FLIR installé devant son nez lui permet de voir loin et par tous les temps. Des systèmes de brouillage, de leurrage sont emportés, ainsi qu’une capacité accrue au vol de nuit. Des qualités nécessaires pour l’actuel taxi volant des Navy Seals.
Dans le même temps Sikorsky a développé des capacités de guerre, dans le cadre du programme LCS visant à doter la Navy d’une nouvelle flotte de navires légers de combat. Des essais ont été menés, avec succès, pour l’emport et le tir de missiles Hellfire, de roquettes en paniers, et même d’un missile Maverick. Cependant ce dernier a peu de chance de se retrouver un jour dans l’arsenal régulier du MH-60S.

Un Sikorsky MH-60S Knighthawk se prépare pour une mission vertrep.
Un Sikorsky MH-60S Knighthawk se prépare pour une mission vertrep.

Voilà de quoi mieux appréhender cet hélicoptère, hybride de Blackhawk et de Seahawk, qui est appelé à voler de plus en plus, et donc être de plus en plus omniprésent sur le web, dans les revues et publications aéronautique, et au cinéma ou en vidéo.

Photos (c) US Department of Navy.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

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