L’Aéronavale sauve l’équipage d’un chalutier breton échoué

L’Aéronavale sauve l’équipage d’un chalutier breton échoué

C’est l’exemple parfait du principe de sur-accident. Dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 mai 2014 le chalutier français Célacante* s’est échoué sur les rochers bordant le phare des Pierres Noires dans le Finistère. Immédiatement une importante opération de sauvetage a été déclenchée sous l’égide du CROSS-Corsen impliquant des moyens aériens et nautiques. La Marine Nationale, les bénévoles de la SNSM, et les sapeurs-pompiers du SDIS-29 ont travaillé de conserve dans les airs, en mer, et au sol pour permettre une prise en charge rapide des rescapés.

Il faut dire que le Célacante était suivi de près par la préfecture maritime depuis le milieu de l’après midi du jeudi 22. En effet il avait pris en remorque un voilier de plaisance en difficulté ainsi que ses deux passagers. Le chalutier avait donc repris le chemin du port breton du Conquet. Malheureusement pour des raisons encore obscures le navire est venu s’échouer en pleine nuit sur les rochers affleurants aux abords immédiats du célèbre phare des Pierres Noires, à quelques encablures seulement de sa destination.

Deux hélicoptères de la Marine Nationale ont donc été dépêchés sur zone, un Caïman et un Lynx. Ce dernier opérait un vol d’entraînement non loin de là quand il a été réorienté vers le site de l’incident. C’est une partie de l’océan bien connu des marins et des pilotes d’hélicoptères de sauvetage pour ses courants forts et ses rochers aiguisés comme des lames de rasoir.

Dans le même temps la vedette SNSM du Conquet est envoyé en urgence à la rencontre des deux bateaux. Si le Célacante est à l’échouage, le voilier lui dérive avec ses deux passagers à bord. En effet ils se sont séparés peu avant que le chalutier ne vienne percuté les rochers. Ceci pourrait en partie être un début d’explications.

L’ensemble des moyens de secours était sur zone aux alentours de minuit. Quatre premiers rescapés sur un équipage de six sont hélitreuillé à bord du Caïman depuis le radeau de survie du chalutier. Les deux autres sont récupérés par les membres de la SNSM tandis que l’équipage d’un chalutier dérouté prend en remorque le voilier et accueille son équipage à son bord.

Le chalutier Célacante échoué à quelques mètres seulement du phare des Pierres Noires.
Le chalutier Célacante échoué à quelques mètres seulement du phare des Pierres Noires, sous la surveillance de l’équipage du Thétis.

Dans le même temps le Lynx demeure sur zone en surveillance, la préfecture maritime de Brest redoutant alors une pollution marine due aux hydrocarbures qui se trouvent dans les réservoirs du Célacante. L’hélicoptère est rejoint rapidement, et surtout remplacé par le Thétis, un navire spécialisé dans la guerre des mines, et doté d’équipement de recherches sous-marines dernier cri.
Dans le courant du weekend une première inspection de coque n’a pas relevé de fuite particulière. Cependant les chances de sauver le chalutier semblent désormais assez minces.

Il faut souligner que la rapidité d’intervention des deux hélicoptères et des vedettes de la SNSM ont permis d’éviter un nouveau drame de mers. Il n’y a aucun blessé parmi les six membres d’équipage du Célacante, ni d’ailleurs les deux plaisanciers. Éventuellement une bonne frayeur pour ces huit personnes qui n’oublieront pas de sitôt cette nuit agitée. Ils ont cependant été pris en charge par les sapeurs-pompiers locaux et le SAMU-29 à titre préventif.

Il faut souligner que le Célacante est un navire récent, ayant été construit à Boulogne-sur-mer en 2008.

* Et non cœlacanthe comme le poisson éponyme.

Photos © Airbus Helicopters & Marine Nationale.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

1 COMMENTAIRE

  1. Vu le coin où le chalutier c’est échoué, c’est un vrai petit miracle, les courants sont puissants par ici, et les rochers nombreux, chapeau aux sauveteurs professionnels comme bénévoles.

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