Un Eurofighter allemand percute un avion d’affaires

Un Eurofighter allemand percute un avion d’affaires

Voilà un drame qui soulève bien des questions. Ce lundi 23 juin 2014 en début d’après midi un avion de combat de la Luftwaffe a percuté en plein vol un jet d’affaires qui s’est ensuite écrasé, tuant sur le coup ses deux occupants. Le pilote de chasse allemand, indemne de son côté, a réussi à ramener son avion à sa base. Il s’agit d’un Eurofighter EF-2000. La collision s’est passé dans l’ouest du pays, non loin de la frontière néerlandaise.

L’appareil et le pilote incriminés appartiennent à la JaBoG-31, une unité de chasse-bombardement basé à Nörvenich, non loin de Cologne. C’est d’ailleurs de cette base qu’ont décollé deux hélicoptères de sauvetage Bell UH-1D de la Luftwaffe afin de porter assistance à l’avion de tourisme.
Arrivés sur zone les militaires allemands, tout comme les services de secours, n’ont pu que constater que l’avion avait été pulvériser par le crash. Il s’agissait d’un appareil de type Learjet, une machine construite aux États-Unis dans les années 1980. Celui-ci réalisait un vol en tant que plastron volant pour le compte justement de la Luftwaffe. Une double enquête a été commandée, par l’aviation civile allemande et par le ministère fédéral de la défense.

Il y a plusieurs zones d’ombres à éclaircir. Notamment celle qui consiste à savoir qui était en tort du pilote de chasse ou de celui de l’avion d’affaires. L’appareil de la Luftwaffe réalisait son vol d’entraînement accompagné d’un second avion identique lors de l’accident. Une autre des zones d’ombre consiste en la détection de l’avion de tourisme par le radar de bord de l’Eurofighter.

Ce type d’accident, très impressionnant, demeure fort heureusement rarissime. Les cas de collisions en vol entre deux types d’avions, et à fortiori entre un avion civil et un avion de combat sont toujours médiatisés. Et on comprend aisément pourquoi.
Cependant l’accident de ce lundi ne doit pas remettre en question la qualité d’apprentissage des pilotes de la Luftwaffe et leur extrême dextérité sur EF-2000, un avion pleinement adapté aux besoins allemands, notamment en matière de défense aérienne. Lors des exercices internationaux ceux ci sont généralement ceux qui se classent le mieux parmi tous les utilisateurs du chasseur européen.

Photo © Bundeswehr.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

4 COMMENTAIRES

  1. Erratum :
    Le learjet en question n’était pas un vol de tourisme, mais il était affrété par la société Gesellschaft für Flugzieldarstellung (Société pour cible aérienne) ! Cette petite info change toute la donne quant à l’interprétation des faits. En effet, l’avion en question, bien que civil était alors en train de participer à des exercices avec la Luftwaffe, en tant que plastron. Il était donc non pas suivi par l’aviation civile mais militaire.
    Mais je suis d’accord avec vous sur ce point, les circonstances exactes de ce tragique accident restent à élucider…

    Source : http://www.opex360.com/2014/06/24/eurofighter-allemand-en-collision-avec-plastron-lors-dun-exercice/

    • Bonjour Virgile, visiblement vous n’avez pas lu l’article dans son intégralité et avez raté la phrase suivante « Celui-ci réalisait un vol en tant que plastron volant pour le compte justement de la Luftwaffe ». Sachez que le système aéronautique allemand fait que l’avion était pourtant bien suivi par les radars de l’aviation civile.

  2. « Une autre des zones d’ombre consiste en la détection de l’avion de tourisme par le radar de bord de l’Eurofighter. »
    Suivant le type d’exercice, les chasseurs n’allument pas forcément leur radar.

  3. Dans les années 50, il y avait un système automatique d’interception au sein de l’OTAN, le SAGE (?) Et il y avait eu plusieurs cas de collision aérienne suite à des interceptions (de nuit ou par mauvais temps) trop bien réussies…
    Peut-être s’agit-il d’un cas similaire ?
    Wait & see.
    RIP aux deux victimes, en tout cas.

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