Trois Rafale viennent renforcer l’opération Chammal

Trois Rafale viennent renforcer l’opération Chammal

C’est sous une fine pluie battante, ce dimanche 5 octobre en milieu d’après-midi que trois Rafale ont quitté le tarmac de la Base Aérienne 113 de Saint-Dizier pour rejoindre la Base Aérienne 104 d’Al Dhafra aux Émirats Arabes Unis. Ce sont là les avions qui vont renforcer le dispositif déployé par la France contre les forces djihadistes de Daech. Outre le changement de météo vis à vis de l’est du pays c’est surtout la preuve que la France prend la mesure de son engagement en Irak.

Pour mettre en œuvre ces trois avions de combat Rafale l’Armée de l’Air a également renforcé les moyens humains avec une trentaines d’aviateurs, de tous grades, du militaire du rang à l’officier.
Ceux-ci devront s’acclimater rapidement au désert émirati.

L’Armée de l’Air n’a pas communiqué sur l’origine de ces chasseurs. Escadron de Chasse 1/7 Provence ou 1/91 Gascogne, on est dans le flou. Les deux opèrent depuis la BA-113. Même s’il est vraisemblable qu’il s’agisse plutôt d’avions de cette première unité, la seconde ayant une mission très particulière : la dissuasion nucléaire. Cependant il n’est pas impossible que des Rafale de l’EC-1/91 volent désormais au-dessus de l’Irak.

Chacun remarquera que le Rafale est vraiment un avion "tous-temps". Même quand celui-ci est pourri.
Chacun remarquera que le Rafale est vraiment un avion « tous-temps ». Même quand celui-ci est pourri.

Quoiqu’il en soit, alors que certains en France continuent de critiquer l’engagement de nos aviateurs contre les djihadistes, il semble bien que le Rafale devienne l’une des vedettes de cette guerre aérienne.
Et au sein de l’opération Chammal il tient le haut du pavé.

Bien entendu les Rafale français auront pour mission la reconnaissance aérienne armée, les frappes conventionnelles ciblées, et l’appui aérien rapproché aux troupes irakiennes. Le recours aux bombes à guidage laser GBU-12, mais aussi peut être aux armes à guidage GPS type A2SM, semble plus que probable.

Photos © Armée de l’Air.

8 COMMENTAIRES

  1. très satisfait pour nos rafales, ainsi que pour nos pilotes et toute la maintenance, pour iradiquer ces sauvages d’islamiques sanguinaires!!!!! je leur souhaite à tous bon courage et bonne chasse sur ces bijoux de rafale!!!!!! le fleuron de DASSAULT.

  2. Sincèrement, je suis dubitatif sur deux choses.

    La première c’est d’aller se battre en Irak sans aucun débat démocratique, 11 ans après le refus salutaire de Chirac. La menace est différente, certes, mais celle-ci résulte en partie des conséquences de l’opération US de 2003.

    Enfin je suis dubitatif sur l’impact du rafale. Certes il remplie son rôle, mais bon, les F16 et F15 aussi le font. Et pour l’instant il y a peu de frappes de rafales. Donc évidemment il améliore sa côte, mais il est loin d’être la vedette de la guerre face à l’EI. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de vedettes …

    • Visiblement Brian vous faites partie de ceux qui nous verraient bien en simples spectateurs de ces opérations ? Ok why not. Mais dois-je vous rappeler que pendant que certains en France réfléchissent ou palabrent sur le bien-fondé de cet intervention, des populations civiles sont déplacées ou assassinées par Daech. Si je suis bien le raisonnement des sceptiques nous devrions, nous Français, nous retrancher derrière l’acte courageux de Chirac en 2003 et le prendre comme ligne de conduite pour encore bien des années ? Sauf que la donne a changé, le Obama de son second mandat n’est pas le Bush Jr de son premier mandat. Ces deux hommes ont une vision différente de l’interventionnisme américain et de la lutte contre le terrorisme international. Et de ce fait cette mobilisation euro-américaine prend tout son sens. Daech n’est pas uniquement le fruit des erreurs de l’invasion américaine de 2003, c’est aussi celui de notre prise de conscience tardive des enjeux militaires liés à la montée en puissance des groupuscules djihadistes dans cette région du globe. Montée en puissance qui met en péril nos alliés actuels et futurs, et même certains « ennemis » de nos alliés.
      Pouvons nous laisser un khalifat hostile tant à l’Iran qu’à Israël s’installer au beau milieu de là où jadis il y avait trois états souverains ?

      • Moi j’ai parlé d’absence de débats démocratiques, de vote du parlement, c’est un peu différent des pensées que vous me prêtez. Maintenant, si vous le souhaitez, je suis prêt à vous donner ma pensée dans son ensemble.

        Premièrement, je pense que cette opération est un échec annoncé, tactiquement et stratégiquement.

        Pour l’Irak et la Syrie d’abord. Nous sommes tous ici des connaisseurs de l’aviation. Il ne me semble pas que l’opération Rolling Thunder ait réussi à endigué le Viet Min. Et quand on sait qu’à l’époque il y a avait 500.000 soldats US + les soldats viets sudistes au sol, je doute sincèrement là du résultat avec une armée irakienne inexistante qui largue des munitions à l’ennemi (véridict, ils ont planté leur largage de matériel et derrière leurs positions au sol se sont fait enfoncer. C’est Market Garden 2014). La différence ne se fera pas dans les airs mais sur le terrain. On a voulu faire passer l’EI pour une armée conventionnelle, sauf qu’en réalité c’est plus compliqué que cela. Les types ont déjà trouvé des parades aux bombardements. Maintenant, certes ils sont affaiblis (pas par nous il faut être réaliste, ce n’est pas trois frappes de rafales qui les ont dérangés, les US ont largement avoiné tout ce qui bougeait). Mais la décision se fera sur le terrain. Les seules forces qui me semblent à la hauteur, ce sont celles d’Assad (le mec qu’on voulait buter il y a un an) et celles des Kurdes. Sauf qu’attention, on ne peut pas trop soutenir les Kurdes, je rappelle que les mecs se battent en Turquie contre le pouvoir d’Ankara. leur territoire est à cheval sur plusieurs états et personne ne veut entendre parler d’une rétrocession de terrain par la Turquie.

        C’est aussi mal parti au niveau mondial. Pourquoi ? Parce que l’idée qu’une coalition occidentale aille se battre en Irak, c’est du main béni si je puis dire pour nos amis les fous terroristes. La meilleure campagne de recrutement possible pour tous les gamins mal dans leur peau qui rêvent du Jihad. D’ailleurs les US en sont conscient. Ils ont appelé l’EI: Daesch (ce qui veut dire la même chose). Et ils n’ont toujours pas trouvé de nom de code à cette opération. D’abord parce qu’Obama ne veut pas que ça lui colle à la peau comme étant L’OPÉRATION du président Obama. Ensuite parce qu’au Pentagone ils n’ont pas de stratégie, ils n’ont pas de buts (comment savoir si l’opération va réussir si on ne sait pas où on va) Ils se contentent de taper à la GBU. C’est bien, mais ça ne sert à rien d’un point de vue stratégique. Je rappelle que la situation a dégénérée en partie parce que les USA ont fait n’importe quoi en Irak. Entre la contamination radiologique de Falloujah, la destruction de toutes les institutions civiles et militaires irakiennes (on retrouve aujourd’hui des anciens officiers de Saddam du côté de l’EI), et le soutien à l’ancien PM qui a considérablement aggravé les choses avec une politique sectaire, il y a la de vrais motifs de déstabilisations. Il y a d’autres raisons évidemment, mais là ou je voulais en venir, c’est que la réponse stratégique, elle doit être politique. C’est sur l’acceptation de la population à un état, sur la création d’institutions solides et d’un pouvoir légitime que les efforts sont a faire. Et ça on en est très loin. On peut taper autant qu’on veut, ça ne servira à rien.

        Ensuite, je vais être un peu plus terre à terre. Vous me parlez de : »des populations civiles sont déplacées ou assassinées ». Ok, très bien. Donc pour vous il faut, in fine, intervenir pour sauver des populations dans le monde, cf au Mali et Centrafrique. Ok, cela se respecte. Mais alors ou étions nous lors de la guerre du Nord-Kivu qui dure depuis presque dix ans ? Ou étions nous quand le Yemen était en proie à la guerre civile ? Ou étions nous en Syrie ? etc etc etc. La réalité c’est qu’on intervient d’abord là ou sont nos intérêts, quels qu’ils soient. Et un intérêt, cela peut très bien être de satisfaire une opinion publique. Ils ont tué Hervé Gourdel, alors la France réclame qu’on les atomise. Œil pour œil, dent pour dent. Sauf que le problème c’est que ça fait empirer les choses. Nous agissons de manière émotive, nous ne sommes pas rationnels. Le mot terroriste désigne celui qui diffuse la terreur. Cela ne serait-il pas le cas actuellement ? On se laisse endormir par ces types. On leur donne une audience, on diffuse les photos des otages, on parle, on parle, on parle. On attise le feu plus que de le maîtriser.

        Enfin dernier point, très prosaïque, cela nuit gravement à notre armée de l’air. Je tiens à tirer la sonnette d’alarme. Combien avons nous de chasseurs en opération dans le monde ? 15-20 ? plus ceux en action en métropole pour la défense du territoire + dissuasion nucléaire, cela doit bien faire une trentaine de plus. Ok, c’est très bien, mais derrière les quotas d’heures de vol pour les futurs pilotes sont dramatiquement bas. La réalité, c’est qu’il y a un fossé qui se creuse entre les pilotes qui bourlinguent depuis 3-4 ans et ceux qui sortent de Salon de Provence. Vous me direz c’est normal, sauf que le déséquilibre est très problématique. A terme, on risque de se retrouver avec des pilotes expérimentés mais trop vieux, et des pilotes avec déjà une partie de leur carrière effectuée mais sans expérience. Attention au syndrome britannique. Ils avaient une armée puissante qui est ressorti lessivée d’Irak.

        Pour résumer, je dirais qu’on doit d’abord se poser la question de comment arrêter ce mouvement (qui n’est pas que régional) ? Quelle est la meilleur manière ? Je ne suis pas sûr que cet engagement en Irak le soit.

        • Je ne répondrais pas point par point à votre prose car elle sort du strict cadre de l’aéronautique. Bien à vous, cependant.

        • Certes les frappes aériennes ne suffiront pas mais si on peut le comprendre alors il est évident que les gouvernements le peuvent. Obama le sait mais il ne veut pas donner l’impression d’agir comme bush en 2001 après le 11 septembre donc il temporise en attendant une solution efficace qu’il a peux être déjà trouvé.
          L’escalade progressive est une stratégie diplomatique de base, Poutine en connait un rayon.
          Peux à peux l’intervention vas gagner en intensité, les barrières invisibles dressés par les dirigeants pour ne pas brusquer l’opinion vont céder et la coalition entrera en action au sol.
          Déjà les hélicos sont apparus sur le champ de bataille et le reste suivra.

          Tout cela n’est qu’une maniéré de gagner du temps pour préparer la suite, au moins la préparation sera peut être meilleur qu’en 2001 pour l’Afghanistan.

  3. @Ratel (et a beaucoup d’autres)

    A noter également que c’est contre les extrémistes islamiques…et non les islamistes tout court qui sont au bas mot 1 milliard…faudrait voir à nuancer un peu

Laisser un commentaire