Le vol Cimber SK1755 a t-il vraiment évité une collision avec un...

Le vol Cimber SK1755 a t-il vraiment évité une collision avec un avion militaire russe ?

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’on est vraiment dans le flou concernant cette histoire. Le vendredi 12 décembre 2014 en fin de matinée un avion de ligne biréacteur aurait évité de justesse une collision avec un avion militaire russe. Le souci c’est que la compagnie aérienne et le ministère de la défense russe nient tout incident. Ce que réfutent certains passagers, mais aussi, et c’est nettement plus troublant, l’état-major de la force aérienne suédoise.

On en sait peu sur l’avion russe, si ce n’est qu’il s’agirait d’un avion de reconnaissance stratégique Ilyushin Il-20. Cet appareil est un dérivé militaire du célèbre quadriturbopropulseur de ligne Il-18 Coot qui fit les belles heures de l’Aeroflot soviétique dans les années 1960 et 1970.

En revanche, on en sait un peu plus sur l’avion civil. Il s’agirait d’un biréacteur Bombardier CRJ-200 appartenant à la compagnie danoise Cimber, qui réalisait un vol commercial régulier en Malmö dans le sud de la Suède et Poznan en Pologne sous l’indicatif SK1755. L’avion, immatriculé OY-RJK, transportait une quarantaine de passagers et membres d’équipage, et évoluait comme à son habitude pour le compte de la compagnie scandinave SAS.

C’est à 11 heures 16, heure locale, que le contrôle aérien militaire suédois a détecté aux limites de l’espace aérien international l’avion russe. Il semble que la collision ai été évité de peu huit minutes plus tard à une altitude de 21 000 pieds, où croise généralement les avions de la catégorie du CRJ-200.

Plusieurs passagers disent avoir clairement identifié les marques de nationalité de l’avion russe, et avoir même vu l’équipage au travers des hublots. Cette dernière affirmation peut cependant sembler un peu extravagante, les avions issus du Coot ayant souvent des hublots de cockpit de petite taille.

À Moscou, les autorités militaires russes ont immédiatement démenti tout accident évité, insistant sur la fait qu’aucun de ses avions ne se situait dans la région et qu’il s’agissait certainement d’un avion de l’OTAN réalisant des manœuvres. Ce que la Suède a elle-aussi démenti. On se doute que quand les Atlantistes réalisent des exercices dans la région, ils doivent en aviser leur allié, et pourtant non membre, suédois.
Ce qui est original, c’est que Moscou a pourtant reconnu que quelques minutes après ce supposé incident un Il-20 de reconnaissance a bien été intercepté au-dessus du territoire suédois par deux chasseurs JAS-39 Gripen qui l’ont reconduit « gentiment » dans l’espace aérien international.

Assez étrangement au siège de SAS tout comme à celui de Cimber on dément également l’information, insistant sur le fait qui le vol SK1755 a bien croisé la route d’un avion militaire russe, mais que celui-ci se trouvait à plusieurs milliers de pieds en dessous du CRJ-200.

Ces deux démentis sont intéressants mais ils sonnent étrangement faux, notamment par rapport aux déclarations des témoins à bord de l’avion de ligne. L’interception d’un Il-20 par les deux chasseurs suédois semblent aussi corroborer les déclarations des passagers du vol Cimber.

Il est enfin à signaler que cette compagnie vient tout juste d’entrer dans le groupe SAS. Après plusieurs années de partenariat, elle a été racheté par le groupe scandinave le 8 décembre 2014. C’est clair qu’un accident évité de peu aurait sûrement fait tâche sur le CV de la compagnie.

Photo © AP

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

1 COMMENTAIRE

  1. Ce qui est curieux dans cette ‘affaire’ c’est son non-professionnalisme : on a l’avis des journalistes, des militaires, des politiques, mais on ne parle pas de transpondeur, règles de circulation, distances minimales, législation internationale, etc.
    Il serait plus intéressant d’avoir le point de vue d’un pilote de ligne ?
    Y a-t-il eu infraction ? Y a-t-il eu danger ?
    Si c’est le cas, et que des passagers ont pu voir le blanc des yeux de l’équipage russe… nul doute que des photos et/ou des vidéos vont surgir (comme dans les cas habituels des interceptions d’avions de ligne) : attendons.
    Sinon…

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