Première Opex pour les Caïman de la Marine Nationale

Première Opex pour les Caïman de la Marine Nationale

C’est un évènement dans l’évènement. Alors que le porte-avions Charles de Gaulle vient de prendre la mer avec son groupe aéronaval complet ce mardi 13 janvier 2015 au matin, on apprend qu’un hélicoptère NH90 Caïman se trouve à bord de la frégate Chevalier Paul, un des bâtiments de guerre français les plus modernes. Ce déploiement représente la première opération extérieur pour le dernier né des hélicoptères embarqués français, les Caïman n’étant jusque là intervenus que depuis leurs bases françaises. Un tournant important dans la courte carrière de ces biturbines.

Pour son premier jour de mer dans cette opération, le Chevalier Paul et son précieux hélicoptère n’iront pas bien loin. En effet, ce mercredi 14 janvier le Président de la République François Hollande doit réaliser une allocution à bord du Charles de Gaulle à l’occasion des vœux aux forces armées. Une cérémonie qui revêtira un caractère particulier alors que des milliers de soldats français sont en train d’être déployés un peu partout sur le territoire dans le cadre du renforcement du plan Vigipirate Alerte Attentat.

Selon toutes vraisemblance, le Chef de l’État, également Chef des Armées, devrait annoncer le déploiement du groupe aéronaval au sein de la force Chammal en lutte contre les forces terroristes de Daech en Irak.
Il est à noter que le Président de la République prendra place à bord d’un hélicoptère de la Marine Nationale depuis la base de Hyères dans le Var. Il rejoindra ainsi le bord. Une fois la visite présidentielle terminée le groupe aéronaval prendra certainement le chemin du golfe arabo-persique.

Et là deux options sont possibles :

  1. Le porte-avions français et ses navires d’accompagnement demeurent en Méditerranée orientale et mènent leurs opérations depuis cette zone, obligeant les avions de combat à emprunter les espaces aériens israéliens puis jordaniens avant d’aller reconnaitre et/ou frapper leurs cibles en territoire irakien.
  2. Le groupe aéronaval français mouille dans le golfe persique ce qui lui donne un accès immédiat à l’espace aérien irakien via le corridor de Fao, unique débouché maritime du pays coincé entre l’Iran et le Koweït dans la région du célèbre Chott-el-Arab.

Même si cette seconde hypothèse semble la plus logique, elle rallonge considérablement la route des navires français, obligeant le groupe aéronaval à emprunter le canal de Suez. Bien que très étroitement protéger par les forces de sécurité égyptienne celui-ci demeure une zone à hauts risques pour les bâtiments de guerre occidentaux, à fortiori les porte-avions.

Même si le rôle du Caïman embarqué à bord du Chevalier Paul sera forcément moins médiatisé que celui des Rafale M, Super Étendard Modernisé, et Hawkeye, il ne faut pas sous-estimer ce déploiement. Certes ces hélicoptères ne mèneront aucune action de combat contre les forces ennemies, cependant ils pourront être amenés à réaliser des vols de sauvetage, de soutien opérationnel, et même de surveillance côtière. Et pourquoi pas des déposes de commandos si la situation venait à l’exiger.

Quoiqu’il en soit désormais le Caïman Marine, à l’instar de son jumeau terrien de l’ALAT présent au Mali, est un aéronef déployé à l’étranger. Et cela prouve une fois de plus que l’hélicoptère européen est bel et bien un outil d’avenir pour les forces françaises.

Photo © Marine Nationale.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

4 COMMENTAIRES

  1. Etant donné qu’un exercice doit avoir lieu avec la marine indienne, le GAN va forcement emprunter le canal de suez de plus la protection sous-marine sera assuré par une frégate britannique qui ne rejoindra le groupe qu’en mer rouge après suez

  2. A moins que les kamikazes locaux voyagent en missile anti-navires, je ne vois pas avec quoi ils pourraient menacer un porte avions et son groupe aéronaval. En tout cas c’est une bonne nouvelle, le CDG fonctionne enfin (sa faisait longtemps).

  3. Sauf erreur, c’est un Puma de l’Armée de l’Air, VIP, qui a amené le Président sur le PA, et non un Caïman de la Marine.
    « Le groupe aéronaval français « mouille » dans le golfe … Cela veut dire que le PA est arrêté, machines stoppées et ancres posées au fond. Or l’appontage et le catapultage nécessitent que le PA soit en mouvement, pour bénéficier du vent créé par la vitesse du PA, en plus du vent qui souffle.

    • Ah un joueur sur les mots, comme je les aime. Oui une flotte ou un bâtiment peut « mouiller » sur zone quand il fait des « ronds dans l’eau » dans un secteur donné. Cette tournure de mots est employée dans le domaine maritime. Ensuite si vous voulez me reprendre sur le modèle d’hélicoptère engagé comme Cotam Unité, faites le proprement : c’était un AS-332 Super Puma et non un SA-330 Puma. A aucun moment j’ai écris qu’il allait s’agir d’un Caïman. En effet ce sont les aviateurs qui ont pris la main sur les marins, mea-culpa. 😉

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