L’A400M Atlas pourrait-il se décliner en ravitailleur en vol ?

L’A400M Atlas pourrait-il se décliner en ravitailleur en vol ?

La question a le mérite de se poser au regard des essais menés en Espagne par le constructeur, avec le concours de l’Ejercito del Aires. Depuis le mois dernier un Airbus A400M Atlas appartenant au constructeur réalise des essais de ravitaillement en vol au profit de deux F/A-18 Hornet espagnols. Désignés localement C.15 ces avions sont en fait un F/A-18A et un F/A-18B.

Dans le cas de l’A400M Atlas il s’agit d’adapter l’avion aux besoins réels de ses utilisateurs actuels tels l’Armée de l’Air, la Luftwaffe, ou encore la Royal Air Force. Un avion à turbopropulsion a la capacité de voler moins vite qu’un ravitailleur équipé de turboréacteurs, un avantage certain quand on veut pouvoir transférer du carburant à des hélicoptères. La France pourrait ainsi soutenir l’action de ses EC725 Caracal.

Dans cette configuration on découvre parfaitement la position des avions ravitaillés par rapport au ravitailleur.
Dans cette configuration on découvre parfaitement la position des avions ravitaillés par rapport au ravitailleur.

Surtout Airbus Defense & Space pourrait venir troubler Lockheed-Martin sur son propre terrain. En effet l’avionneur américain propose depuis longtemps ses KC-130J et KC-130J-30, la version rallongée. Des Hercules ravitailleurs de nouvelle génération qui reprennent la recette des avions d’ancienne générations comme les KC-130R et KC-130H largement vendus aux États-Unis et dans le monde. Le Lockheed KC-130 a toujours représenté un ravitailleur à bas coût.

Mais les embûches ne font que commencer pour l’avionneur européen. Ravitailler deux avions de combat c’est autre chose que deux hélicoptères. Surtout ADS devra prouver que son formidable avion cargo sait aussi être un ravitailleur en vol de qualité, sans pour autant empiéter sur les marchés potentiels de l’A330MRTT. Un numéro d’équilibriste dangereux pour le constructeur.

Photos © Ejercito del Aire.

11 COMMENTAIRES

  1. Un responsable de la dga a récemment déclaré que le ravitaillement d’hélicoptères était problématique a cause des turbulences du au design des moteur qui tournent dans des sens opposé et qu’il est possible qu’ils doivent faire une croix dessus

  2. « Ravitailler deux avions de combat, c’est autre chose que deux hélicoptères. » En effet, ce serait plutôt l’inverse, ils ont beaucoup moins de problèmes pour ravitailler des chasseurs que pour les hélicos, et effectivement il vont probablement laisser tomber cette possibilité.

      • Toute l’actualité du moment !!! Cette article annonce une capacité possible pour l’A400M au moment où tout le monde parle de renoncer à cette même capacité !

        Quel article incongru ! Dommage pour un site sympa et d’habitude bien informé.

        • Vous irez dire ça aux gens de chez Airbus Defense & Space qui font actuellement des essais en vol. Quand aux questionnements sur le ravitaillement des hélicoptères ils sont légitimes quand on sait que Lockheed-Martin a repris ses essais de KC-130J-30 dans le cadre du développement de l’hélicoptères CH-53K. Bien à vous TJ.

  3. Ce qui me surprend en premier lieu, ce sont les articles (pas forcement les vôtres) qui disent du bien ou du moins bien. Notamment au sujet du REV des hélicos.
    La DGA inscrit dans son cahier des charges la possibilité de Ravitailler En Vol les hélicos. Donc les analyses aérodynamiques faite sur les calculateurs ont du dire si oui ou non il était possible de faire ces REV avec des hélicos ? Surtout avant même de lancer un programme fort coûteux et avec un risque non négligeable de se « casser la figure »….
    Les photos prouvent que le REV d’avions de chasses est réalisable sans contraintes apparentes.
    Alors pourquoi, tout d’un coup, le REV des hélicos ne serait il plus possible ?
    Je ne suis pas un théoricien du complot mais là, je pense que l’avalanche d’infos qui tombe en ce moment sur l’A400 c’est surtout pour faire en sorte qu’il ne soit pas vendu…
    Affaire à suivre ;o)

  4. Bonjour, je viens juste préciser qu’il est difficile de comparer les manoeuvres de ravitaillement en vol des hélicoptères par un A-400M Atlas et un C-130 Hercules.

    Le champ de turbulences généré par les moteurs, non-pas contrarotatifs, mais DBE (Down Between Engine), c’est à dire avec les hélices d’un moteur tournant dans le sens inverse de l’autre sur chaque aile de l’A-400M, n’est pas comparable aux moindres turbulences générées par les C-130 Hercules sans DBE.

    Les voilures tournantes étant par définition moins stables que les voilures fixes, il est possible que l’option ravitaillement en vol des Atlas soit abandonnée pour les hélicoptère. Cette possibilité intéressait pourant grandement le COS et le 4e RHFS notamment pour un théâtre d’opération tel que celui de l’immensité désertique de la BSS avec Barkhane …

    Pour éliminer ces turbulences propres aux DBE sur chaque aile, tout en voulant conserver ses gains de performances, il fallait concevoir 4 moteurs à hélices contrarotatives comme sur les Tu-95 et même plus directement, comme sur les Antonov An-70, concurrents directs des A-400M …

    Néanmoins la possibilité d’avoir des ravitailleurs tels que les Atlas, qui peuvent accéder à des pistes faiblement préparées ou secondaires comme celle récemment établie à Madama au Niger, peut également intéresser les forces aériennes françaises au regard des différentes missions qu’elles mènent et de l’espace qu’elles couvrent sur la BSS.

    Cordialement 🙂 !

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