Le groupe aéronaval français s’entraîne dans le Golfe

Le groupe aéronaval français s’entraîne dans le Golfe

Parti de Toulon à la mi-janvier, le groupe aéronaval français est désormais dans le Golfe. Le porte-avions Charles de Gaulle et ses aéronefs, mais également ses bâtiments d’accompagnement et d’escorte, participent actuellement à des séries d’entraînement et à un exercice conjoint avec la marine saoudienne. De quoi préparer nos marins à un éventuel engagement au sein de la force Chammal, si l’Élysée en venait à en donner l’ordre.

Après avoir franchi le canal de Suez lundi 26 janvier 2015 le navire amiral de la flotte française est désormais clairement dans la région du Golfe. Il est flanqué d’une escorte pour le moins inhabituelle. Outre ses habituels bâtiments de surface et sous-marin nucléaire d’attaque (ou SNA dans le jargon militaire français), le porte-avions est accompagné d’une frégate anti-sous-marine britannique, le HMS Kent (numéro de coque F78) et de son hélicoptère embarqué Westland Lynx HM Mk-1.

Deux jours plus tard trois autres navires étrangers venaient rejoindre le Charles de Gaulle, des navires saoudiens : les frégates Makkah (numéro de coque 814) et Dammam (numéro de coque 816) ainsi que le pétrolier ravitailleur Yunbou (numéro de coque 904) accompagnaient désormais l’escadre française.
Officiellement il s’agissait là de la partie visible de l’exercice franco-saoudien White Shark, officieusement les autorités de Riyad auraient mal vu une tentative d’acte de terrorisme maritime contre un de leurs principaux alliés dans leurs propres eaux territoriales. Chacune des deux frégates furtives saoudiennes embarquaient un hélicoptère de sauvetage et de liaison Eurocopter AS-365N.

Les avions de combat français parqués sur le pont d'envol du CDG. En arrière-plan on aperçoit les deux frégates saoudiennes.
Les avions de combat français parqués sur le pont d’envol du CDG. En arrière-plan on aperçoit les deux frégates saoudiennes.

Pour les pilotes français, aux commandes de leurs Rafale M et Super Étendard Modernisés, cet exercice a été l’occasion de parfaire leurs capacités antinavires contre des bâtiments récents, conçus spécifiquement pour repousser ce genre d’attaques. De la même manière le SNA a permis aux marins saoudiens de tester leur aptitude à la lutte anti-sous-marine. L’ensemble des opérations navales et aéronavales se faisaient sous le contrôle d’un des deux Grumman E-2C embarqués à bord du porte-avions français.

En fait ce sont une trentaine d’aéronefs frappés du hameçon qui sont désormais déployés dans le Golfe. Les chasseurs omnirôles Rafale M et les avions d’attaque Super Étendard Modernisés représentent donc désormais une capacité de renfort non négligeable pour les forces internationales, au cas bien sûr où elles demanderaient leur déploiement opérationnel. Daech est prévenu. Chacun de ces deux modèles d’avions est pleinement apte à l’emport et au tir d’armes de précision. Les Super Étendard l’ont déjà démontré au-dessus du Kosovo en 1999, puis plus tard au-dessus de l’Afghanistan. Un théâtre d’opérations où les Rafale M étaient présents également.

Photos © Marine Nationale.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

6 COMMENTAIRES

  1. La présence du porte-avions Charles de Gaulle et ses aéronefs prouve encore une fois l’importance de ce type de navire. Je suppose que les Sem seront retirés du service lorsqu’ils seront remplacés par un nombre équivalent de Rafale M ? La U.S. navy songe au remplacement des Grumman C-2 Greyhound et qu’en est-il pour la Marine nationale?

    • En France la mission de transport demeure à la charge des hélicos. Il n’est pas rare de voir un Puma de l’Armée de l’Air à bord du CDG pour ce genre d’opérations.

  2. Plus qu’en nombre de Rafale M, c’est surtout une question de budget en ce moment…
    La Marine quant à elle aimerait beaucoup avoir des C-2 (qui lui avaient bien été utile durant la campagne de Libye), mais ça a un coût…

    • Je crois que deux C-2 ont été mis à la disposition de la Marine par la 6° flotte us de Méditerranée, et effectuant les liaisons Hyères (où il y avait un détachement de 50 américains)-CdG (aux larges des côtes Libyennes.
      Vu que le CdG est qualifié Hawkeye, le Greyhound ne pose pas de soucis.

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