Malgré les accords de Minsk l’aviation ukrainienne demeure en alerte

Malgré les accords de Minsk l’aviation ukrainienne demeure en alerte

Si pour beaucoup les pourparlers qui se sont déroulés dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 février 2015 à Minsk en Biélorussie ont permis une série d’avancées notables dans la recherche d’une paix pérenne entre Russie et Ukraine, il ne faut pas pour autant croire qu’ils permettront l’arrêt des combats qui déchirent une partie de ce pays depuis maintenant un an. Pour preuve l’Ukraine maintient un très haut niveau d’alerte pour ses forces armées, et notamment bien entendu son aviation. Ses moyens de combat demeurent prêts à prendre les airs au moindre accrochage avec les forces séparatistes pro-russes.

Dernier incident en date, ce jeudi 12 février justement, quelques heures seulement après la fin du sommet : entre six et huit milles combattants de l’armée régulière ukrainienne ont été encerclés dans la ville de Debaltseve dans l’est du pays par les forces séparatistes, appuyées par d’importants moyens blindés ainsi que des pièces d’artillerie. Immédiatement des hélicoptères de combat Mil Mi-8 et Mil Mi-24 ukrainiens ont décollé pour appuyer les fantassins dans leur retraite. Des tirs de roquettes ont été entendus contre les forces pro-russes.

Dans le même temps la chasse ukrainienne a intensifié ses vols de patrouille au-dessus du territoire revendiqué par les forces séparatistes. Les MiG-29 Fulcrum et Su-27 Flanker occupaient les cieux à la recherche d’éventuels avions militaires porteurs de la livrée russe. Fort heureusement, ils ne semblent pas en avoir rencontrés.

Il ne faut pas oublier qu’un combat aérien entre pilotes russes et ukrainiens aurait des airs de lutte fratricide, tant les matériels sont identiques, autant d’ailleurs que les méthodes d’entraînement ou la doctrine d’emploi des avions de combat. Après tous les Ukrainiens sont restés particulièrement longtemps sous la coupe russe, notamment durant l’ère soviétique.

Malgré les accords les responsables de l’Union Européenne, et notamment Angela Merkel et François Hollande n’ont pas exclu des sanctions envers l’un ou l’autre des acteurs de cette crise (voire les deux) si les entorses devenaient trop nombreuses et répétitives.

Photo © AFP

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

4 COMMENTAIRES

  1. Le but d’accords de cessez-le-feu semble pourtant être… l’arrêt des combats ?
    « Pour preuve » … ??? Quelle preuve ? « Pour illustration » ?
    Si les hélicoptères ukrainiens décollent, les Su-25 semblent étrangement cloués au sol ? Du fait de la DCA sécessionniste ? Les heures précédent le cessez-le-feu risquent logiquement d’être particulièrement violentes hélas, tant les deux parties voudront marquer des points…
    La question est de savoir où les Ukrainiens se procurent des pièces détachées pour leurs avions russes ? Par auprès de la Russie a priori ?

    • Trouver des « pièces détachées » de Mil Mi-8 et de Mi-24 dans des pays hors sphère d’influence moscovite n’est pas très difficile. Israéliens et Sud-Africains proposent depuis longtemps des kits de modernisation pour ces machines, ils peuvent tout à fait soutenir l’action étatique ukrainienne contre les séparatistes pro-russes.

  2. Tout à fait exact.
    J’ajouterais de surcroit que l’Ukraine était un sous-traitant majeur de l’URSS en son temps, nul doute qu’il y a des réserves et le cas échéant les capacités industrielles pour remédier à d’éventuelles pénuries.
    Et soit dit en passant, comme une bonne partie de leur inventaire actuel n’est de toute façon pas en état de vol, le cannibalisme a sûrement lieu pour maintenir la flotte opérationnelle en service.

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