Premier vol du Bombardier CS300

Premier vol du Bombardier CS300

Par une belle journée ensoleillée, mais froide à -15C, le premier exemplaire du Bombardier CS300 a effectué son vol inaugural ce 27 février à l’aéroport de Mirabel au nord de Montréal. Ce moment historique pour l’entreprise québécoise s’est déroulé en présence d’une cinquantaine de journalistes, photographes, ainsi que de représentants de compagnies aériennes clientes.

Deux appareils CS300 s’ajouteront aux cinq avions d’essais CS100, dont le premier vol remonte au mois de septembre 2013. Rappelons que les essais du CS100 ont été suspendus pendant plus de trois mois en raison du bris d’un moteur survenu en mai 2014. Bombardier a déployé d’importantes ressources financières dans le programme de la CSeries, dont les coûts atteignent maintenant 5,4 milliards $US. Tout comme l’avion lui-même, les moteurs de la série PurePower PW1500G de Pratt & Whitney sont d’une toute nouvelle génération et Bombardier mise sur le confort, le faible niveau sonore et l’économie de carburant des avions de la CSeries pour ravir les clients. L’avionneur espère avoir reçu au moins 300 engagements fermes pour son nouvel appareil avant les premières livraisons. Jusqu’ici, le carnet de commandes de la CSeries compte un engagement pour 563 appareils, dont 243 commandes fermes. Les deux tiers de ces commandes fermes (180) portent sur le CS300. Les premières livraisons du CS100 sont prévues pendant la deuxième moitié de 2015 et celles du CS300 six mois plus tard. Le CS300 peut transporter de 130 à 160 passagers et le CS100 compte de 108 à 110 places.

CS 300

La nouvelle CSeries, assemblée dans l’usine de Bombardier à Mirabel, représente pour la multinationale canadienne un tournant majeur. L’entreprise s’est déjà taillé une place de choix dans le marché avec ses avions régionaux, tels le biréacteur CRJ et le turbopropulseur Dash8. Le nouvel appareil de Bombardier, capable de vols de plus de 5400 kilomètres, dérange visiblement le duopole Airbus / Boeing. En réponse, le premier a lancé son A320neo, tandis que le second travaille sur le 737 Max. Bien que modernisés, la conception de ces avions remonte à plus de 20 ans et ils demeurent plus gros et lourds que le CSeries. Bombardier est le seul à avoir développé un appareil de nouvelle génération expressément pour la catégorie des 100 à 150 places, lui permettant aussi de s’attaquer à un marché jusque-là occupé par l’appareil brésilien Embraer 195.

Les carnets de commandes pour l’Airbus 320neo et le Boeing 737 Max sont certes plus impressionnants que celui du CSeries à ce jour, mais les dirigeants de Bombardier sont confiants que leur nouvel avion va se tailler une place de choix dans cette niche du marché aéronautique estimé à 7000 appareils au cours des vingt prochaines années. Bombardier note que le CSeries est le programme pour lequel il a vendu le plus d’avions avant le premier vol. Pour le CRJ200, premier jet régional de la prolifique famille CRJ, l’avionneur n’avait qu’une quarantaine d’appareils dans son carnet de commandes avant le début de sa production.

CS300 4

Marcel
Fils d’un militaire de l’armée de l’air canadienne (il est tombé dedans quand il était petit…) et biologiste qui adore voler en avion de brousse, ce rédacteur du Québec apprécie partager sa passion de l'aéronautique avec la fraternité francophone d’Avions Légendaires.

4 COMMENTAIRES

  1. Bravo !
    C’est une étape importante pour Bombardier.
    Mais les CSéries sont plus des concurrents des Airbus A-318/319, que des A-320/321, non ?
    Sans oublier les Embraer E-190/195 (pour les russes et chinois, on peut attendre encore un peu… voire plus 😉 !)

    • Airbus a cessé d’assembler le A-318 en 2013 après seulement quelques 80 appareils livrés. Le A-318 était visiblement mal adapté aux conditions du marché. À moins qu’il ne soit modernisé comme le A-320, l’A-319 ne semble pas inquiéter outre-mesure les stratèges de Bombardier. Finalement, j’ai indiqué dans l’article que Bombardier visait le marché du Embraer 195 aussi.

      • Merci de l’info (j’avais vu entre-temps que les ventes étaient ridicules comparées aux A-320, mais) je ne savais pas que les A-318 avait été arrêtés.
        Les CSéries semblent bien calculés pour leur créneau, et sortir à temps. Bons voeux de succès !

  2. C’est une belle réponse canadienne aux ERJ-195 brésiliens, et à n’en pas douter un avion qui va donner sueurs froides aux ingénieurs de chez Airbus et Boeing. J’espère que nous le verrons évoluer au Bourget en juin prochain.

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