Des Hornet américains sur le porte-avions Charles de Gaulle

Des Hornet américains sur le porte-avions Charles de Gaulle

Voilà une image qui n’est pas banale du tout. Ce mardi 10 mars, deux avions de chasse américains F/A-18 Hornet de l’US Navy se sont entraînés à l’appontage sur le pont du porte-avions français Charles de Gaulle en mission dans le Golfe. Cet exercice devait permettre de qualifier les pilotes américains à apponter et à redécoller du navire français, notamment après des appontages d’urgence.

Les avions en question sont des monoplaces McDonnell Douglas F/A-18C Hornet appartenant au squadron VFA-113 rattachés au Carrier Air Wing 17. Après avoir réalisé une série de touch-and-go les avions ont enfin pu apponter, du premier coup pour chacun des deux pilotes. Une opération au final pas si simple pour des pilotes habituellement basés sur un navire nettement plus grand que notre Charles de Gaulle, l’USS Carl Vinson (CVN-70). Les 333 mètres de son pont d’envol sont à mettre en opposition avec les (seulement) 261 mètres du bâtiment français.

En fait si la différence de taille entre les deux ponts d’envol est effectivement un facteur de difficulté pour les pilotes américains, la réalité est cependant à nuancer. Ce sont les systèmes hypersustentateurs (communément appelés les volets) qui sont adaptés à des opérations sur des ponts « plus courts ». Ainsi les Vought F-8E (FN) utilisés par la Marine Nationale entre 1964 et 1999 disposaient de volets de plus grande taille que les F-8E classiques en service dans l’US Navy. La différence venait là encore de la taille plus courte du pont d’envol du Clemenceau par rapport aux porte-avions américains de l’époque. Ainsi les pilotes de Crusader américains n’ont jamais réussi à poser et donc à faire redécoller leurs avions d’un porte-avions français. Un renforcement du train d’atterrissage fut également réalisé sur les Crusader français, après leur livraison. Désormais avec l’assistance des commandes de vol électriques, généralisées sur les avions de combat dans le courant des années 1980 ces procédures sont facilitées. Il ne faut cependant pas sous-estimer la prouesse technique et l’habileté des pilotes américains dans cette histoire.

Bien évidemment après avoir appontés les pilotes de l’US Navy ont fait redécoller leurs Hornet du pont du Charles de Gaulle, validant ainsi leur qualification.

Aux ordres du chien jaune français, et sous la surveillance d'un Dauphin 2 Pédro, ce pilote de Hornet se prépare à arracher son avion du pont d'envol.
Aux ordres du chien jaune français, et sous la surveillance d’un Dauphin 2 Pédro, ce pilote de Hornet se prépare à arracher son avion du pont d’envol.

Ces procédures de qualifications à l’appontage et au décollage de pilotes américains sur le bâtiment français démontrent également l’excellente interopérabilité entre les forces aéronavales des deux pays. Il faut savoir qu’une majorité de pilotes français de Rafale M ont déjà réalisé de tels opérations sur un porte-avions américain. La semaine dernière les avions français étaient sur l’USS Carl Visson.

Photos © Marine Nationale.

4 COMMENTAIRES

  1. Encore une autre preuve que la marine de l’Oncle Sam considère avec beaucoup d’estime la Marine nationale! Peu importe ce q Les porte-avions étatuniens ont 4 brins d’arrêt et sur le Charles-de-Gaules il y en a 3. Ceux-ci se nomment de noms de déesse de la Grèce antique.
    Le brin 1:
    Athéna, déesse de la guerre…en allusion au fait qu’il faut en « avoir » pour attraper le premier brin…il faut être un « guerrier » comme on dit dans le milieu
    Le brin 2:
    Aphrodite, déesse de l’amour…le brin 2, c’est l’appontage parfait, c’est celui qu’il faut accrocher.
    Le brin 3:
    Andromède, fille de Cassiopée qui fut délivrée in-extremis par Persée qui lui évita la mort… le brin 3, celui de la dernière chance, avant le bolt et une nouvelle tentative. Référence http://aeronavale-porteavions.com/viewtopic.php?f=70&p=3182 Le brin d’arrêt.

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