Des moyens aériens français toujours engagés au Vanuatu

Des moyens aériens français toujours engagés au Vanuatu

C’est un opération discrète, bien moins médiatisée que celles qui se déroulent en Irak ou en Afrique, que mènent actuellement les militaires français dans le Pacifique. Il faut dire qu’ici il n’est nullement question de traquer des terroristes ou de cibler des fortifications, il faut « juste » aider des populations civiles sinistrées. Depuis le dimanche 15 mars 2015 près de trois cents militaires français, appuyés par deux navires et plusieurs aéronefs, apportent une aide humanitaire concrète aux victimes du passage du cyclone Pam. Si le bilan global ne fait état « que » de seize morts, il faut souligner les milliers de gens qui se sont retrouvés sans abri depuis.

C’est le jeudi 12 mars 2015 que l’archipel souverain des Vanuatu a été frappé par le cyclone. Pendant près de trente-six heures ce petit état mélanésien d’à peine 260 000 habitants, ancienne colonie française et britannique, a été coupé du reste du monde. Une fois le choc passé un pont aérien international s’est développé, articulé autours de moyens australiens, français, et néo-zélandais.

Le dimanche 15 mars 2015 un avion cargo Casa CN-235 de l’Armée de l’Air a rejoint l’aéroport international Bauerfield, qui dessert la capitale Port Vila. En une dizaine de rotation le biturbopropulseur a permis la dépose de 117 personnels chargés de l’aide humanitaire. Parmi eux des militaires et des spécialistes de la Sécurité Civile. Une quarantaine de tonnes d’aide a également été délivré.
Le Casa a pu en outre rapatrier dix ressortissants français vers la Nouvelle-Calédonie.

Dans le même temps la Marine Nationale a armé deux navires présents dans la région, la frégate de surveillance Vendémiaire (F734) et le patrouilleur La Glorieuse (P686) qui ont également reçu pour instruction de transporter au Vanuatu de l’aide de première urgence.
L’hélicoptère Alouette III de la frégate fut d’ailleurs la première voilure tournante à opérer au-dessus des Vanuatu dans le cadre de cette mission humanitaire. Il a permis le ravitaillement de zones isolées, au moyen de la technique dite du vertical replishment, bien connue des marins.

La frégate Vendémiaire en action humanitaire aux Vanuatu.
La frégate Vendémiaire en action humanitaire aux Vanuatu.

Un hélicoptère de l’Armée de l’Air, un Puma a également été déployé, en soutien, permettant des opérations entre Bauerfield et les différents points du pays, mais également la plateforme hélico du Vendémiaire, ou encore les navires étrangers déployés au fur et à mesure dans la région.

Enfin mission plus étonnante que celle de ce patrouilleur Falcon 200 Gardian de la Marine Nationale qui eut comme rôle de repérer d’éventuelles pollutions consécutives au passage du cyclone Pam sur les zones semi-industrialisées de l’archipel. On ignore les résultats de ses investigations.

Le Puma néo-calédonien en action aux Vanuatu.
Le Puma néo-calédonien en action aux Vanuatu.

Quoiqu’il en soit dix jours après le déclenchement des premiers vols humanitaires français, l’action militaire française ne semble pas encore prête à s’arrêter. Les dégâts se chiffrent en centaines de millions d’euros, et on parle de cinquante à soixante-dix milles personnes désormais privées du nécessaire pour vivre.
Plusieurs ONG soulignent également désormais les risques sanitaires dans la région, ce qui semble accréditer le fait qu’une partie des sauveteurs français vont demeurer dans l’archipel.

Cette mission aussi catastrophique et dramatique soit-elle démontre une fois encore que l’Alouette III et le Puma sont bel et bien des hélicos increvables. Des machines qui malgré leur âge avancé, quasi canonique dans le cas de l’Alouette III, arrivent chaque jour à réaliser des missions inouïes de polyvalence, souvent éloignées de celles pour lesquelles elles furent conçues. On doit cela bien entendu à la maestria des pilotes et mécanos qui œuvrent dessus.

Photos © Marine Nationale.

4 COMMENTAIRES

    • Cela fait belle lurette que l’humanitaire ne fait plus vendre. D’où sûrement ce désintérêt médiatique pour l’action de nos militaires aux Vanuatu.

  1. Une petite question technique : pourquoi en vignette le rotor de l’Alouette III apparait, et pas sur le sujet ?

    Pour le reste comme souvent avec vos sujets ils sont passionnants et surtout on ne les retrouve sur aucun autre site.

    • Ah bah oui en effet, je viens aussi de remarquer et je ne sais quoi vous répondre pour cette « absence » du rotor de l’Alouette III à l’image.

Laisser un commentaire