La Russie rationalise sa flotte d’avions d’entraînement spatial

La Russie rationalise sa flotte d’avions d’entraînement spatial

C’est une mini-révolution que se prépare à vivre le centre de formation spatial russe. Ses deux principaux avions d’entraînement au vol en gravité zéro vont bientôt laisser la place à des appareils plus récents et plus modernes. Il s’agissait de deux machines héritées de l’ère soviétique.

Les avions qui quitteront le service fin 2015 sont un biréacteur Tupolev Tu-134LK et un triréacteur Tu-154MLK, visible ci-dessus en photo. Ce dernier était auparavant utilisé par la compagnie aérienne Aeroflot pour des vols moyens-courriers vers l’Europe, tandis que le biréacteur provient des stocks militaires et fut modifié en 1982. Utilisés pour des vols paraboliques, ils permettent de recréer pendant quelques secondes l’apesanteur que ressentent les cosmonautes lors des vols spatiaux, notamment à bord de l’ISS, la station spatiale internationale en orbite autour de la Terre.

Il seront remplacés par deux Tupolev Tu-204-300 construits en 2008 et acquis de seconde main auprès d’une compagnie d’assurance russe. Auparavant ils volaient pour le compte de la compagnie privée Vladivostok Air. Celle-ci a cessé ses activités en 2013 et les biréacteurs ont été remisés. Ils seront modifiés par l’avionneur avec l’aide d’ingénieurs spatiaux, et deviendront des Tu-204LK.

Une des deux anciens Tu-204-300 de Vladivostok Air racheté.
Une des deux anciens Tu-204-300 de Vladivostok Air racheté, futur Tu-204LK.

Pour mémoire le Tupolev Tu-204 est un avion de ligne biréacteur mono-couloir conçu à la fin des années 1980 afin de concurrencer les Airbus A320 et Boeing 737-300 et -400. Ils sont souvent considérés comme une mauvaise copie de l’avion européen. Vendus principalement en ex-URSS et dans les pays placés sous l’influence de Moscou cet avion n’a pas excédé les 75 exemplaires de série construits depuis 1989. Un nombre loin de ses deux principaux concurrents américains et européens. Sa production en série doit théoriquement cesser en 2016.

Bien que porteurs d’une livrée civile les avions du centre spatial sont des machines militaires. Mais en Russie, à l’image d’une partie de la flotte d’Aeroflot, les frontières entre aviation civile et militaires sont ténues.
Avec cette modification de flotte le centre d’entraînement spatial va pouvoir rationaliser sa flotte, en effet il possède déjà deux Tu-204-300 utilisés pour des missions de transport de personnels et de liaisons, mais non apte aux vols en gravité zéro.

Photos © US Air Force & Reuters.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

4 COMMENTAIRES

  1. « Ils sont souvent considérés comme une mauvaise copie de l’avion européen. »
    Ah si on écoute les Usa, tous les avions russes et soviétiques sont de mauvaises copies d’avions occidentaux… (ils disaient la même chose des avions japonais, et puis…)
    Le Tu-204 n’est pas un mauvais avion, mais plus près des B-757 ou des premiers 737, que des
    A-320, surtout les Neo ! Les différences de masses, de réacteurs, notamment, font que les coûts d’exploitation sont sensiblement plus élevés, et donc aucune compagnie (sauf celles qui n’ont pas le choix) ne le choisissent, malgré son coût d’acquisition moins élevé, tant il est vrai que les bénéfices du transport aérien sont marginaux, et que chaque % compte.
    Je serais curieux de connaître les modifications de l’ordinateur de vol des Tu-204, faites afin de lui permettre les vols paraboliques, quelque peu en dehors de l’enveloppe de vol d’un airliner… (le même travail a dû être fait sur le A-310 zéro-G).

  2. marqué dans l article , tu 154 , les réacteurs sont plus gros et le nez est différent plus allongé.
    le coup des réacteurs placés a l arrière vient de la caravelle … donc ils ont tous copiés 😀

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