Obtenir une indemnisation pour un vol d’avion retardé, c’est possible

Obtenir une indemnisation pour un vol d’avion retardé, c’est possible

Il y a quelques semaines, j’ai pris le train de Strasbourg à Bordeaux. Résultat 1h30 de retard. Mon premier réflexe a été de chercher l’agent SNCF qui distribuait l’enveloppe « Ponctualité » (un nom bien choisi) sur les quais de ma gare d’arrivée. Tout cela pour obtenir un remboursement partiel de mon voyage. Il m’est arrivé de prendre également l’avion sur cette même destination. Or si un retard de la même ampleur sur la liaison aérienne avait eu lieu, je ne pense pas avoir eu la même attitude. D’ailleurs après des retards d’avion, je ne me souviens pas avoir vu le personnel au sol de la compagnie aérienne me distribuer un quelconque formulaire d’indemnisation. Pourtant, c’est possible de réclamer un dédommagement suite aux vols retardés et aussi annulés.

Ainsi, plus d’un million de voyageurs français pourraient en toute légitimité réclamer une indemnisation à la suite à un vol arrivé en retard ou carrément annulés. Mais, comme moi quasiment personne ne le fait, par manque de temps ou par méconnaissance de la législation. Ces compensations qui ne sont jamais réclamées profitent ainsi aux compagnies aériennes qui se gardent bien de proposer ces dédommagements automatiquement aux voyageurs lésés.

On estime (selon le site flightright.fr) que les passagers français renoncent ainsi chaque année à plus de 440 millions d’euros d’indemnisations potentielles. Une somme qui est loin d’être négligeable, tout de même.

Tout le monde est pourtant concerné. Tous, on a déjà dû attendre un avion en retard pendant quelques heures ou encore pire attendre dans l’avion sur le tarmac que celui-ci décolle. Pour ma part, je me rappelle un Paris-Londres où on a attendu 1h30 le décollage bien sanglé sur notre siège. On est parti bien après l’horaire d’arrivée prévu (sans tenir compte du décalage horaire franco-britannique). Comme moi, vous êtes nombreux à avoir vécu ce genre de désagrément. Mais seulement 7 % d’entre nous ont été indemnisés pour cela.

Bien évidemment, les conditions sont parfaitement établies pour faire valoir vos droits et obtenir une indemnisation, dans le cas d’un retard, d’une annulation ou d’un refus d’embarquement dont la compagnie est responsable (grève, panne mécanique…). Si toutefois, il s’agit de « circonstances exceptionnelles », comme une bonne tempête de neige par exemple (nos amis canadiens vont encore bien se moquer de nous) ou bien une « instabilité politique » (qui juge de cela, c’est une bonne question), la compagnie n’est pas obligée de procéder à ces dédommagements.

C’est le droit européen, depuis 2004, qui a fait obligation aux transporteurs aériens d’indemniser leurs passagers en cas de retard de plus de trois heures et de plus de 1.500 kilomètres. Le montant de l’indemnisation due pour un vol retardé est basé sur l’importance du retard et la distance du vol. Du coup, le barème va de 250 à 600 euros pour un retard de plus de 4 heures et plus de 3.500 kilomètres. Si le vol est retardé de plus de cinq heures, les passagers ont la possibilité d’annuler leurs sièges et d’être remboursés en totalité. Pour un refus d’embarquement et annulation, ce dédommagement vient en plus du remboursement du billet d’avion.

Alors, vous allez me dire comment faire pour faire valoir mes droits. La solution la plus simple et la moins administrative, reste d’utiliser un service d’aide à l’indemnisation. Ces sites font les démarches à votre place. Le principe est relativement basique et rapide : vous y entrez votre numéro de vol, la date de votre voyage et le site va aller vérifier auprès des compagnies si le vol a vraiment été annulé ou retardé.

Au bout de quelques semaines, selon les dossiers, vous recevez une indemnisation (ou pas, c’est aussi possible). Mais le site allemand Flightright met en avant un taux de réussite de 98 % sur plus de 20.000 procédures engagées. Evidemment ces sites prélèvent un pourcentage sur cette indemnisation de 18 % à 25 %. Enfin sachez que les compagnies low-cost, comme Vueling, Transavia ou Ryanair sont plus réticentes à verser ces dédommagements.

Alors maintenant quand vous serez avertis lors de votre prochain avion en retard, même si je ne vous souhaite pas ce genre de désagrément (surtout quand on part ou on rentre de vacances).

Passionné d'aéronautique et formateur en Web et PAO, il est le fondateur, en 1999, de l'encyclopédie de l'aviation militaire www.avionslegendaires.net. Administrateur et rédacteur en chef du blog, il vous fait partager ses avis et coups de coeur (ou de gueule) sur l'actualité aéronautique.