La seconde jeunesse des B-1B Lancer contre Daesh

La seconde jeunesse des B-1B Lancer contre Daesh

Beaucoup l’annonçaient encore récemment finis, dépassé par le Northrop-Grumman B-2A Spirit et trop peu polyvalent face au Boeing B-52H Stratofortress. Force est de constater que ceux-ci avaient tort. Le récent engagement américain en Irak a donné un second souffle au bombardier Rockwell B-1B Lancer, faisant de lui une arme de premier choix dans la guerre contre Daesh. On est bien loin de la pénétration de l’espace aérien soviétique à basse altitude, la mission pour laquelle il fut conçu originellement.

Une équipe de mécanos américains s'active autour d'un Lancer au Qatar.
Une équipe de mécanos américains s’active autour d’un Lancer au Qatar.

C’est depuis Al Udeid AB au Qatar que les puissants quadriréacteurs à géométrie variable opèrent désormais. Cette base les met en effet à moins d’une heure trente de vol de leurs cibles, les bases et camps d’entraînement des forces djihadistes. Même si le nombre exact de B-1B Lancer déployés là-bas reste inconnu, il est souvent fait état de six à huit avions qui opèrent en même temps depuis le territoire qatari. Des machines qui malgré les années demeurent ce qui se fait de mieux dans le monde pour la pénétration lourde à basse altitude.

Les principales armes emportées par les B-1B Lancer en opération contre Daesh sont des bombes de précision : GBU-31 et GBU-38 JDAM, ou encore GBU-39 SDB. Le recours à des missiles de croisière type AGM-154 ou AGM-158 n’a pas encore été envisagé, faute de cibles nécessitant le tir d’armes aussi onéreuses.
Il faut savoir que depuis 2010 le B-1B Lancer est apte à l’emploi du pod de ciblage AN/AAQ-33 Sniper, le même que celui utilisé par les chasseurs-bombardiers McDonnell Douglas F-15E Strike Eagle.

Il y a encore quelques mois le B-1B était jugé inapte aux opérations dans le cas des guerre asymétriques. Depuis septembre 2014 nous savons que c’est faux. Cela laisse donc de l’espoir aux A-10 Warthog… si le Congrès voulait bien suivre, bien entendu.

Photos © US Air Force.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

11 COMMENTAIRES

  1. Très bon article, qui a l’avantage de mettre en lumière que ce sont parfois les luttes politiques plus que leurs qualités, qui déterminent la carrière des avions militaires…
    A l’occasion de la perte d’un Apache néerlandais au Mali, on a pu (re)voir une comparaison entre les résultats opérationnels des Ah-64 et des A-10 (même si les utilisations sont assez différentes), le bilan est… plutôt (très) déséquilibré en faveur du A-10 !
    Ce serait même plutôt l’avion idéal contre Daesh, non ?

  2. @Mathieu,
    1er vol du Lancer: 1974, 1er vol du Blackjack: 1981…
    C’est exactement l’inverse qui s’est produit si l’un des 2 blocs a copié l’autre…Au conditionnel évidemment, pas l’habitude de Tupolev de plagier certains programmes…

  3. « Il y a encore quelques mois le B-1B était jugé inapte aux opérations dans le cas des guerre asymétriques. Depuis septembre 2014 nous savons que c’est faux »

    Euh, et l’Afghanistan vous avez oublié? Le Lancer y a été utilisé…. Et dès le début il me semble!

    • En fait le B-1B Lancer a bien été déployé à Diego Garcia dès janvier 2002 pour son emploi sur le théâtre d’opérations afghanes, mais il y a peu été utilisé. Hormis pour faire tomber le pouvoir taliban, il a très peu participé à la pourchasse des terroristes d’Al-Qaïda et de son chef spirituel Oussama Ben Laden. Les tapis de bombes sont moins efficaces que les armes guidées.
      C’est d’ailleurs suite aux failles dans ce déploiement que le DoD a choisi d’adapter le Lancer à l’utilisation du pod « Sniper » afin d’en faire autre chose qu’un très puissant camion à bombes. Et là oui il a commencé à devenir utile. Mais pas avant. D’où le fait que c’est contre Daesh qu’il a véritablement donné la pleine mesure de ses capacités de précision.

      • Le Sniper est cerifié sur le Lancer depuis 2008 certes. Mais c’est bien en Afghanistan justement que le B-1b a donné les pleines mesures de ses capacités de frappes de précisions, de surveillance et de persistance sur zone!
        Mais on est d’accord pour dire que c’est un avion formidable 😉

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