L’Armée de l’Air va t-elle acquérir des Super Hercules ?

L’Armée de l’Air va t-elle acquérir des Super Hercules ?

C’est la rumeur insistante qui dure depuis ce début de mois d’avril. Loin d’être un des célèbres poissons du 1er avril, celle-ci a été reprise par plusieurs médias français, et pas uniquement spécialisés dans l’aéronautique ou la défense. Relève t-elle du domaine du possible ? Pas impossible, voyez donc : la France se préparerait-elle à acquérir des Super Hercules auprès de Lockheed-Martin pour compenser certaines carences de l’Airbus A400M Atlas ? La question semble désormais bel et bien posée.

Ce sont donc entre dix et quinze Lockheed-Martin C-130J Super Hercules qui pourraient être prochainement commandés par le ministère de la défense. L’idée est que ces avions permettraient de combler deux vides dans la projection aéroportée française.

Primo on le sait désormais l’Airbus A400M Atlas est incapable de ravitailler en vol les hélicoptères de transport et d’assaut Airbus Helicopters EC725 Caracal en service dans l’Armée de l’Air et dans l’ALAT pour les opérations spéciales. La DGA-Essais en Vol l’a démontré récemment lors d’une série de tests et de vols simulés. En cause un effet éolien provoqué par la rotation des hélices du quadriturbopropulseur européen qui perturbe dangereusement le pilotage des hélicoptères.
Hors des essais similaires ont été menés avec succès avec un Lockheed-Martin C-130J-30 italien.

Secundo le retrait progressif des Transall va laisser un « trou » dans l’arsenal aérien français. En effet il n’existera pas d’avion de capacité intermédiaire entre les Casa CN-235 moyens tonnages et les Airbus A400M lourds. Il est des missions logistiques pour lesquelles ces derniers sont peut-être un peu surdimensionnés tandis que les Casa seront trop petits ou au rayon d’action trop courts. Sans compter les biturbopropulseurs espagnols ne sont pas ravitaillables en vol, ce que sont les Super Hercules.

Lockheed-Martin C-130J Super Hercules sur leur chaîne d'assemblage.
Lockheed-Martin C-130J Super Hercules sur leur chaîne d’assemblage.

Alors C-130J (ou J-30 rallongés) ou KC-130J de ravitaillement en vol ? La question reste entière. Toujours est-il qu’en période de réduction généralisée des budgets étatiques la France devra trouver des moyens de financer cet éventuel achat de quadriturbopropulseurs américains. Et l’une des options pourrait provenir de répercussions économiques contre l’avionneur européen. En effet la capacité de ravitaillement des hélicoptères faisait initialement partie du cahier des charges du ministère de la défense.
Surtout qu’on voit mal Lockheed-Martin faire une ristourne à un pays qui n’est pas réputé pour être un de ses clients les plus fidèles.

En cas de confirmation du contrat l’Armée de l’Air deviendrait après la Royal Air Force le second utilisateur de l’avion européen a également avoir dans ses rangs son principal concurrent américain. À coup sûr ce ne serait pas un très bon coup de pub pour Airbus Defense & Space. On en dira pas autant pour Lockheed-Martin.
Une affaire donc à suivre, notamment à moins de trois mois d’un Salon du Bourget que beaucoup annoncent comme ambitieux.

Photos © Lockheed-Martin

11 COMMENTAIRES

  1. il est mal venu d’acheter d’autre aéronef pour l’armée de l’air vu la situation économique de notre pays!!!!!! étant donné que beaucoup de base ferme pour économie, la BA 102 DE DIJON FERME DEFINITIVEMENT EN 2016!!!!

    • Ces autres aeronefs sont indispensables pour remplir le contrat opérationnel prévu dans LPM. Nous louons déjà des C5 Galaxy pour 6 mois (très probablement 1 an) cela coute bcp plus cher in fine.

      La rationalisation des infrastructures militaires ne signifient pas forcement la necessité de réduction des moyens, ici aeriens-logistiques

      Et si je puis me permettre c’est: « d’autreS aeronefS » et « Beaucoup de baseS fermeNT.

        • Peut-être y a-t-il confusion avec les Antonov 124 ?
          Le contrat de 50 millions/an qui devait se terminer avec la présence française en Afghanistan, semble avoir été redéployé sur l’Afrique ?
          Des besoins en logistique/transport, ce n’est pas cela qui va nous faire défaut dans les années à venir de toute façon… !
          Excellent article !
          Déjà que le A-400 M accuse un fort retard plus des ‘maladies de jeunesse’ (le pdg espagnol a ‘sauté’ !), encore un programme qui risque de coûter cher à Airbus… !

  2. Bonjour,
    D’où viens cette rumeur de problème d’aérodynamique responsable des difficultés de ravitaillement en vol des hélicos ? Car en réalité, le seul problème vient de la proximité du rotor avec l’arrière du fuselage de l’a400m. Et la solution est déjà à l’étude…

    • Malgré les annonces du constructeurs les essais menés par la DGA-Essais en Vol démontrent clairement l’incapacité de l’Atlas à ravitailler nos hélicoptères. Même la RAF a renoncé à faire ravitailler ses Chinook par ses Atlas, leur préférant les Hercules. C’est tout de même troublant, même quand on soutien l’avion européen.

  3. Sa ne reviendrait pas plus vite de transformer les C130H que possède actuellement l’armée de l’Air ? Et si vraiment l’A400M est incapable de ravitailler les hélicos, pour quoi en avoir acheter autant ?

  4. Il existe aussi la possibilité d’armer les C-130J avec deux racks gerfaut porteur de 4 AASM chacun, ce qui ferait 8 AASM sur un C-130J en opération (les études ont été faites et la solution a été chiffrée).
    Le concept a beaucoup de sens dans des opérations de longue durée où l’on cherche de la persistance sur zone, de l’endurance et une capacité à réagir vite.
    Et c’est plus économique qu’une heure de vol de Rafale qui peut être, à ce moment-là, orienté vers des missions plus adaptées à ses performances mais aussi de préserver le potentiel d’une ressource comptée.
    En gros : c’est le retour de la fonction bombardier, avec capacité Forces Spéciales + C2.
    Ça a du sens.
    Bien sûr le hic : réduction des commandes d’A400M. Peut-être sous les 40 unités (au lieu de 50)

  5. L’atlantique 2 de la marine nationale peut servir en quelque sorte de bombardier. Il peut emporter en soute et larguer quatre bombes à guidage laser GBU-12 Paveway II. Cette capacité a été mise en œuvre lors de l’opération Serval pour la libération du Mali pendant laquelle les atlantic 2 ont tiré plusieurs bombes à guidage laser sur des positions terroristes. La capacité de tirer en toute autonomie avec l’utilisation d’un pod de désignation laser ne sera acquise que lors de la livraison des atlantique 2 rénovés en 2017. En attendant « l’éclairage » laser nécessaire au guidage de la bombe est effectué par un autre avion, un drone ou un contrôleur aérien avancé au sol.

    • Les expérimentations conduites sur les Atlantique-2 ont montré aussi les limites de l’emploi d’une Paveway sur le bimoteur. Il y a effectivement la question du ciblage autonome impossible en absence de pod de désignation. Il y a aussi la question de la « dynamique » du tir. En raison de sa faible vitesse, l’emploi de la GBU-12 n’est pas optimal sur l’Atlantique-2. La vitesse plus basse du porteur (que celle d’un jet) diminue la portée de l’arme et avec une cinétique réduite la capacité à « ajuster » le tir sur une cible mobile est plutôt faible.
      Ces limitations sont connues, après, il faut faire avec et s’adapter. Cela dit, la capacité est intéressante sur un théâtre tel que la BSS, mais le nombre d’Atlantique allant en diminuant (15 appareils rénovés sur 28 il me semble) pose un autre problème…

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