L’EC 2/4 La Fayette rend hommage à l’Hermione et à son équipage

L’EC 2/4 La Fayette rend hommage à l’Hermione et à son équipage

Ce samedi 18 avril 2015 le trois-mâts l’Hermione, réplique exacte du navire de la seconde expédition américaine du général La Fayette, a pris la mer en direction de la côte est des États-Unis. Pour l’occasion une grande fête maritime avait été organisée autours de l’estuaire de la Charente et des villes alentoures. Parmi les hommages officiels rendus au navire et à son équipage l’un des plus appréciés fut celui de l’Armée de l’Air. Pour l’occasion trois Dassault Mirage 2000N ont en effet survolé à basse altitude la frégate et son équipage. Ils ont ainsi « accompagné » ce voyage hautement symbolique.

L'Hermione, toutes voiles dehors.
L’Hermione, toutes voiles dehors.

Les avions appartenaient bien entendu à l’Escadron de Chasse 2/4 La Fayette. Ils arrivaient directement de leur base méridionale d’Istres-le-Tubé dans les Bouches-du-Rhône. Pour des raisons évidentes de sécurité les trois Mirage 2000N ne portaient aucun armement nucléaire.
En formation ils sont passés à deux reprises à la verticale de l’Hermione, permettant aux quatre-vingt membres d’équipage mais aussi aux journalistes et officiels présents à bord d’admirer ces machines, et de prendre quelques photos souvenirs.

Pour celles et ceux qui l’ignoreraient l’Hermione a été reconstruite intégralement à l’identique entre 1997 et 2014 par une équipe de passionnés de la mer, de l’Histoire, et de la construction navale. Ils étaient tous bénévoles. Aucune technique contemporaine de construction navale n’a été utilisé dessus, uniquement celles en vigueur au XVIIIème siècle. Longue de 46 mètres et demi cette frégate possède 1500m² de voilure.
Sa construction a été réalisée à Rochefort.

Cette première traversée de l’Atlantique va conduire l’Hermione jusqu’à Yorktown, siège de la célèbre bataille où le navire original s’illustra. Ensuite il rejoindra plusieurs ports américains comme Boston ou New York. Un passage par Saint-Pierre-et-Miquelon est également prévu.

L'Hermione et le Latouche-Tréville voguant presque bord à bord.
L’Hermione et le Latouche-Tréville voguant presque bord à bord.

Les trois Mirage 2000N n’ont pas été les seuls aéronefs militaires français présents aux abords de l’Hermione. Un Westland Lynx de la Marine Nationale se trouvait à bord de la frégate Latouche-Tréville (D646) lorsque celui-ci a vogué aux côté de son « ancêtre ». Il faut savoir que cette frégate actuelle porte le nom de l’ancien commandant de l’Hermione.

La frégate Latouche-Tréville avec son Lynx embarqué. Au loin apparaît la majestueuse Hermione.
La frégate Latouche-Tréville avec son Lynx embarqué. Au loin apparaît la majestueuse Hermione.

Alors certes les illustrations de cet article n’ont qu’un lointain rapport avec l’aviation, mais après tout le départ de notre cher Hermione méritait bien cela. Et puis après tout dans le mot « aéronautique » il y a bien « nautique ». La boucle est donc bouclée. Bon vent à elle et à son équipage, et qu’ils portent haut une fois encore l’esprit de liberté du siècle des Lumières.

Photos © Marine Nationale & RAF.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

10 COMMENTAIRES

  1. Magnifiques photos !
    Bon vent & mer calme !
    Question d’un béotien : la chose blanche sous le Lynx, est-elle un drone (ou un sous-marin ?)

  2. Tout d’abord, permettez-moi de me confondre en excuses pour mon horrible faute de conjugaison dans mon précédent message… Sinon, j »aurais sans doute dû préciser « les Mirage 2000N ne volent jamais avec l’arme nucléaire réelle EN TEMPS DE PAIX… ». Je ne rentrerais pas plus dans les détails si ce n’est pour rassurer vos lecteurs: aucune arme nucléaire ne survole nos têtes (imaginez ce qui se passerait en cas de crash !). Ce qui n’obère en rien les capacités de réaction des vecteurs pilotés, mais c’est une autre facette de la question. Quant à mes sources, il s’agit de mes 25 ans au sein de l’Armée de l’Air, dont quelques unes dans les Forces Aériennes Stratégiques (FAS)… Et j’ajouterais, à titre d’exemple, le mensuel Air Fan n°432 de novembre 2014 (page 22) dans son article consacré au cinquantenaire des FAS…
    Cordialement…
    Laurent

    • Vingt-cinq ans d’Armée de l’Air, alors oui en effet vous savez forcément de quoi vous parlez. Toutes mes excuses.
      Par contre je vous rappelle que nos missiles ASMP-A (tout comme les ASMP avant eux) disposent d’un système leur permettant de sauvegarder leur charge même en cas de destruction de l’avion porteur. Ce système est tellement courant de nos jours qu’on le retrouve sur tous les missiles dits « stand-off », même ceux à charge conventionnelle. En gros vous pouvez shooter un Mirage 2000N sans pour autant causer une explosion thermonucléaire. Vous remarquerez au passage qu’on arrête pas le progrès.
      Ils le disaient pas ça dans Air Fan ?

  3. Je ne voulais pas évoquer une explosion thermonucléaire qui ne pourrait effectivement pas se produire. Mais quid d’une pollution du site par des résidus de la charge ? Il est impossible de ne pas l’envisager malgré les progrès réalisés sur les têtes depuis l’accident de Thulé en 1968. Je n’ose même pas imaginer la réaction des médias face à une telle catastrophe sur le territoire national. Quel gouvernement prendrait un tel risque ? En tout cas, je me contente juste de vous relater les faits tels qu’ils sont aujourd’hui et qui, chez les militaires, ne donnent lieu à aucune ambiguïté: interdiction absolue de décoller avec « l’Arme » (comme on dit dans les FAS)… On ne rigole pas avec çà… Quant à Air Fan, non, il n’évoque pas ce sujet dans son article qui est un panorama actuel des moyens et des missions des FAS…

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