Accord historique autour d’un programme de drone européen

Accord historique autour d’un programme de drone européen

N’ayons pas peur des mots l’accord signé ce lundi 18 mai 2015 à Bruxelles est historique, on pourrait le rapprocher de celui qui préfigura le lancement dans les années 1970 du premier avion de ligne Airbus A300 ou encore de celui qui fit naitre Eurocopter dans les années 1990. Allemands, Français, et Italiens viennent de se lancer conjointement dans le premier contrat de développement d’un drone MALE européen. Les attentes des trois pays concernent plusieurs dizaines de machines.

Trois avionneurs ont été sélectionné pour la maitrise d’œuvre du chantier : Airbus Defense & Space, Dassault Aviation, et Finmeccanica. À eux de rendre leur copie. Même si on sait aujourd’hui que le démonstrateur technologique NeuroN aura sûrement su porter ses fruits, d’ailleurs tout comme son « cousin » le Barracuda, il y a peu de chance que le futur avion sans pilote ne soit une version dérivée de l’un ou de l’autre. De l’avis de nombreux économistes son coût serait bien trop élevé.

C’est en marge du sommet européen de la défense que l’Allemande Ursula von der Leyen, l’Italienne Roberta Pinotti et le Français Jean-Yves Le Drian ont donc cosigné cet accord qui fera date dans une histoire aéronautique européenne déjà riche. Cette décision d’amener l’Europe concrètement sur le marché des avions de reconnaissance sans pilote est un signal fort envoyé aux États-Unis, mais également à la Chine et à Israël, deux grands pays producteurs de drones militaires.
Il semble également que les trois ministres de la défense aient fait des appels du pied à leurs homologues belges, britanniques, espagnols, néerlandais, et polonais. À part les Britanniques qui rechignent toujours à perdre tout ou parti de leur indépendance industrielle vis à vis des Européens, il ne semble pas que les autres nations aient catégoriquement refusé. On pourrait donc voir cet accord s’élargir dans les prochaines semaines.

Reste qu’il faut également mettre en commun les besoins en drone de reconnaissance MALE (pour Moyenne Altitude Longue Endurance) des trois pays. Il est à signaler que d’ores et déjà Français et Italiens ont en commun d’utiliser la même machine : le drone américain General Atomics MQ-9 Reaper.
Une autre interrogation apparait : le futur aéronef aura t-il une capacité de combat ? Les Italiens semblent y tenir, les Allemands nettement mois, quand aux Français ils feraient bien leur l’adage britannique du wait and see. Néanmoins cette question semble secondaire vis à vis du réel besoin d’une plateforme commune de reconnaissance et de renseignement qui serait aussi synonyme d’interopérabilité.

L’accord signé hier prévoit donc une mise en service (théorique) à l’horizon 2025. Les industriels vont donc désormais devoir plancher ensemble sur le nouvel avion. À n’en pas douter ce futur drone européen sera sur toutes les lèvres le mois prochain dans les allées du Salon du Bourget.

Photo © Reuters.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

7 COMMENTAIRES

  1. Super… en espérant que ce ne soit pas un coup d’épée dans l’eau et que le projet capote en cours de route :o(
    Et pourquoi on se doit de poser la question aux anglais ? Il ne sont pas « européens », seul les USA compte pour eux.

    • Sauf que BAe Systems a un savoir faire reconnu dans l’expérimentation des drones militaires, largement équivalent à celui d’Airbus ou de Dassault. Qu’on le veuille ou non les industriels aéronautiques britanniques sont très européens.

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