La chasse helvétique intercepte l’avion présidentiel bolivien

La chasse helvétique intercepte l’avion présidentiel bolivien

Il semble bien qu’on ait frôlé de peu l’incident diplomatique entre la Bolivie et la Suisse. Ce jeudi 11 juin 2015, le Dassault Falcon 900EX officiel du président bolivien Evo Morales a été intercepté dans l’espace aérien helvétique par deux chasseurs des Forces Aériennes Suisses. Même si les pilotes des McDonnell Douglas F/A-18 Hornet réalisaient un contrôle de routine, il semble que cela ait très peu amusé le passager de marque qui se trouvait à bord du triréacteur.

Le Falcon 900EX réalisait alors un vol de transit entre la Belgique et l’Italie dans le cadre de la visite européenne d’Evo Morales. Il survolait les Alpes suisses lorsque les deux Hornet se sont portés à sa hauteur.
En fait, les Forces Aériennes Suisses contrôlent visuellement, au moyen de leur chasse, la majorité des avions étatiques étrangers qui traversent son espace aérien afin de s’assurer que ces aéronefs sont bien ce qu’il prétendent être. Il en aurait été donc de même si l’appareil avait appartenu à un pays ami comme la France ou le Royaume-Uni.

Evo Morales a fait savoir dans la presse bolivienne qu’il n’avait été qu’à demi intéressé par ce fait. Dans la réalité, il faut savoir que son Falcon 900EX personnel a été pendant plusieurs mois, en 2013 et 2014, interdit dans les espaces aériens de la majorité des états membres de l’UE. Les autorités européennes suspectaient qu’il serve aux liaisons aériennes au profit de l’ancien espion informatique américain Edward Snowden. Evo Morales est en effet notoirement connu pour être un soutien indéfectible de l’ancien employé des services de renseignement américains. Snowden est actuellement « réfugié politique » en Russie.

Finalement, cette vieille affaire est un peu le sparadrap du capitaine Haddock pour le Falcon 900EX présidentiel bolivien. Où que l’avion aille elle le suit comme son ombre, même si aujourd’hui les risques de son utilisation pour exfiltrer Snowden semblent écartés.

Il est intéressant de voir que si la majorité de la presse bolivienne a largement couvert ce fait divers, tous les médias locaux se sont confortablement plantés sur la nature même des chasseurs suisses qu’ils ont identifié comme des General Dynamics F-16 Fighting Falcon. Nos voisins apprécieront.

Photo © Key Publishing.

7 COMMENTAIRES

  1. Après on va s’étonner s’ils deviennent paranoïaques ?
    Cela peut être interprété comme un hommage, ou une provocation… tout est question de diplomatie.
    Gageons que la diplomatie suisse va savoir ‘rattraper’ le coup ?

  2. Honnêtement c’est un scandale. Si demain COTAM unité était dérouté comme cela avait été le cas de Morales les années précédentes, tout le monde serait offusqué .

    • Ce qui s’était passé il y a quelques années était en effet scandaleux (et illégal) et ridicule : Snowden n’étant pas à bord (évidemment…)
      Avant-hier cela n’avait rien de scandaleux, c’était fâcheux que cela tombe sur l’avion bolivien, mais à chaque fois (ou presque) qu’un avion présidentiel (ou royal) vient à Paris, ou passe en Europe, la chasse locale l’escorte un moment.
      Après il y a la façon de faire : cela varie entre le respect et l’agressivité…

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