Clap de fin pour l’aventure du Transall à Saint-Denis de la Réunion

Clap de fin pour l’aventure du Transall à Saint-Denis de la Réunion

C’est un évènement majeur dans le petit monde de l’aéronautique réunionnaise. En ce mois de juillet 2015 le Détachement Air 181 de Saint-Denis a dit adieu à son plus célèbre avion de transport, le Transall. Trop vieux, trop usé, et peut être aussi jugé un peu dépassé pour les besoins ultramarins de l’Armée de l’Air dans l’océan indien le vieux biturbopropulseur franco-allemand a été remplacé par des Casa CN-235 plus petits mais aussi plus économiques.

En cette époque de serrages de ceinture l’avion espagnol semblent bien plus adapté aux besoins de la république française dans cette partie du monde que les gros C.160R Transall qui équipaient jusque là l’Escadron de Transport 50. Ces avions vont surtout remplir des missions de souveraineté notamment au profit des TAAF, les Terres Australes et Antarctiques Françaises, des petits bouts de France disséminés entre l’océan indien et le grand continent blanc. Sur certaines de ces îles très isolées le Transall fut pendant longtemps le seul espoir de retour vers la civilisation pour les militaires et scientifiques en missions là-bas. Le fameux posé d’assaut y était monnaie courante , notamment sur la Grande Glorieuse, pourtant distante de plus de deux mille kilomètres de la Réunion. Dans cette région du globe les distances donnent vite le tournis.

Alors même si le CN-235 a largement démontré ses capacités dans ce domaine, entre autre dans les missions actuelles autour de la bande sahélo-saharienne, il n’en demeure pas moins que pour beaucoup il est trop léger pour de telles missions. L’avenir dira s’ils avaient torts ou raisons.
Les Casa CN-235 de l’ET-50 vont aussi devenir familiers de Madagascar et des Comores, deux états souverains vers lesquels volaient souvent les Transall.

Un CN-235 de l'Armée de l'Air s'arrache du tarmac du DA-181.
Un CN-235 de l’Armée de l’Air s’arrache du tarmac du DA-181.

Et puis comme toujours avec les avions de transport militaires français les Casa CN-235 de l’ET-50 vont devoir parfois se muer en saint-bernard des mers, au moyen d’une chaîne SAR. Une mission qui ne sera pas sans rappeler celle de leurs « cousins » américains les HC-144A Ocean Sentry.

Ainsi va l’Armée de l’Air, un avion légendaire s’en va poussé vers la sortie par un avion en attente d’entrer lui aussi dans cette légende des airs. Gageons que sur le DA-181 de Saint-Denis les avions espagnols sauront bien vite se faire leur trou. Pas sûr cependant que les Réunionnais n’oublient avant longtemps le ronronnement si particulier des turbopropulseurs Rolls-Royce Tyne du Transall.

Ciao l’artiste !

Photos © Armée de l’Air.

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