L’aviation militaire grecque sera t-elle impactée par le plan Tsipras ?

L’aviation militaire grecque sera t-elle impactée par le plan Tsipras ?

Dans le feuilleton politico-financier qui oppose depuis plusieurs semaines le gouvernement grec à l’Eurogroupe on a longtemps cru que les forces de défense d’Athènes seraient épargnées. On sait désormais qu’elles seront elles-aussi impactées par les drastiques réductions budgétaires. C’est ainsi qu’entre cette année et l’année prochaine plus de 300 millions d’euros de budget seront économisés sur les questions de défense en Grèce, notamment dans l’aviation. Ces économies pourraient selon la presse grecque entrainer également le retrait anticipé d’une partie des plus anciens des aéronefs militaires de ce pays.

C’est ainsi que la Polemikì Aeroporia pourrait bien voir rapidement disparaitre de ses registres ses trente-trois derniers McDonnell Douglas F-4E et ses douze RF-4E Phantom II. Si les chasseurs furent modernisés en 2000, les avions de reconnaissance sont eux dans leur jus depuis leur livraison à la fin des années 1980.
Ces avions ont tous été acquis de seconde main auprès de l’Allemagne et des États-Unis, et payé avec des fonds appartenant à l’OTAN.

D’autres avions pourraient avoir à payer le prix des réductions voulues par le premier ministre Tsipras pour maintenir son pays dans la zone euro. On parle ainsi des cinq plus anciens jets d’entraînement du pays des Rockwell T-2C Buckeye. Les T-2E resteraient eux encore en service.
De même une partie des neuf Agusta-Bell AB-205A (voir photo ci-dessus) acquis de seconde main dans les années 1990 auprès de l’Italie et utilisés pour des liaisons et du transport léger pourraient faire les frais eux aussi de ces décisions.

L’Aeroporia Stratou ne semble elle-aussi pas épargnée par les décisions gouvernementales. Le seul et unique Agusta-Bell AB-212 utilisé pour des missions de transport de hautes personnalités risque fort bien d’être rapidement revendu. De leurs côtés les quatorze monomoteurs légers Cessna U-17A en service depuis les années 1980 et fournis eux-aussi au titre de l’OTAN risquent bien de voir leur retrait accélérer. Initialement ils devaient quitter le service actif fin 2016, ils pourraient bien le faire cette année. Sans trouver de remplaçant, c’est évident.

Quand à la Polemiko Navtiko, elle ne devrait pas être impactée.
Par contre la Limeniko Soma-Elliniki Aktofylaki aura elle aussi à se serrer la ceinture. Ses deux plus anciens avions, des monomoteurs Cessna 172RG devront prématurément quitter le service actif dès cet été. Ils ne seront pas remplacés.

Ces réductions devraient permettre à terme de ramener les forces armées grecques à un niveau plus conforme avec ses besoins réels, mais aussi ses capacités économiques. Dans cette bataille il faut souligner que l’OTAN a toujours jouer un jeu trouble, plaçant la Grèce comme un de ses principaux défenseur dans sa partie sud.

Photo © OTAN.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

3 COMMENTAIRES

  1. Des T-2 encore en service! Mais ils sont vraiment vieux!
    Il n’ont aucune besoin des Phamtons. Leurs modernes et très polyvalents Mirage 2000-5Mk2 et F-16Block 52+ suffisent largement à faire l’affaire. J’espère cependant que le budget pour les maintenir en vol sera respecté.

  2. Si on commençait à faire le tour de toutes les forces aériennes de l’OTAN, je suis prêt à parier un un petit deux (dollar canadien comme nous disons au pays) que d’autres forces aériennes ont également de vieux coucous encore en service…

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