La Géorgie place son aviation de combat en état d’alerte

La Géorgie place son aviation de combat en état d’alerte

Il y a actuellement comme un arrière-goût de Crimée bis en Géorgie. Ce mardi 11 août 2015 une partie de l’aviation militaire géorgienne a été placée en état d’alerte par le gouvernement central. Le motif ? Une suspicion d’annexion d’une partie du territoire par la Russie. Même si la perte supposée de superficie n’est pas flagrante, elle a cependant nécessité cette alerte aérienne.

De ce fait les avions de combat Sukhoi Su-25, les seuls en dotation dans le pays , ont été armés et mis en position pour pouvoir prendre les airs à la moindre alerte. Et oui la Géorgie ne possède aucun chasseur digne de ce nom, uniquement dix monoplaces d’attaque au sol et un ou deux biplaces de transformation, dotés principalement de lance-roquettes, de bombes lisses, et de missiles air-air à court portée AA-8 Aphid.
Par ailleurs elle dispose bien d’une petite dizaine d’hélicoptères de combat Mil Mi-24, mais ceux ci ne semblent pas exactement tous en état de vol.

L’état réel de l’arsenal aérien géorgien laisse perplexe. Si Tbilissi avance des accords de coopération, notamment avec Israël, sa flotte aérienne semble dans un piteux état.
On sait par ailleurs que le pays à chercher depuis plusieurs années à acquérir des chasseurs General Dynamics F-16 de seconde main, sans succès cependant.

L'état général de la "chasse" géorgienne laisse perplexe. Seul un ou deux avions semblent réellement en état de vol.
L’état général de la « chasse » géorgienne laisse perplexe. Seul un ou deux avions semblent réellement en état de vol.
Les raisons exactes de ce nouvel écueil russo-géorgien sont à chercher du côté de la construction d’un pipeline destiné à alimenter en pétrole une partie de l’Europe. Moscou cherche en fait à « sécuriser » le chantier en conservant une grande partie dans sa zone d’influence. Pour cela, selon Tbilissi, des forces russes auraient discrètement redessiné les « frontières » entre la Géorgie et l’Ossétie du sud, une pseudo-république pro-russe non reconnue par la communauté internationale, en réalité une partie du nord du territoire géorgien qui s’est autoproclamé avec l’aide militaire de Moscou à l’été 2008.

Ce sont donc quelques centaines de kilomètres carrés qui ont été grappillés par les forces russes contre la Géorgie, sans bien entendu son aval.

Les réactions internationales sont pour l’instant unanimes : de l’ONU à l’Union Européenne, en passant bien sûr par l’OTAN la communauté internationale demande à Moscou de respecter le droit internationale et de cesser son ingérence militaire dans le dossier ossète.
Il est à signaler que la Russie possède deux bases militaires dans cette région occupée, dont l’une dotée de chasseurs MiG-29 Fulcrum. Elle est installée dans une ancienne base datant de l’occupation soviétique.

Photos © US Department of Defense.

 

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9 COMMENTAIRES

  1. Une suspicion d’annexion ? Tsss, vu le contexte géopolitique actuel, je crois que la Russie a d’autre chat a fouetter ! Et quand est ce qu’on parle des suspicions d’annexion de l’Irak, de l’Afghanistan, du monde, par les américains ? Se sont eux qui ont des bases militaires partout dans le monde et qui place des pantins pour remplacer les régimes qui ne leur plaisent pas et qu’ils renversent…

    • Visiblement vous ne vous souvenez pas de la récente annexion russe de la Crimée. Poutine ne s’embarrasse généralement pas du droit international quand ses intérêts personnels sont en jeu.

        • Arakiss, soyez assez sympa pour éviter le terme « ricains ». Personne ici n’emploie celui de « russkof » pour les parler des Russes, soyez donc respectueux envers nos amis américains.

  2. Autant je ne suis pas partisan de Poutine, mais pour le dossier ossète (peut-être abkhaze également je le connais mal celui-là) il s’agit d’une conséquence directe de la guerre de 2008 provoqué par la Géorgie, qui a ouvert les hostilités contre les Ossètes. Il est donc à mes yeux légitime que les Ossètes préfèrent soutenir la Russie plutôt que Tbilissi. À vouloir jeter des pierres sur l’ours, ce dernier finit par griffer.

    • Sauf que l’Ossétie n’est nullement un état, c’est un morceau d’une région géorgienne. C’est comme si demain la Belgique voulait récupérer la Flandre française (en gros tout ce qui est autour de Lille) je ne suis pas sûr que la France apprécierait beaucoup. C’est rigoureusement pareil.

      • La différence entre l’Ossétie et la Flandre française est que l’Ossétie du Sud est autonome depuis 1922 avec pour seule interruption la période 1990-1992. Deux référendums se sont prononcés pour l’indépendance depuis la chute de l’URSS (après dans des pays aussi corrompus, ça vaut ce que ça vaut on est d’accord). L’erreur qu’a fait la Géorgie en 2008 est d’attaquer l’Ossétie du Sud au lieu de lui rendre son autonomie au sein de l’état géorgien, plongeant l’opinion publique de la zone contre Tbilissi. L’Ossétie du Sud est de facto indépendante depuis 1992, mais même s’il n’est pas reconnu, il s’agit tout de même d’un état de facto, avec une armée (même si pour la plupart le mot milice serait plus approprié), un gouvernement, des pouvoirs exécutifs et législatifs. Pour faire le parallèle avec votre exemple, il faudrait que la Flandre française soit de facto indépendante depuis plus de 20 ans, qu’elle ait les caractéristiques d’un état et que la France n’ait aucun contrôle dessus.

  3. Thalassin, vous avez tout dit. Je ne pourrais faire mieux. Je rajouterais cependant, que la phrase « l’ONU… demande à la Russie de cesser son ingérence en Ossetie » me semble inexacte. Si je me souviens le Conseil de Sécurité avait demander début 90 à la Russie d’envoyer des casques bleus sur la ligne de démarcation entre l’Ossetie et la Géorgie ». Dont deux Soldats ont trouvé la mort lors de l’attaque (délibérée) dont ils ont fait l’objet par l’armée Géorgienne lorsque cette dernière a tenté de façon bien malheureuse de reprendre le contrôle du territoire indépendantiste d’ossétie. Alors’qu’à l’époque il n’était pas question pour la Russie de reconnaître ce petit territoire. Mais qui trop embrasse mal étreint.

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