L’A400M Atlas s’impose peu à peu comme le camion volant de l’Armée...

L’A400M Atlas s’impose peu à peu comme le camion volant de l’Armée de l’Air

Même si beaucoup se doutaient fortement de ses capacités réelles, l’Airbus Defense & Space A400M Atlas ne cesse pas de surprendre. Derniers exemples en date avec deux missions que des avions de l’Armée de l’Air viennent de réaliser permettant l’acheminement de charges très lourdes dont des véhicules de l’Armée de Terre. Certes on est bien loin des opérations de guerre menées par les chasseurs omnirôles Dassault Rafale au-dessus de l’Irak et de la Syrie mais ces deux vols d’aspects plutôt anodins permettent pourtant de totalement démontrer les qualités intrinsèques du quadriturbopropulseur européen.

Les 18 et 19 octobre derniers l’A400M de l’Armée de l’Air immatriculé F-RBAD a réalisé une mission entre la métropole et les Antilles, permettant le transport de plusieurs tonnes de matériel à destination de la Martinique. Cette mission avait aussi un double objectif : en premier confirmer les capacités simultanées d’accueil de deux avions de ce type sur la partie étatique de la Martinique, jadis connu comme Base Aérienne 365 du Lamentin. En second il s’agissait de vérifier et de valider la capacité de transport d’un camion tactique GBC 180 de l’Armée de Terre.
Dans les deux cas cela n’a été qu’une pure formalité administrative.

Le GBC-180 entrant à bord de l'Atlas.
Le GBC-180 entrant à bord de l’Atlas.
Autre mission assez similaire celle réalisée ce 21 octobre 2015 par l’Airbus A400M immatriculé F-RBAB et appartenant lui aussi à notre Armée de l’Air. Lors d’une liaison aérienne entre Niamey au Niger et N’Djamena au Tchad l’avion a livré là aussi plusieurs tonnes de fret dont rien moins que deux VAB de l’Armée de Terre. Ce vol s’est bien entendu déroulée dans le cadre de l’opération Barkhane visant à la traque des groupes armés djihadistes présents dans la bande sahélo-saharienne.
Là encore l’équipage de l’Armée de l’Air a rempli sa mission sans aucun souci.

Pour une meilleure compréhension, notamment de la part de nos lecteurs non-rompus avec les matériels terrestres utilisés par les militaires français, il est nécessaire d’éclaircir sur ce que sont le GBC-180 et le VAB :

  1.  Le GBC-180 est un camion tactique six roues motrices type tout-terrains conçu et construit par Renault dans le courant des années 1990. Plusieurs centaines d’exemplaires sont encore en service dans à peu près tous les régiments français. Ce type de véhicule est employé aussi bien pour le transport de troupes, que pour le transport de fret, ou encore le soutien logistique lors de manœuvres.
    Ce camion est souvent présenté comme increvable.
  2. Un adjectif qui sied bien aussi au VAB, pour Véhicule de l’Avant Blindé. Ce blindé de transport est en service à plus de 3000 exemplaires dans l’Armée de Terre où il fait à peu près tout : transport de troupes, transport sanitaire, reconnaissance NRBC, poste de commandement, communications et transmissions, soutien au génie, lutte antichar, soutien d’artillerie.

Un VAB vu de dos à bord de l'A400M.
Un VAB vu de dos à bord de l’A400M.
Ainsi on comprends mieux en quoi l’A400M et ces deux types de véhicules vont être liés dans les années à venir. Il faut se souvenir qu’avant l’arrivée de l’Atlas les seuls avions qui pouvaient transporter deux VAB en ordre de marche sur un théâtre d’opérations étaient généralement loués à des sociétés privées russes ou ukrainiennes. Avec cet avion notre défense gagne donc en indépendance vis à vis de ces pays.

Photo © Armée de l’Air.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

7 COMMENTAIRES

  1. L’A400 M n’est pourtant pas encore une réussite, loin de là. Il ne peut pas ravitailler d’hélicoptères, il ne peut pas parachuter des troupes, il coute horriblement cher et son rythme de production est incroyablement lent. On en vient à acheter d’occaz’ des C-130 pour nos forces spéciales. Pour l’instant, l’A400 M ressemble plus au F35 qu’au Rafale. Il y a d’ailleurs eu une sortie mythique d’un responsable de la DGA demandant aux responsables d’Airbus Military d’aller voir comment travaille Dassault à Mérignac. Sympa l’ambiance 😉

  2. @mathias : contrairement à ce que vous dites , il peut larguer des parachutes mais seulement ( pour l’instant) par l’arrière . Apres , au vue du cahier des charges auquel Airbus à dû faire face ( tout les pays adhérent ont chacun fait une demande spécifique ) on ne peut pas lui demander d’être au top dés sa sortie de fabrication . L’A400 M n’est qu’un prémisse des futurs projet de Airbus , mais il faut être patient , la logistique de fabrication est longue est compliquer , car beaucoup de pays interviennent dans la fabrication , et pour mutualiser les techniques cela prend du temps ! N’oublions pas que pour une entreprise jeune comme Airbus , elle a besoin de temps et de patience pour devenir performante .

    • Certes, mais c’est quand même très handicapant. Quant au manque de temps, certaines capacités risquent de ne jamais être maitrisées. Notamment le ravitaillement d’hélicoptères.

  3. Concernant l’impossibilité de ravitailler des hélicos est-ce que c’est déjà définitif? Je sais que la France compte acquérir des C-130J bientôt, mais Airbus n’a pas prévu de régler ce problème dans le futur?

  4. Le problème viendrait en fait de …la qualité de cet appareil, à savoir des turbopropulseurs très (trop?) puissants, qui créent une turbulence énorme à l’arrière de chacun d’entre eux et qui déstabiise dangereusement les voilures tournantes. Je ne vois pas comment ce problème peut être résolu.

  5. @dom, j’aurais dû attendre votre post 🙂
    Faudrait sortir de la nappe en envergure donc peut-être un bras pour déporter vers l’extérieur le tuyau et le panier. C’est vrai que ça ferait des complications sur cet avion qui est déjà suffisamment sophistiqué

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