Quand l’aviation stratégique russe joue dangereusement avec l’US Navy

Quand l’aviation stratégique russe joue dangereusement avec l’US Navy

Y-aurait-il comme un parfum de retour à la guerre froide dans le Pacifique ? C’est en tous cas ce qu’on pourrait aisément se demander aux vues du dernier écueil dans les houleuses relations entre les forces aériennes russes et navales américaines. Deux bombardiers de reconnaissance de l’aviation russe ont été interceptés par la chasse embarquée à bord du porte-avions américain USS Ronald Reagan alors même qu’ils s’approchaient dangereusement des bâtiments de l’US Navy. Les avions russes en question sont des Tupolev Tu-142 Bear.

Extrapolé du célèbre bombardier Tu-95, le Tu-142 est tout à la fois une version de reconnaissance, de bombardement stratégique, et même de lutte anti-sous-marine. Trois raisons qui donnent pleinement raisons aux amiraux américains dans leur volonté de ne pas vouloir voir ces avions s’approcher de trop près du groupe naval articulé autour de l’USS Ronald Reagan. Car malgré leur rusticité les quadriturbopropulseurs russes ne sont nullement obsolètes et représentent toujours un danger bien réel pour les marines des forces de l’OTAN.

Il faut savoir que le groupe naval américain était présent en mer du Japon à ce moment là pour un exercice régional avec ses homologues japonaises et sud-coréennes. Toute la zone était d’ailleurs confirmée comme interdite de survol par quelque aéronef que ce soit, civil ou militaire. Les pilotes russes n’étaient certainement pas au courant.

En fait quand ils ont été accroché au radar par une frégate américaine les deux avions russes volaient transpondeur éteint, à basse altitude, en ordre serré, et en direction du porte-avions américain. Immédiatement son pacha a fait prendre les airs à quatre Boeing F/A-18E & F Super Hornet qui se trouvaient sur le pont d’envol.

Boeing F/A-18F au décollage du pont de l'USS Ronald Reagan.
Boeing F/A-18F au décollage du pont de l’USS Ronald Reagan.
Rapidement les chasseurs embarqués américains ont rejoint les deux intrus. Néanmoins ceux-ci étaient désormais visibles depuis les navires américains, et donc identifiables. Selon l’état-major américain les deux Bear russes se trouvaient à environ un mille nautique de l’arrière de l’USS Ronald Reagan lorsqu’ils ont été intercepté par les Super Hornet. Ils n’ont pas cherché à s’opposer aux puissants avions de combat embarqués et ont docilement changé de cap. Les pilotes américains ont alors « raccompagner » leurs collègues russes vers des cieux plus cléments pour eux. Évidemment l’incident a été âprement discuté par les services diplomatiques des deux pays concernés.

Ce nouvel incident est démonstratif de la volonté russe de ne laisser aucun répit aux forces de l’OTAN dans leurs différents exercices. Mais surtout désormais le pouvoir moscovite n’hésite plus à envoyer deux avions en même temps, en ordre serré, au plus près d’un exercice aéronaval. La question que je me pose c’est de savoir si le jeu en vaut-il la chandelle pour la Russie ?

Photos © US Navy.

25 COMMENTAIRES

  1. Interception des 2 bear 1 mile avant l’uss; n’était ce pas trop tard ?
    La réaction du porte avion semble très tardive. Erreur de frappe ? ou lenteur de l’uss ? fallait il lire 1000 mile ?

  2. Apparemment oui, puisque la chasse étasunienne n’a vraiment pas été efficace sur ce coup là !
    C’est étonnant d’ailleurs, il y a toujours un Hawkeye en l’air pour détecter les avions à basse altitude bien avant les frégates, et éviter cela d’habitude ?
    Ayant été aussi mauvais, il est à craindre que cela soit perçu par les Russes comme une invitation à recommencer, puisque c’est si facile d’arriver au contact ?
    Dans les années 60 (même avant 67), c’était le jeu favori des Vautours français que de survoler (de jour comme de nuit), les PA us en Méditerranée ou en Atlantique, souvent avec réussite, ce que l’Us Navy appréciait… avec modération 😉 !
    Et mettait toujours un point d’honneur à « raccompagner » les avions français par ses jets supersoniques, mais parfois au-dessus de la France…
    On ne parlait pourtant pas de « houleuses relations ».

    • En même temps la France n’a jamais eu la volonté affichée d’atomiser les grandes villes américaines, ce qui n’était alors pas le cas de l’URSS. Alors OK la Russie n’a aujourd’hui plus les moyens (militaires et financiers) d’attaquer notre allié américain, n’empêche qu’elle continue son petit jeu malsain envers les forces de l’OTAN et dangereux envers les pays qui ne fonctionnent pas comme elle mais ne bénéficie pas de l’aide américaine ou européenne.

      • Mon cher Arnaud, je trouve vos procès d’intention envers le Russie « la Russie n’a plus les moyens d’attaquer notre allié américain » un peu abusif. La Russie, par l’entremise de son président, n’a qu’une intention restaurer la place de ce grand pays dans le concert des nations. Vous devriez lire le livre d’Héléne Carrère d’Encausse, SIX ANNEES QUI ONT CHANGE LE MONDE, la chute de l’empire soviétique pour avoir un éclairage sur l’état d’esprit de la Russie d’aujourd’hui.
        Fin de la parenthèse, en ce qui concerne le sujet de l’article, encore une fois très bon, je trouve que laisser approcher d’aussi près des bombardiers, qu’ils soient russe ou autre, est quand même inquiétant pour les forces US, un excès de confiance qui peut être fatal……Zone sans risque ou pas, la permanence de la protection de la flotte doit être sans faille……sinon attention au réveil brutal…
        Cordialement, Sylvain.

        • L’exercice se tenant en eaux internationales, si les Bears volaient en ligne droite à basse altitude direction, par exemple… le porte-avions, dans l’absolu aucune injonction n’aurait légalement pu leur faire changer de plan de vol. Le concept de protection sans faille trouve là ses limites en temps de paix et hors des eaux territoriales. Car enfin, hormis montrer les dents (et les missiles) en se rapprochant et en battant des ailes, ce qui est déjà assez agressif, si les Tupolev jouent au sourds-aveugles et continuent direction le porte-avions, il n’y a rien que la CAP en patrouille puisse faire d’autre pour les « forcer » à se détourner de la flotte, puisque les deux puissances ne sont pas en guerre et que ces eaux n’appartiennent à personne. Oui c’est vecteur de tensions, mais on ne peut foncièrement rien y faire.

          Certes ils auraient pu être escortés plus tôt car ils avaient été détectés bien avant par les Sud-Coréens (donc prévenu le porte-avions, ou détectés par les propres moyens de la flotte US) et ce survol peut laisser perplexe, mais comme je le précisais dans un autre commentaire il y a eu des dizaines de survols similaires dans des temps bien plus troublés durant la guerre froide, or les enjeux stratégiques et les tensions étaient éminemment plus grands à l’époque, donc rien de méchant en somme dans le cas présent (car un « bombardier » n’est de toute façon dangereux contre un porte-avions qu’à longue distance avec des missiles air-mer), et on tient là selon moi de la part des américains soit un coup de com’ pour dénoncer l’attitude provocatrice des Russes, soit une volonté de la jouer simplement très cool sans provoquer d’incident diplomatique. Voire même les deux en un.

          Il y a un an un Orion iranien survolait quasiment un de leurs porte-avions, là c’est du même acabit.
          http://theaviationist.com/2014/02/01/photo-iriaf-p3f-orion/

  3. Ils sont gentils ces Russes, se dévouer corps et âme pour offrir un exercice en conditions réelles aux Américains.

    Sinon le fait que l’interception ait été aussi tardive fait peur pour l’état des groupes aéronavals étasuniens, déjà que face aux sous-marins (notamment français) les exercices ont pas été glorieux…

  4. C’est la preuve qu’aujourd’hui un port avion est une sible facile, dans une guerre entre 2 armées modernes leur efficacité a grandement baissé par rapport à la deuxième guerre mondiale où ils ont été décisifs.

    • Sauf qu’un porte-avions ne vogue jamais seul, et encore moins en temps de guerre. Il est protégé en permanence par une flottille de navires de surface et de profondeur. Et en effet comme cela a été souligné dans un commentaire, des Hawkeye et des chasseurs sont généralement en l’air en quasi permanence. Là ce n’était pas le cas car il s’agissait uniquement d’une série d’exercice dans une zone bien délimitée, hors de toute menace potentielle.

  5. Mouais, effectivement 1 mile c’est très peu, ceci dit que faut-il préférer quand on pense stratégie et renseignement ? Les exercices d’ampleur sont toujours sujet à curiosité (voire à réaction) de la part des voisins non invités, ce n’est pas nouveau, et c’est un moyen de rappeler un peu à « l’adversaire » (notez les guillemets) qu’on existe et que sa présence ne laisse pas indifférent. La mer du Nord est le théâtre habituel de ces confrontations, là c’est dans le Pacifique.

    Il est illusoire de penser que les appareils russes n’auraient pas pu être détectés à plusieurs dizaines de miles par la flotte US, rappelons-le un Bear a une SER équivalente à un B52 ou un 747, et aussi bas vole-t-il ça ne passe pas inaperçu, et de surcroit un porte-avions US -particulièrement en exercice- a toujours un Hawkeye en l’air pour étendre sa couverture radar et une CAP (Combat Air Patrol) pour pallier les intrusions. Non, ils avaient été détectés et suivis par des appareils Sud-Coréens plus tôt a déclaré la Maison Blanche, donc le groupe aéronaval était en toute vraisemblance prévenu de l’arrivée des deux avions.

    Sachant cela, que fallait-il faire ? Poursuivre l’exercice en maintenant allumés les radars et autres systèmes actifs qui pourraient détecter les Tupolev mais également leur donner des informations électroniques précieuses (car les Bears sont avant tout faits pour ça) ? Ou la jouer cool en éteignant tout pour ne pas dévoiler ses capacités / tactiques / émissions aux intrus ?

    C’est cousu de fil blanc pour ma part, c’est une tactique bien rodée. Nous ne sommes pas en temps de guerre, donc les Bears ne représentaient aucune menace. Des survols de porte-avion et autres navires, il y en a eu des dizaines durant la guerre froide et le protocole était le même : une fois que l’on est au courant de sa présence on coupe tout, on laisse l’intrus renifleur s’approcher en vain, et on le reconduit gentiment hors de la zone critique par la CAP.
    D’ailleurs est-il nécessaire de rappeler que MÊME entre alliés on ne dévoile pas le plein potentiel de ses matériels ?

    Et pour une lecture plus politique / communication de la chose, dans la situation actuelle, les USA auraient eu tort de ne pas laisser approcher les Bears, car ç’aurait été dommage de se priver de cette incursion russe à un misérable nautique du porte-avion vu le communiqué qui allait suivre. Car c’est le jeu habituel des rapports de force internationaux depuis toujours, chacun communique pour affirmer que c’est l’autre le méchant. Bref même s’il fait beaucoup causer, ça reste un incident sans conséquence :).

  6. Il faudrait aussi se remettre dans le bain géopolitique de la région. Le Japon la Corée et les Etats-Unis ne se sont pas dit hier matin:  » tient si on se faisait un petit exercice naval histoire de se décrasser les bièles ».

    La Chine et le Japon sont en conflit à propos des îles senkaku/diaoyu
    .

    Le Japon sensé être propriétaire des ces îles (très discutable) se remilitarise. Il a même dernièrement modifié sa constitution lui permettant maintenant d intervenir directement dans un conflit si l un de ses partenaires venait à être attaqué. On peut voir aussi la politique se nationaliser voire se fasciser.
    La Chine elle, est tres vulnérable de part ses importations. J ai entendu une fois un général français dire qu il suffisait de bloqué le détroit de malaka avec quelques bâtiments pour la mettre à genoux. La moitier de ses importations y passe( hydrocarbures, ciment entre autre). Les îles senkaku/diaoyu , outre le fait qu’elles contiennent du pétrole et beaucoup de poissons, sont pour la Chine un moyen de protéger leurs importations.

    Le president Obama qui a décidé il y quelque temps de recentrer la politique états-unienne dans le pacifique se trouve le cul entre deux chaises. D un côté un allié de cinquante ans de l autre sont plus gros fournisseur et gageur ne l oublions pas. Lorsque les États Unis décident de faire des exercices militaire en mer du Japon avec le Japon et la Corée il prend un partie plus qu’un autre.
    La Chine se sent isolé, et la Russie rentrera dans n importe quelle brèche que la géopolitique occidentale laissera ouverte, Poutine veut que la Russie retrouve sa place sur le jeu internnationnale.

    Maintenant qui sont les plus dangereux: ceux qui s amusent à faire un exercice militaire en mer du Japon ou ceux qui viennent leur montrer les limites de ce petit jeu.

    • Bonjour,
      commentaire intéressant.
      Pour le détroit de la malaka, s’il est fermé un jour ca représente une perte de 7 jours pour le pib chinois.
      Les US ne sont pas partagés entre le japon et la chine.
      Ils ont toujours choisi le Japon, l’ouverture du marché américain à la chine n’était là que pour arraché la chine à l’urss. La chine était à l’est ce que la france était à l’ouest, le méchant petit canard qui remet en cause le chef du bloque. (la commande de mistral russe devait aussi servir à éloigner la France des US).
      Enfin le japon n’a pas de désir militariste, les japonais ne veulent pas de la modification de la constitution car ils ont bien compris que si guerre il y a, ce ne serai pas leur guerre mais celle de l’Amérique. Les japonais ne veulent pas être entrainé dans une guerre type irak. le gouvernement japonais saute sur l’occasion pour réarmer face à la Chine. Tout les pays péninsulaires d’Asie ont des problèmes de souveraineté avec la Chine (même le vietnam).

  7. Bonjour,
    Pardon, de vous l annoncer mais la constitution japonaise a été changé, l année dernière et pour le réarmement, elle a fini le izumo, son sixième portes hélicoptères, qui peut embarquer des V22 ( je sais ça fait rire) et qui pourrait embarqué des F35B si ils en achetaient ( arrêtez de rire, soyez sérieux on parle de défence 🙂 .). Et en construit un nouveaux de même classe. Elle a fait aussi l acquisition de 42 F35A ( je sais parler de militarisation avec des f35 tient de l oxymore).

    Certe il y bien des japonnais pacifistes qui aimeraient que la guerre froide se termine dans cette région. Mais la démocratie a parlé et shinzo abe a été élu. Shinzo abe a été élu sur un programme nationaliste et de remilitarisation, il l a fait ( ca fait toujours
    bizarre par chez nous de voir des politiques faire ce qu ils disent. ) Pour rappel shinzo abe est le petit fils d un criminel de guerre dont il est très fière, et il ne voit pas le probleme vu qu il est négationniste.

    Sinon la Chine s arme traquillement de son côté, petit porte avion pour s entraîner nouveau avions sous licence ou de production locale. Lors de leur dernière parade militaire 80% du matériel était montré pour la première fois dont un missile balistique  » tueur de porte avions  » (DF-21 D) qui peut atteindre, je vous le met dans le mille: le détroit de malaka. La Chine possède aussi par la même occassion 4 000 milliard de dollars dans ses coffres vous direz: » c est que du papier  » mais quand on commence à ne plus avoir confiance au papier de drôles de choses se passent.

    Tout ça pour dire que la Chine n est pas le bouffon de l Amérique ( et de Gaule non plus par ailleurs envers les soviétiques ). Obama et Clinton plus tard sont et seront le cul entre deux chaises.
    Sinon j oubliais la Russie est en conflit terrictoriale avec le Japon au sujet des Kouriles. Donc encore une raison de ne pas apprécier cet exercice militaire.

    • Essayez de ne pas oublier Hugo qu’ici c’est un site aéronautique, et non une tribune pour exposer vos théories et votre anti-américanisme assez primaire.
      Pour le bien de tous, ne sortons pas des limites.
      😉

  8. Je pense que les américains avait déjà ces avions en ligne de mire, et surtout que les portes avions sont équipés de missile et de phalanx. Et souvenez vous durant l’épisode de la mer noir quand un mig a survolé des navires américains et Canadiens ce n’est pas difficile pour un navire de cibler ces avions avec leur radar de poursuite pour indiquer fait attention si tu continus tu signe ton arrêt de mort
    John
    Salutation du Québec

  9. Deux Tu-145 interceptés alors que leurs cibles potentielles pouvaient les voir, c’est fort. Surtout sachant qu’ils peuvent envoyer un Kalibr ou autre de très loin…

    • Comment croyez vous que la communauté internationale aurait réagi si l’US Navy avait descendu au moyen de ses Phalanx deux bombardiers de reconnaissance de l’aviation navale russe ? Même si ces derniers ont clairement menacé l’intégrité de la flotte américaine, il ne fallait pas les abattre. Après tout être la première puissance militaire au monde nécessite aussi une certaine maîtrise de soi.

      • Puisqu’on ne pouvait pas leur envoyer un Phalanx, ils auraient dû être interceptés beaucoup plus loin par les F18. Les pilotes russes savent piloter et ils ont de l’audace. Sans préjudice du professionnalisme des pilotes du Ronald Reagan d’ailleurs. Par contre les Tupolevs (pas vraiment une signature radar de mouette) étaient probablement détectés à distance et le commandement a réagi trop tard. C’est mon avis.

  10. Arnaud,Comment croyez vous que la communauté internationale aurait réagi lors de l’écrasement de l’avion civil Ukrainien abattu par un missile Pro Russe? Ils n’ont rien fait et ils ont les preuves non!
    Je disais seulement que le Porte-avion est très biens équipés pour faire face a toute situation pour ce défendre et si ces deux Tu 145 aurait lancé un missile est je dis cela comme un exemple et non comme un fait un porte avion a plusieurs milliard de dollars et de plus de 6000 personne a sont bord et de voir l’attitude de Poutine aujourd’hui avec ce qui se passe présentement en Syrie, La Chine qui prends de l’expansion et de la monté de la guerre froide entre U.S.A. et Poutine. Je pense que les russes se foute pas mal de la communauté, La communauté na pas les couilles pour remettre les russes a leur place Arnaud et dite vous que si les russes aurait lancé un missile sur ce porte avion et réussi leur coup dans la balance la perte du porte-avion aurait été lourd de conséquence pour les américains et une victoire pour les russes. Je ne sais pas ce que vous pensez de l’Actualité Arnaud, nous sommes proches d’une troisième guerre mondiale, vous semblez l’ignorer et je trouve cela préoccupant pas vous .

    • Perso je n’ai jamais cru à une possible troisième guerre mondiale entre l’Amérique et la Russie, la guerre froide nous a démontré qu’à chaque fois où la crise atteignait son paroxysme les militaires des deux camps avaient l’intelligence de laisser la place aux diplomates. Poutine n’est pas fou, il sait que son pays ne se relèverait jamais d’un conflit contre l’OTAN, tandis qu’Obama n’aurait aucun intérêt à aller guerroyer face à un ennemi dont il connait largement les forces (et les faiblesses) mais sur qui il peut compter en cas de coup dur.
      Le jeu diplomatico-militaire est ainsi fait.
      Je pense John que vous conviendrez que concernant mon article il fallait lire entre les lignes que bien sûr les Américains ont laissé les Russes s’approcher du porte-avions et de son escadre.

  11. Salut Arnaud juste une conclusion, quand j’ai écris mon commentaire il fallait aussi le lire entre les lignes j’imagine mal les américains d’utiliser leur armement contre les russes, mais depuis les évènements passer je ne sais plus quoi penser.
    Au plaisir
    John

  12. selon moi, cela fait le jeu de la navy, qui demande un intercepteur embarquer depuis la mise a la retraite du tomcat. Et a part quelques jolie photos, les bear n’ont surement pas réussi a avoir beaucoup d’info sur les batiments car les protocole sont claire, ont coupe tout dans ce genre de situation (meme en entrainement avec des allier ont utilise jamais plus de 75% de nos capacités). . .

    • Analyse pertinente sur l’intercepteur en effet, je n’avais pas fait le rapprochement avec cette affaire jusqu’à vous lire, mais ça prend en effet tout son sens ! Car il est vrai que l’on entend des complaintes ces derniers temps sur l’absence d’un réel remplaçant à hautes performances au Tomcat (les Bugs / Superbugs et futur F35C ne sont pas taillés pour cela).

      Je ne pense tout de même pas que cela soit très probable malgré la demande, car un intercepteur uniquement conçu pour la Navy signifierait de facto une faible série, qui concurrencerait le développement du déjà controversé F35C (qui heureusement pour lui est un avion interarmes avec ses sous-variantes USMC / USAF).
      Si l’on prend l’analogie des appareils de chasse / interception pure F15 A-C / F22 en terme de nombre construit, soit environ 800 / 170, le Tomcat ayant été produit à plus de 700 exemplaires, le nouvel intercepteur naval compterait au moins 140 exemplaires. Or quand on voit le coût exorbitant et la durée de développement de la modeste série F22, cela semble quasi impossible à envisager, ou alors d’ici à ce que le remplacement du F18 soit envisagé, donc dans au moins une décennie (car le programme du futur bombardier lourd va manger bien des crédits). Quoi qu’il en soit, si ce projet devait un jour devenir concret, niveau système d’armes il y a fort à parier que l’AMRAAM (C/D) reste en lice vu ses performances actuelles (jusqu’à 120 voire 150km) qui rivalisent avec feu le coûteux -et propriétaire au Tomcat- Phoenix, et qui plus est opérationnel sur tous les autres chasseurs US.

      Je vous rejoins également sur le protocole en cas d’intrusion, et sur les capacités réelles utilisées en exercices interalliés, je l’ai exprimé dans un précédent commentaire 😉

Laisser un commentaire