La coalition se prépare t-elle à ouvrir un nouveau front en Libye...

La coalition se prépare t-elle à ouvrir un nouveau front en Libye ?

Ce pourrait bien être le « gros » évènement militaire du premier trimestre 2016 : les États-Unis, la France, et le Royaume-Uni seraient en passe de déclencher des frappes aériennes au-dessus des positions djihadistes de Daech sur le territoire libyen. Il s’agirait alors du deuxième front pour les Américains, absents au-dessus de la Syrie, et du troisième pour leurs alliés Britanniques et Français.

Cette décision trilatérale expliquerait en partie l’agitation que connait actuellement la Méditerranée orientale avec le déploiement de plusieurs navires de l’US Navy dont au moins un porte-avions. Des bâtiments de guerre de premier plan dont les croiseurs lance-missiles USS Gonzalez et USS Stockdale, et le navire de soutien USS Ponce, avec ses hélicoptères Sikorsky MH-60S.

Dans le même temps on a appris que des drones américains et français avaient réalisé des vols de reconnaissance au-dessus de plusieurs villes libyennes occupées par les forces de l’autoproclamé État Islamique, permettant de mieux estimer les forces en présence. On envisage actuellement la possibilité que 4000 à 5000 combattants ennemis se trouvent dans un rayon de 150 kilomètres autour de Benghazi, la deuxième ville du pays. N’oublions pas que l’Armée de l’Air dispose de Harfang et de Reaper basés à quelques centaines de kilomètres au sud de la Libye.

La question n’est plus de savoir si les Alliés vont aller frapper Daech en Libye, mais quand ? Pourtant on ne peut pas éviter de se dire que cette opération est le second volet de la guerre aérienne lancée en 2011-2012 pour déloger le dictateur Khadafi. Comme quoi si elles avaient pas été menées jusqu’au bout on n’en serait peut être pas là. Quoique… Toujours est-il qu’à la différence de l’Irak, le pouvoir libyen en place n’a pas appelé les trois nations à l’aide. Elles pourraient être amenées à le faire dès les semaines à venir.

Photo © US Navy.

6 COMMENTAIRES

  1. Vous dites « Il s’agirait alors du deuxième front pour les Américains, absents au-dessus de la Syrie, et du troisième pour leurs alliés Britanniques et Français. »

    Vous etes sûr de ce que vous affirmez là ?
    Les américains interviennent en Syrie, comme en Irak.

    • Autant pour moi, je m’en suis rendu compte. j’ai fait une petite erreur, ça peut arriver à tout le monde. Mais il faut bien remarquer que les raids américains sont nettement plus rares en Syrie qu’en Irak où l’US Air Force et l’US Navy réalisent 85% des sorties armées américaines.

  2. Oops ! Désolé pour le bug de mon post précèdent… :p La question se pose toujours de savoir pourquoi 30.000 barbus attardés ( estimation ) ne sont toujours pas rectifiés par le reste du monde dit  » libre « . 70 ans en arrière, on se posait moins de questions. Cette guerre contre le terrorisme est moins spectaculaire ( et encore….Au vu de la barbarie ), mais reste une guerre. ! Il reste à convaincre le quidam moyen devant sa télé, et celui qui décide du budget de nos armées. Un troisième front, vous dites? Oui… Mais avec quoi?

    • Peut être faudrait-il commencé par envisager que l’ennemi n’est pas aussi attardé que vous le pensez. Certains djihadistes combattent depuis les années 1990, depuis notamment les conflits civils en ex-Yougoslavie et y ont acquis une certaine expérience non seulement de la guérilla mais aussi du renseignement et de la propagande. Alors certes ils n’ont toujours pas de moyens aériens, mais rien n’interdit qu’ils disposent de moyens anti-aériens et entre autre des armes prises aux forces irakiennes et syriennes en 2012-2013. Les recours récents de l’Armée de l’Air aux missiles de croisière SCALP-EG plaideraient d’ailleurs plutôt en ce sens.
      Ensuite ce sont des combattants qui à la différence de nos fantassins de pays dits « civilisés » se battent jusqu’à la mort, non pas pour un pays ou une solde, mais bien pour une idéologie qui les pousse au sacrifice ultime, sacrifice qu’ils ont pleinement acquis et acceptés.

      Alors certes Olivier vous n’êtes pas le seul à tenir ce discours qui voudrait que la coalition internationale combatte de illettrés complètement aveuglés par leur lecture déformée du Coran. Mais il ne faut pas sous-estimer ces gens là. Ils occupent actuellement un territoire plus étendu que la Suisse et la Belgique réunies, disposent d’une véritable assise politique et diplomatique, et peuvent même se payer le luxe de fomenter des attaques terroristes à destination du territoire de leurs ennemis. Paris et sa proche banlieue en ont fait la triste et dramatique expérience il y a moins de deux mois.

      Ceci implique donc que oui nous devons continuer de combattre Daech mais sans jamais la sous-estimer.

      Quand à ce troisième front, qui se dessine actuellement, je pense qu’il sera mené principalement depuis la mer par les porte-avions américains et français. Le recours à des bases aériennes à terre pose des problèmes. Les territoires égyptiens et tunisiens ne pourront sûrement pas être utilisés, ces deux pays ayant déjà de gros problème de terrorisme à gérer avec l’organisation djihadiste. On se souvient tous des tueries du musée de Tunis et de la plage de Sousse.
      Bien sûr la France pourrait avoir recours à des frappes aériennes depuis le sud de la Libye via ses bases dans la Bande Sahélo-Saharienne mais cela impliquerait de fondre les opérations Barkhane et Chammal en une seule et même composante qui serait alors un véritable casse-tête en matière de commandement.
      Finalement seule des frappes aéronavales semblent donc envisageables. Le très proche avenir nous dira si j’ai eu tort ou raison.

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