L’Airbus Helicopters H175 affronte la si particulière météo bretonne

L’Airbus Helicopters H175 affronte la si particulière météo bretonne

Il y a des campagnes d’essais en vol qui surprennent plus que les autres. Après avoir connu les chaleurs extrêmes du désert américain de l’Arizona et le froid glacial du Canada c’est en France que le nouvel hélicoptère biturbine européen poursuit sa campagne de validation, et pas n’importe où. Depuis quelques jours une équipe d’ingénieurs et de pilotes d’essais d’Airbus Helicopters soumet l’un des prototypes du H175 à des tests lui permettant de se frotter aux pluies givrantes… bretonnes. C’est depuis l’aéroport de Lannion Côte de Granit que ces essais sont réalisés.

Il faut dire que cette région des Côtes d’Armor dans le nord de la Bretagne sont propices à l’étude des nuages givrants et du brouillard, ce qui actuellement intéresse de très près les équipes allemandes et françaises d’Airbus Helicopters. En effet quand on conçoit un hélicoptère de sauvetage en mer il vaut mieux être sûr qu’il puisse opérer en toutes sécurités dans les conditions météorologiques parmi les plus inhospitalières, et pour ça la Bretagne est certainement le laboratoire rêvé. Non pas que le temps soit là-bas tout le temps pourri, mais il faut bien reconnaître que la pluie y est abondamment présente, et avec elle les nuages. Les Américains ont l’Oregon, les Européens ont la Bretagne.

Malgré ce ton un tantinet moqueur (que j’assume jusqu’auprès de mon vénéré rédacteur en chef, lui même breton) il faut savoir que cette campagne d’essais est tout ce qu’il y a de plus sérieuse. Pour preuve les 18 caméras installées sur et dans l’appareil pour le filmer de l’intérieur et de l’extérieur. Du coup l’hélicoptère utilisé va opérer entre 3000 et 4000 mètres d’altitude dans ces fameux nuages givrants. Et les ingénieurs déployés par l’hélicoptériste européen vont pouvoir mesurer l’impact du givre sur les éléments clefs de la structure de l’appareil, notamment le rotor principale et le rotor anticouple. Il faut savoir que de tels conditions météos sont très difficilement reproductibles en laboratoire, il n’y a donc rien de mieux que la nature.

Depuis Lannion l’hélicoptère d’essais peut réaliser des vols au-dessus d’une bonne partie du sud de la Manche, jusqu’aux îles anglo-normandes, et même l’intégralité du Finistère. Ça tombe bien c’est le domaine réservé des pilotes de sauvetage en mer de la Marine Nationale, peut être tenons-nous là le futur remplaçant des Alouette III frappés du hameçon.

Quoiqu’il en soit les campagnes d’essais du H175 se poursuivent, et ce même si l’hélicoptère est déjà en service notamment en Belgique et en Chine. Ce second pays coproduisant la machine sous la désignation d’Avicopter AC-352.

Photo © Airbus Helicopters.

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