L’aventure du Convair NC-131H, un avion à l’esthétique plus que douteuse

L’aventure du Convair NC-131H, un avion à l’esthétique plus que douteuse

Voilà certainement un des avions à l’architecture la plus bizarre de l’histoire aéronautique. Le Convair NC-131H est un banc d’essais volant ayant appartenu à l’US Air Force entre les années 1970 et 1990, un avion profondément modifié ce qui lui donnait une allure bien particulière. Il participa au développement d’une grosse dizaine d’avions civils et militaires dont quelques-uns figurent aujourd’hui en bonne place dans l’arsenal de l’USAF.

Le NC-131H est comme sa désignation l’indique une version dérivée du superbe bimoteur C-131 Samaritan, peut être un des plus beaux avions de transport américains d’après-guerre.
L’idée des ingénieurs de l’US Air Force était de greffer sur un C-131F prélevé sur les stocks de la marine américaine un deuxième cockpit, très en avant du premier. Il devait permettre de simuler en plein vol tout un tas de types d’avions alors en développement.
Pour réussir un tel pari il fallait transformer en profondeur l’avion.

Et c’est ce qui fut fait. Ce nez fit gagner plusieurs mètres de long à l’avion, ce qui le rendit particulièrement instable. Pour y remédier les équipes de General Dynamics, en charge du chantier, ajoutèrent des gouvernes de profondeurs sous et au-dessus de chaque aile.
Mais l’avion avait pris trop de poids. Il fallut revoir sa motorisation et il reçut deux turbopropulseurs Allison 501-D22G d’une puissance nominale de 4368 chevaux. On était alors bien loin des deux moteurs en étoile de 2350 chevaux chacun d’origine.

Le NC-131H en vol à la fin de sa vie, prêté par l'US Air Force à un "contractor" américain.
Le NC-131H en vol à la fin de sa vie, prêté par l’US Air Force à un « contractor » américain.

Après son premier vol survenu en 1970 le Convair NC-131H ne mit pas longtemps à devenir la coqueluche des ingénieurs d’essais américains. Il permit de valider les cockpits de plusieurs avions très différents, allant de l’ultra-secret banc d’essais furtif Tacit Blue développé par Northrop au futur bombardier stratégique Rockwell B-1A Lancer, en passant même par l’avion de ligne McDonnell Douglas MD-11.
Jusqu’à la fin des années 1990 l’avion fut employé à toutes les sauces.

Celui qui était certainement l’avion le moins furtif de l’histoire aéronautique a notamment participé au développement du Northrop B-2A Spirit, l’avion de combat opérationnel ayant la signature radar la plus faible eut égard à sa taille réelle.

Pour faire simple, avec le NC-131H les ingénieurs américains avaient inventé un simulateur de vol… volant.
Depuis 2008 il fait la joie des conservateurs et visiteurs du célèbre US Air Force Museum dans l’Ohio.
On peut tout de même raisonnablement demeurer circonspect devant son esthétique générale pas totalement ordinaire.

Photos © San Diego Air & Space Museum.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

19 COMMENTAIRES

  1. « ajoutèrent des gouvernes de profondeurs sous et au-dessus de chaque aile. »
    ———————————–direction —————————————semblent plus logique !!!!!

  2. Absolument. Cela ne peut en aucun cas être des gouvernes de profondeurs.Il est évident que ce sont des gouvernes de direction.Petite erreur de distraction.

  3. A propos d’esthétique pas ordinaire, le Farman F.120 Jabiru (trimoteur) me semble un champion !
    On pourrait proposer un sondage sur les avions qui nous semblent les plus moches.. ?
    Par exemple le Typhoon… ? Oups…j’ai rien, j’ai rien dit… 😉 !

        • Pour quelqu’un qui est un fin connaisseur des aéronefs, les avions moches représentent une énigme. En général pas du tout aérodynamiques, comment peuvent-ils voler (plus ou moins bien…) ?
          A cette époque, la Marine voulait, pour ses hydravions de patrouille, des balcons d’observation pas du tout aérodynamiques, d’où, malgré la puissance, une vitesse lente revendiquée par les marins (pour avoir le temps d’observer…)
          On disait à cette époque que « Farman méprise la traînée… et la traînée se venge… »

  4. il est pas totalement laid ! Je me souviens de l’hydravion dont j’ai oublié le nom, dans le James Bond avec Roger Moore, « L’homme au pistolet d’or !!!
    Celui-ci avait une fonctionnalité précise. « Si j’ai bien tout compris » comme disait Coluche, c’était un simulateur de vol ?

  5. J’ai vu qu’Arnaud était incollable sur les avions moches je cherchais le nom de cet avion soviétique biplan à réacteurs utilisé par l’Aéroflot dans les années 70 ?

    • Je vois de quel avion vous parlez, il n’était en fait pas soviétique mais polonais. C’est le PZL M-15 Belphegor, et en effet il peut aisément entrer dans la catégorie des avions « moches ».

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