Pourquoi l’avion du président français est-il appelé Cotam Unité ?

Pourquoi l’avion du président français est-il appelé Cotam Unité ?

À l’instar de ce qui existe avec le Président des États-Unis qui dès qu’il met les pieds à bord d’un avion ou d’un hélicoptère de l’US Air Force celui-ci devient Air Force One, lorsque le Président de la République monte à bord d’un aéronef de l’Armée de l’Air celui-ci devient immédiatement Cotam UnitéMais au fait que signifie exactement cet indicatif de Cotam Unité si particulier ? Focus sur un des aspects les plus importants de l’Armée de l’Air et pourtant parmi les plus méconnus, sa capacité de transport présidentiel.

Donc lorsque François Hollande monte à bord de son avion de transport officiel, qu’il s’agisse de son gros biréacteur Airbus A330-200 ou de son plus discret triréacteur de transport rapide Dassault Falcon 7X celui-ci devient immédiatement Cotam Unité. Il faut savoir qu’il en était de même pour tous ses prédécesseurs, de Nicolas Sarkozy jusqu’à Charles de Gaulle.

Décortiquons donc cet indicatif.

  1. Si le Unité pour nommer le chiffre 1 se comprend parfaitement, le Président de la République étant en France la première des personnalités c’est sûrement le mot Cotam qui demeure le plus énigmatique. Enfin surtout pour les plus jeunes d’entre nous.
  2. Le Cotam (pour Commandement du transport aérien militaire) est l’ancêtre de l’actuel BAAP, la Brigade Aérienne d’Appui et de Projection, en charge de la flotte des avions et hélicoptères de transport de l’Armée de l’Air.

Cet indicatif est donc celui du premier avion (dans l’ordre d’importance) du Cotam. OK seulement voilà ce grand commandement a disparu de l’organigramme militaire français en mars 1994. Mais alors pourquoi vingt-et-un ans plus tard l’indicatif Cotam Unité perdure t-il ?

Simplement par tradition.

Cotam Unité est donc l’indicatif de l’avion présidentiel depuis le 1er février 1962. Il aura perduré durant cinquante trois ans, connu sept présidents français, et devrait exister encore pendant plusieurs années. Jusqu’à ce qu’un des futurs locataires de l’Élysée en décide autrement, mais ça c’est une autre histoire.

4 COMMENTAIRES

  1. Juste une petite précision pour que vous puissiez être tout à fait complet et précis sur le sujet, « COTAM Unité » est un indicatif opérationnel militaire utilisé en circulation aérienne militaire (CAM).
    Lors de ses déplacements en circulation aérienne générale (CAG), soit 99,9% du temps, son réel indicatif est FOX MIKE Unité (FM 001) par conformité avec la nomenclature des indicatifs OACI en gestion d’espace aérien.

    • Bonjour, je voulais savoir si vous n’aviez pas l’impression d’avoir coupé l’herbe sous le pied des journalistes de ce site. Peut être voulaient-ils faire ensuite un article sur FM001 qui d’ailleurs ne se dit pas Fox Mike Unité mais Foxtrot Mike Unité.

      • Oui, si on lit les consignes OACI, on devrait dire Foxtrot. Mais ce que je peux vous dire c’est que « dans la vraie vie », on utilise tout le temps Fox. On disait donc Fox Mike, ou souvent « french military » (c’est comme ça que nous répondaient systématiquement les contrôleurs américains).

        Je ne me rappelle plus la date exacte où on a abandonné le « fox mike », c’était à la fin des années 80. Au début le nouvel indicatif des transporteurs a eu bien du mal à être reconnu: CTM sur le plan de vol, cotam à la radio, mais je crois que maintenant c’est bien passé dans les mœurs 🙂 Par contre, à part les anciens, plus grand monde se rappelle de l’indicatif « fox mike » qui n’est strictement plus utilisé.

        En tous cas ces indicatifs ont toujours été liés au vol effectué (comme dans les compagnies aériennes) et n’ont rien à voir avec l’indicatif OACI de l’avion, qui est écrit généralement sur la dérive (de mémoire F-RARF pour le A330 gouvernemental).

  2. Pour être vraiment complet, et (surtout) corriger le commentaire précédent:
    Au début des années 60, et jusqu’au milieu des années 80, les avions de l’armée de l’air avaient un indicatif en Fox Mike (french military). Avec les déplacements à l’étranger d’aéronefs (chasseurs, ravitailleurs…), bien moins habitués à évoluer en circulation civile (CAG), les infractions aux règles de l’air devenaient un peu nombreuses et ont conduit à l’interdiction d’accès de certains aéroports aux avions en Fox Mike, aux grands désarrois des transporteurs du CoTAM. L’armée de l’air a alors choisi de faire évoluer ses aéronefs avec deux indicatifs différents: FAF (french air force) suivi d’une numérotation spécifique à la mission pour les avions hors CoTAM et Cotam suivi d’un numéro spécifique pour une mission (exemple Cotam 001 pour le transport présidentiel) ou pour une ligne régulière (exemple Cotam 2001 pour les relèves dans le Pacifique), pour les transporteurs.
    Le CoTAM est ensuite devenu FAP (force aérienne de projection), puis la BAAP actuelle, mais les avions ont effectivement gardé l’ indicatif en Cotam, universellement connu.

    Par contre, lorsque les avions évoluent en circulation aérienne militaire (CAM), c’est l’indicatif du pilote (ou du commandant de bord dans les avions de transport) qui est utilisé. Par exemple un transall en CAM (ce qui était assez rare) pouvait avoir des indicatifs: »castor 23″ (un cdb de l’Anjou), ou « vainqueur 15 » (commandant de la 61ème ET), ect…

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