Aviation et cinéma, une destinée commune

Aviation et cinéma, une destinée commune

Récemment je vous proposais un premier sujet sur mes deux principales passions : l’aviation et le cinéma. Aux vues du nombre de lectures, je réitère aujourd’hui.

Le cinéma et l’aviation ont bien plus d’un point commun. En effet si chacun à sa manière incarne la réussite technologique française de la fin du dix-neuvième siècle, il ne faut pas oublier que c’est grâce aux progrès du siècle suivant qu’ils ont réussi à s’imposer et à se développer. On sait aussi aujourd’hui que sans l’aviation le cinéma aurait eu beaucoup de mal à conquérir le cœur du public. Car si montrer un train arrivant en gare de La Ciotat en 1896 était un véritable prodige, les spectateurs attendaient tout autre chose vingt ans plus tard. Aussi paradoxale que cela soit les scènes de batailles se déroulant dans l’Angleterre du Moyen-Âge ou dans l’ouest sauvage américain n’auraient pas pu exister sans les plans aériens. En effet comment rendre impressionnant une charge d’indiens, un château assiégé, ou même une simple rue animée sans embarquer caméras et réalisateurs en avions ? Plus tard l’arrivée de machines plus stables comme l’hélicoptère allait révolutionner le cinéma. Et la télévision par la suite bien entendu.

Dans la mémoire collective nous avons tous l’image de ces gratte-ciels new-yorkais survoler par des chasseurs biplans dans King Kong, de ces hélicoptères de sauvetage tentant d’atteindre la Tour Infernale, ou encore des Dakota larguant John Wayne et ses camarades au-dessus de Sainte Mère l’Église dans Le jour le plus long. Si dans la réalité, John Wayne n’a pas sauté sur la Normandie, que la tour n’a pas brûlé, et qu’aucun gorille géant n’a escaladé l’Empire State Building, il faut bien voir que les plans aériens, eux furent réels. Et pour cause, le cinéma, pour faire rêver, se doit d’être le plus réaliste possible.

En fait l’aviation a surtout servi deux styles cinématographiques assez proches l’un de l’autre, le film de guerre et le film catastrophe. Tous deux se basent sur un style narratif assez simpliste, où l’action prime (souvent) sur la réflexion et sur le dialogue, et où la distribution est souvent assez prestigieuse. Car de Robert Mitchum à Bruce Willis, en passant par Sean Connery, Harrison Ford, ou encore Gary Cooper, tous ceux qui ont fait la légende de Hollywood se sont essayés à au moins un film de l’un de ces deux genres.
Avec parfois plus ou moins de bonheur.

Les images d’avions (et d’hélicoptères) ont imprégné bien des générations, et ont même collé à la peau de certains acteurs. Je vous en propose un petit florilège.

  • Harrison Ford, dans son rôle d’Indiana Jones, dans le film « Les Aventuriers de l’Arche Perdue » échappant de peu à des indiens belliqueux grâce à l’hydravion biplan Stearman qu’un de ses amis avait planqué tout près. Ou encore le même Ford dans le même rôle, s’essayant au rafting volant à partir d’un Ford Trimotor dont l’équipage avait lâchement sauter en parachute dans le film « Indiana Jones et le Temple Maudit« .
  • Jean Pierre Cassel, dans son rôle d’aviateur français un peu fou, dans le désopilant « Ces merveilleux fous volants dans leur drôle de machines » rivalisant de charme avec un Benny Hill plus drôle que jamais en pompier maladroit.
  • Robert Duvall, dans son rôle de colonel un peu frappé, dans l’excellent « Apocalypse Now« , faisant attaquer ses hélicoptères armés OH-6A Cayuse et UH-1B et H Iroquois au son de la Chevauchée des Walkyrie de Richard Wagner.
  • Tom Skerritt, Donald Sutherland, et Eliot Gould, dans leur délirant trio de médecins militaires, dans le très antimilitariste « MASH » empêchant un hélicoptère sanitaire Bell OH-13 de se poser simplement parce qu’ils jouent au golf sur l’aire d’atterrissage.
  • Roy Scheider, dans son mythique rôle du Chief Brody, dans la suite des « Dents de la Mer« , tentant d’empêcher que le requin ne fasse qu’une bouchée du petit Hughes 269 de la police locale.
  • James Garner et Donald Pleasance, dans leurs rôles d’aviateurs alliés, tentant de s’échapper d’Allemagne aux commandes d’un petit avion d’entraînement de la Luftwaffe, dans le film culte « La grande évasion« .
  • Alain Delon, dans le film « Concorde« , tentant de sauver les passagers de l’avion éponyme.
  • Clovis Cornillac, dans le film « Les chevaliers du ciel » ramenant un Mirage 2000 biplace avec la place arrière en mode décapotable.
    Et bien d’autres films.

En sommes le cinéma a toujours eu besoin de l’aviation, et plus encore de nos jours, où les progrès spectaculaires en matières d’effets spéciaux numériques peuvent amener les réalisateurs à montrer des figures théoriquement impossibles, comme ces deux Curtiss P-40 volant en rase-mottes dans « Pearl Harbor » au milieu de la base américaine alors bombarder par les Japonais, ou encore comme cette escadrille de F-22 Raptor survolant à très basse altitude une grande ville américaine dans « Transformers« , citons également cette voiture de police allant percuter un hélicoptère AS-355 Écureuil 2 dans « Die Hard 4« . Les infographistes viennent suppléer les cascadeurs.

Une preuve de plus que si le cinéma a souvent su utiliser l’aviation, ce fut aussi parfois n’importe comment…

Photo © IMDB.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

14 COMMENTAIRES

  1. Est-ce que les films où les modèles d’avion sont imaginaires sans être de la SF comptent aussi? Je pense à « Furtif », une daube niveau avion mais ça permet de passer tout de même de bons moments

  2. Christopher Plummer dans la Bataille d’Angleterre, dès que je le vois dans un film je me rappelle le sqn leader Harvey ^^. Pareil avec Matthew Modine et Sean Astin dans Menphis Belle.

  3. Sa me rappelle un film catastrophe avec l’acteur qui joue dans les 10 commandements et la planète des singes. Le film se passe dans un 747, mais je ne me souviens pas du titre. Quelqu’un saurait?

Laisser un commentaire