Un Falcon 7X de la République aux antipodes

Un Falcon 7X de la République aux antipodes

Dassault Falcon 7X.

Piloter un avion d’affaire de l’ETEC n’est pas forcément un travail de tous repos pour les aviateurs de l’Armée de l’Air. Il faut dire qu’en France les différents Présidents de la République et Premiers Ministre en exercice ont très souvent la bougeotte. Dernier exemple en date le déplacement prochain de François Hollande à Wallis-et-Futuna où pour la première fois depuis trente-sept ans un avion frappé des couleurs de la république viendra se poser. En l’occurrence c’est un triréacteur Dassault Falcon 7X qui y transportera le chef de l’état et sa (petite) délégation. Ça va changer des Casa et des Transall plus coutumiers du fait dans cette partie du Pacifique.

Dans les faits il s’agira presque de la première fois, puisque ce mardi 9 février 2016 un de ces jets d’affaires tricolores est venu faire ce qu’on appelle dans le jargon élyséen un repérage. Inutile de dire que pour les autorités locales autant que pour ces Français du bout du monde ce fut un véritable évènement : un Falcon 7X posé sur le tarmac de l’aéroport international de Wallis-Hihifo sur l’île de Mata-Utu, ça ne passe pas inaperçu.

La dernière fois qu’un avion de l’ETEC s’y était posé, l’unité s’appelait encore le GLAM et l’appareil était un quadriréacteur Douglas DC-8. En fait depuis 1980 et le président Valéry Giscard d’Estaing aucun de nos chefs de l’état n’avait mis le pied sur ce petit bout de France.

Mais au fait c’est où Wallis-et-Futuna ? Pour faire simple c’est le territoire français habité le plus éloigné de la métropole. Au plus court, en ligne droite, il faut compter presque 16 200 km entre Paris et Mata-Utu. Pas vraiment la porte à côté. Aucun vol direct n’existe entre ce petit bout de France du Pacifique et un aéroport parisien. Pour s’y rendre le passager (déterminé) doit forcément passer par l’aéroport calédonien de Nouméa, et de là prendre un vol avec la compagnie française Aircâlin qui trois fois par semaine relie le petit archipel au moyen d’un biréacteur Airbus A320-200. Trois heures de vol à bord de ce dernier, qui s’ajoutent à la vingtaine d’heures nécessaire pour rallier Paris à la Nouvelle-Calédonie.

Ce que l’histoire ne dit pas c’est le nombre d’escales que devra faire le Falcon 7X présidentiel pour relier Paris à Mata-Utu. Ni du coup le niveau de fatigue réel des équipages de l’Armée de l’Air. En effet l’Airbus A330 habituellement utilisé pour ce genre de déplacement ne peut pas se poser à Wallis-Hihifo, ce qui explique le recours au triréacteur haut de gamme de la flotte étatique.  Vraisemblablement ce sont d’ailleurs deux avions de ce type qui seront employés par l’ETEC pour assurer ce déplacement présidentiel : un pour la personnalité, son cabinet et son officier de sécurité, et le second pour tout le reste de la délégation et de l’équipe de protection. Quoiqu’il en soit les autorités de Wallis-et-Futuna doivent attendre impatiemment ce lundi 22 février 2016. Sans parler des personnels de l’aéroport.

Photo © Armée de l’Air.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

10 COMMENTAIRES

  1. Amusant!
    Ce ne sont pas ceux du gouvernement actuel qui critiquaient tant l’achat par Nicolas Sarkozy de l’A330 et la gabegie qu’il représentais?
    Et la on rajoute deux Falcon à ce déplacement??? Notre président ne vas quand même pas aller en Falcon de Paris à Wallis…
    Par contre AirCalin de Nouvelle Calédonie à Wallis c’est top. Du Japon au caillou aussi d’ailleurs.
    On ne nous parle pas d’économie? Fait ce que je dis pas ce que je fais! Bravo!
    Je garde mes autres commentaires pour moi afin de rester correct sur votre site.
    Site que j’apprécie énormément.
    Bien à vous.
    JF
    Merci à vous pour sa qualité.
    Bravo à vous pour votre « non » langue de bois.
    Jean François

    • Il est clair qu’à l’époque de l’achat de l’A330 ceci était une gabegie, puisque l’ETEC possédait alors deux très bons Airbus ACJ acquis par le prédécesseur de monsieur Sarkozy. Bon maintenant que l’A330 a été modifié et accepté au service monsieur Hollande n’a pas le choix que de l’utiliser, il ne le ferait pas on lui reprocherait.
      Concernant les détails exacts du déplacement on se doute bien qu’en temps de guerre comme actuellement certaines données sont classifiées.

    • Concernant le 2ème Falcon 7X, il est habituel qu’il y ait cet avion car au cas où celui du président a un pépin, il lui permet de poursuivre la mission. Il me semble que c’était arrivé une fois avec Sarkozy et ce n’était peut-être pas avec un Falcon 7X mais un 900

      • On se souvient que François Hollande avait eu un souci lui aussi avec son Falcon 7X lors de son tout premier voyage présidentiel, le jour même de son investiture, alors qu’il se rendait à Berlin pour rencontrer la chancelière Merkel. Ce type d’impondérable est fort heureusement rare et toujours pris en compte à l’avance par l’Armée de l’Air, dont le transport présidentiel est aussi une mission importante et ce depuis sa fondation.

  2. La question que je me pose n’a pas grand chose d’aéronautique : pourquoi aucun président francais n’est aller la-bas depuis 1980? Miterrand, Chirac, et Sarkozy s’en foutaient ou quoi?
    Par contre je comprend bien que certaines données concernant ce voyage sont top secrète.

    • Il me semblait que les seuls opérateurs actuels de l’avion en Afrique, au niveau militaire bien sûr, étaient le Nigeria et la Namibie. Pour le Sénégal je l’ignorais. Sauf bien sûr si c’est un avion civil mis à sa disposition par un opérateur privé comme cela arrive fréquemment dans les pays n’ayant pas les moyens d’entretenir une telle machine quotidiennement.

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