Intrépide mission canadienne en Antarctique

Intrépide mission canadienne en Antarctique

L’Antarctique est actuellement en plein hiver austral et aucun vol n’est habituellement effectué entre février et octobre dû au froid extrême et à l’obscurité totale. Le soleil ne reviendra qu’aux premiers jours du printemps austral en septembre. Malgré cela, un petit avion canadien et son intrépide équipage ont effectué ce mercredi l’évacuation de deux travailleurs à la station de recherche américaine Amundsen-Scott au pôle sud. Située dans l’un des endroits les plus isolés du monde, on y a enregistré une température de -60C lors de l’opération de secours médical.

Station de recherche Amundsen-Scott

ythumbnail_160619_gma_marquardt_16x9_992Très peu d’avions et d’équipages peuvent voler dans de telles conditions. C’est pourquoi la National Science Foundation (NSF) qui gère cette station a fait appel à Kenn Borek Air dont le siège est à Calgary en Alberta. Cette entreprise canadienne opère une flotte de bimoteurs DHC-6 Twin Otter, le seul type d’avion certifié pour voler à des températures pouvant atteindre -75C. Deux de ces appareils ont quitté Calgary le 14 juin et franchi les 16 700 km les séparant de la station Amundsen-Scott, en effectuant des escales aux États-Unis, au Costa-Rica, en Équateur, au Chili et à la station britannique Rothera sur la péninsule Antarctique. C’est à la station Rothera que la portion la plus dangereuse de la mission fut lancée en profitant de conditions favorables. Toutefois, les prévisions météorologiques en Antarctique sont peu fiables, les conditions pouvant se détériorer rapidement. La dernière étape fut complétée aujourd’hui, soit un vol entre la station Rothera et Punta Arenas au Chili où les deux malades furent hospitalisés d’urgence. Le déjà légendaire «Twotter» a ainsi prouvé une fois de plus sa polyvalence et sa grande fiabilité.

Ken Borek Air / DHC-6 Twin Otter

L’entreprise Kenn Borek Air n’était pas en contrée inconnue puisqu’elle fournit un soutien logistique au programme scientifique international en Antarctique et a déjà mené de semblables opérations d’évacuation en 2001 et 2003, mais dans des conditions moins difficiles. Malgré l’exploit de cette mission peu commune, le personnel de cette entreprise est bien conscient des dangers inhérents aux vols dans un tel environnement hostile. En janvier 2013, un appareil de Kenn Borek Air qui devait effectuer la livraison de produits pétroliers à une équipe italienne de chercheurs s’est écrasé sur le mont Elizabeth, l’une des plus hautes montagnes de l’Antarctique. Ne pouvant que difficilement être évacuées, les corps gelés des trois victimes canadiennes reposent encore dans l’épave de l’avion qui est devenu leur tombeau. On ne peut donc qu’admirer et saluer le courage de l’équipage qui a effectué cette dangereuse mission.

Marcel
Fils d’un militaire de l’armée de l’air canadienne (il est tombé dedans quand il était petit…) et biologiste qui adore voler en avion de brousse, ce rédacteur du Québec apprécie partager sa passion de l'aéronautique avec la fraternité francophone d’Avions Légendaires.

2 COMMENTAIRES

  1. De l’aviation en pleine époque aéronautique, j’adore ça. Même si je me demande si le Twin Otter avait vraiment besoin de ça pour étoffer sa légende ? Pas forcément.
    Toutefois à mon sens, à l’image du Dakota le DHC-6 est un avion majeur de l’histoire aéronautique qui aura bien du mal à se trouver un successeur, sauf peut être lui-même. En tous cas chapeau bas pour l’équipage de ce zinc, ils ont réellement su faire acte de courage pour sauver ces victimes.

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