Jusqu’où le Brexit impactera t-il l’industrie aéronautique européenne ?

Jusqu’où le Brexit impactera t-il l’industrie aéronautique européenne ?

Aux vues des résultats le Brexit, c’est à dire le référendum britannique favorable à la sortie de l’Union Européenne, est totalement confirmé : le Royaume-Uni va donc bientôt quitter l’UE. À chacun d’y voir une victoire ou un dévoiement de la démocratie européenne ce n’est pas le lieu pour ce genre de débat. Cependant il faut bien remarquer qu’à une époque où l’industrie aéronautique est à ce point liée aux décisions des politiques publiques on ne peut que s’interroger sur l’impact de cette décision dans l’avenir du secteur sur notre Vieux Continent. À mon sens les mois et années à venir s’annoncent bien sombres.

Car l’industrie aéronautique britannique est étroitement imbriquée dans sa consœur européenne, en fait le Royaume-Uni ne vit quasiment plus son aventure aéronautique qu’au travers de l’Europe. Et on comprend mieux le malaise qui frappe actuellement les décideurs des grands groupes industriels du pays.

AgustaWestland AW.159 Wildcat.
AgustaWestland AW.159 Wildcat.

Bien entendu le Royaume-Uni est un des partenaires d’Airbus, même si sa participation à l’avionneur européen a été quelque peu réduite depuis dix ans et la cession des parts de British Aerospace à EADS, ouvrant ainsi la voie à la refondation du constructeur. Néanmoins une partie de sa sous-traitance et de l’assemblage des éléments est fourni par de la main d’œuvre britannique, en l’occurrence anglaise via le site de production de Filton dans le Gloucestershire.

Plus concrètement Britanniques et Européens s’entendent au travers de deux programmes majeurs : l’hélicoptériste AgustaWestland et le programme Eurofighter et son chasseur multirôle EF 2000 Typhoon. Pour le premier il s’agit ni plus ni moins que deux deuxième plus important hélicoptériste européen après Airbus Helicopters, et un des seuls au monde capable de lui damer le pion sur des programmes aussi bien militaires que civils ou parapublics.
Quand à L’EF2000 Typhoon il s’agit juste d’un des meilleurs avions de combat au monde, qui sans l’ingénierie britannique mais aussi allemande et espagnole n’existerait pas.

Sans compter que sans l’Europe le motoriste Rolls & Royce aura bien du mal à pérenniser son action, les commandes américaines ne suffiront plus.

Car comme le soulignent déjà certains analystes de la City, la place boursière londonienne, des représailles économiques pourraient voir le jour dans les prochains mois contre justement l’industrie britannique, de la part de grands groupes européens. D’autres en revanche estiment que le Brexit n’aurait qu’un impact négligeable sur les relations économiques entre Londres et ses désormais ex-partenaires européens.
Même de l’autre côté de l’Atlantique on observe de près cet évènement autant politique qu’économique, et donc industriel.
Affaire à suivre.

Photos © UK Ministry of Defence.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

11 COMMENTAIRES

  1. la Grande Bretagne, sans l’Ecosse et sans l’Irlande du nord, ne fera pas que les ailes de l’A350 soient moins longues, mais surement qu’elles soient fabriquées ailleurs , il faut du temps !

  2. Airbus n’a rien à voir avec l’EU, c’est une est entreprise internationale qui n’a rien a voir avec Bruxelles ou la commission européenne.
    C’est comme dire que snecma a des problèmes parce que l’américaine général electric ne fait pas partie de l’UE.
    La Suisse fait bien partie de l’agence spatiale européenne.

    • Airbus reçoit bien des subventions de la part de l’UE et participe aux différents projets financés aussi par l’UE comme CleanSky ou Corace (pas sûr de l’orthographe du dernier)

      • Airbus n’a pas le droit de recevoir des subventions et a déjà été condamné par l’OMC pour des financements ressemblent un peut trop à des subventions. (c’est le cas depuis un long moment quand meme)
        Pour les démonstrateurs ils s’agitent de joint ventures qui rapportera de l’argent à la commission européenne. On est loin de la subvention, on est bien dans le financement qui au total ne doit pas dépasser le millards d’euro sur la décennie…
        Même les états ne font que prêter !
        Le seul projet vraiment européen c’est galliléo, une grande réussite des nations grace aux allemands et depuis que c’est a Bruxelles ca avance lentement et le résultat final est moins bon qu’attendu (mais au moins ca avance).

  3. J’espère que l’Europe demeurera unie dans l’univers de l’aérospatiale et de sa défense afin de protéger ses propres intérêts. Les autres pays du monde occidental comme le Canada ont besoin d’une Europe forte qui saura faire contrepoids à l’Oncle Sam. Depuis 1945, vous construisez une nouvelle Europe et ce mouvement historique est unique dans l’histoire de votre continent et du monde. Alors ne lâchez pas!
    Très cordiales salutations salutations d’Outre-atlantique.

    • L’UE est une création de la CIA et son agent Jean Monnet.
      Suffie de cherche un peu ou de regarder les discours du général de Gaulle pour comprendre.
      On souhaite tous se libérer mais il ne faut pas confondre la clé et la chaine.

  4. L’EU ne devrai d’ailleurs s’occuper que de Défense et d’économie, comme elle se mêle de tout et n’importe quoi, et ne joue pas son rôle dans les deux domaines précités, les peuples européens grondent, et les anglais partent…… L’Europe à besoin de ce recentrer pour continuer à exister.

    • L’EU est construite sur 4 piliers la liberté de circulation des personnes, des biens, des capitaux, des services.
      On peut donc dire que sa politique économique est justement de ne pas en avoir.
      Pour l’Europe de la défense, c’est l’Otan et quand on voit comment fonctionne bruxelles, je préfère que ca reste à Paris pour la France.

      • Si vous avez 2 ou plus de manufacturiers produisant le produit « abc » vous avez l’avantage de choisir le meilleur produit qui vous convienne. Et si l’EU ne peut pas fabriquer ses propres armes, elle sera obligée de dépendre des États-Unis. Et ceux-ci pourront dicter leurs prix et les conditions d’engagements de ces armes. L’exemple du citron volant, le F-35, constitue un bel exemple! Au Canada et au Québec où nous avons vécu 2 référendums, le Brexit a soulevé beaucoup d’intérêts. Je me permets de vous citer un extrait de la chronique de Gillert Lavoie, parue dans le journal Le Soleil, le 27 juin: « Mais rappelons-nous que le modèle européen a généralement été donné en exemple parce qu’il incarnait un contrepoids utile et nécessaire à la domination économique des États-Unis sur la planète. Il a permis la libre circulation des gens, des biens et des services sur un immense territoire, raison pour laquelle les jeunes Britanniques se sont rangés pour le maintien de leur pays au sein de l’Union européenne. Bref, c’était un modèle rempli d’espoir à différents points de vue. » http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/chroniques/gilbert-lavoie/201606/27/01-4995883-brexit-a-la-sau
        Je vous invite à lire l’intégralité de ce texte qui expose bien la perception de maints québécois sur ce sujet.
        Bonne lecture!

        • Le fait d’avoir une industrie de défense est un choix politique, le Canada en sait quelque chose puisqu’il a lui meme démolie l’arrow. je préfère que la France reste maitre de ce choix car si cela part à Bruxelles le reste des européens comme d’habitudes se remettront entièrement entre le mains des USA.
          Donc les jeunes Britanniques ont raison parce qu’ils sont jeunes et les vieux Britanniques parce qu’ils sont vieux ?!
          Plus vous aurez de marché commun plus vous aurez une standardisation des produits et moins vous aurez le choix (regardez l’humanité d’habille de plus en plus de la même manière). Il en ira de même avec l’armement et à dire vrai c’est déjà le cas. Dans les pays européens seuls la France et l’Allemagne ont dit non au F35 (ceux qui n’ont pas les moyens sont aller vers le gripen ou le F16).
          Expliquez moi encore en quoi l’UE nous préserve la puissance US ?

  5. Je ne crois pas que le Brexit aura une influence sur l’Avenir de l’industrie européenne.
    Airbus ne va t il pas installer une usine en Chine (2017) et aux US (2018) ?
    Il y aura peut-être une période de flottement le temps de régler le juridique mais même cela j’en doute car ils ont probablement anticipé.
    Et quand bien même, si cela devait influencer ce futur dans le mauvais sens pour les anglais, ils ont pris leur décision et toutes les conséquences que cela pourra entraîner.

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