Crash mortel d’un Super Puma militaire en Suisse

Crash mortel d’un Super Puma militaire en Suisse

Ça pourrait commencer à ressembler à une série noire pour l’hélicoptère de transport et de manœuvre vedette d’Airbus Helicopters. Ce mercredi 28 septembre 2016 à la mi-journée un Eurocopter AS-332M1 Super Puma s’est écrasé au retour d’un vol de liaisons militaires, causant la mort de ses deux pilotes et occasionnant de très graves blessures à son mécanicien de bord. L’hélicoptère a lui été totalement détruit dans l’accident.
Les premiers éléments de l’enquête semblent écarter la défaillance technique.

L’hélicoptère en question venait d’assurer une mission au profit de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) et en particulier de son fameux «Document de Vienne» rédigé en 1999 et revu en 2011. À ce titre n’importe lequel des cinquante-six états membre signataire du document peut demander à inspecter une installation militaire d’un autre pays membre. C’est ainsi que quatre militaires suisses accompagnaient quatre de leurs homologues français dans un site à proximité immédiate du lieu du crash. On en sait pas plus sur cette mission européenne.

C’est donc après la dépose de ces huit militaires que l’AS-332M1 Super Puma s’est violemment écrasé. Il semblerait que le mécanicien de bord, seul survivant rappelons-le, ait été éjecté de l’appareil qui a ensuite pris feu. Malgré la zone relativement difficile d’accès, proche du col du Saint-Gothard dans le sud du pays à une altitude de 2100 mètres, les secours sont arrivés assez vite afin de pouvoir médicaliser le survivant et circonscrire l’incendie du biturbine.

Deux thèses semblent avoir été très rapidement écartées par les enquêteurs suisses : la météo particulièrement clémente dans la région ce jours là à l’heure dite, et la défaillance technique. L’effacement de cette dernière semble cependant bien rapide. C’est donc plus vers l’accident humain que les forces aériennes suisses s’orienteraient.
Les vols de Super Puma militaires suisses, un temps suspendus, ont rapidement repris. Dès le lendemain de l’écrasement des hélicoptères de ce type reprenaient leurs missions habituelles.

C’est donc le troisième accident majeur d’un Super Puma après celui survenu voici deux ans et demi au large des Canaries et qui avait causé la mort de quatre membres d’équipage, mais surtout après le très médiatisé crash d’un appareil civil similaire en Norvège au printemps 2016. Cette fois-ci c’était treize personnes qui avaient péri.
Alors le Super Puma est-il un hélicoptère dangereux ? À priori non, enfin pas plus qu’un autre. Simplement son omniprésence dans les forces aériennes et les sociétés de transport spécialisées font qu’au moindre incident celui ci prend des proportions importantes.

Reste aussi que les militaires suisses opèrent au-dessus d’un des territoires les plus tourmentés de la planète avec plus de 90% de leur pays recouvert par des montagnes et des plaines d’altitude. D’ailleurs ils ont payé un lourd tribut eux aussi récemment avec la perte de l’un de leurs avions de combat biréacteur McDonnell Douglas F/A-18C Hornet.

Photo © Gaëtan Pichon.

Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.

1 COMMENTAIRE

  1. D’après le site Opex360, n’étant pas loin du lieu du crash, les 8 militaires (des officiers) se sont intervenus pour évacuer l’équipage de l’hélico mais en vain. RIP

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