Interception russe d’un P-8 Poseidon américain au-dessus des eaux internationales

Interception russe d’un P-8 Poseidon américain au-dessus des eaux internationales

L’aviation russe a t-elle outrepassée ses droits en matière d’interception d’aéronef militaire étranger ? C’est toute la question qui se pose actuellement aux États-Unis avec cette nouvelle affaire. Ce mercredi 7 septembre 2016 un avion de reconnaissance maritime Boeing P-8 Poseidon de l’US Navy a été intercepté en mer Noire par un ou deux Sukhoi Su-27 de la Fédération de Russie, d’une manière fort peu professionnelle si on en croit les déclarations américaines. L’un des deux pilotes russes n’aurait absolument pas respecter les distance de sécurité, se rapprochant très dangereusement du biréacteur américain.

Le Boeing P-8A Poseidon en question réalisait un vol d’entraînement de douze heures aux profit des forces alliées des États-Unis quand pour une raison encore méconnue son équipage a été approché par deux chasseurs russes Sukhoi Su-27 Flanker. Selon les dépositions de plusieurs officiers et sous-officiers américains le pilote de l’un des deux chasseurs biréacteurs aurait même réalisé des manœuvres d’intimidation au plus près du patrouilleur maritime.

Les enregistreurs de vol américains indiquent même qu’à plusieurs reprises l’un des deux Flanker se trouvait à entre neuf et dix pieds du P-8 Poseidon, soit à maximum trois mètres de lui. Une distance extrêmement courte qui non seulement le met en danger mais également les neuf membres d’équipage de l’aéronavale américaine. Sachant que la vitesse de patrouille d’un Poseidon oscille entre 750 et 815 km/h la moindre erreur de pilotage aurait conduit au drame.

Si côté américain on condamne ouvertement cette interception, notamment par la voix du Secrétaire d’État John Kerry, au point même qu’on pourrait se demander si tout cela ne ressemble pas à des cris d’orfraie, il en est tout autrement côté russe. Hormis une série de laconiques dépêches émises par les services de presse du Kremlin et du ministère de la défense c’est le silence radio le plus complet.

Alors les Russes seraient-ils gênés à l’encolure par cette affaire et surtout par les révélations de la conduite indéfendable de leur pilote de chasse ? Oui c’est possible, quoique le pouvoir local ne s’encombre généralement pas de telles considérations habituellement. Quant aux Américains ne jouent-ils pas un peu trop vite les vierges effarouchées ? Leurs explications sur le fait qu’il ne s’agissait que d’une opération d’entraînement à caractère anti-sous-marine reste un peu trop légère quand on sait que le P-8 Poseidon a été pensé ab-initio pour des missions d’espionnage côtier, en remplacement des discrets Lockheed EP-3E Aries.

Quoiqu’il en soit ce nouvel accrochage américano-russe hors de toute zone de souveraineté nationale est plus qu’inquiétante. Les deux parties en présence jouent à un jeu très dangereux, et malgré ce que peuvent rétorquer les deux parties prenantes les torts sont souvent partagés. Même si sur ce coup là il semble bien que ce soit les Russes qui aient vraiment manqué de professionnalisme.

Photo © US Navy

18 COMMENTAIRES

  1. Je comprends la russie. Même si l’aéronef se trouve dans les eaux internationales, cela reste un avion militaire doté de capacités d’espionnages à deux pas du territoire russe et qui plus est, américain ! Que se passerait t’il si un aéronef russe croiserait au large de Miami ou New york par exemple ? Pas sûr que les américains resteraient les bras croisés. Et puis leur entrainement anti-sous marin ils peuvent le faire ailleurs.

    « L’un des deux pilotes russes n’aurait absolument pas respecter les distance de sécurité ». Pourquoi dans ces cas là, le pilote ou un autre membre d’équipage quand il y en a un, ne prennent-ils pas plusieurs photos de l’action en cours, au lieu d’être dans l’accusation et le dementi sans cesse? Ils auraient des preuves irréfutables.

    • Pourquoi devraient-ils forcément « le faire ailleurs » ? Les USA ont des alliés dans la région, et un certaine menace se trouve en mer Baltique c’est donc logique qu’un avion de l’US Navy s’y entraîne. Ensuite vous saurez qu’au 21ème siècle les relevés des capteurs des avions de patmar permettent de placer très correctement les avions ennemis, au moins aussi bien qu’un appareil photo.

      • Salut Arnauld, je ne peu m’empêcher de penser à « Goose »qui prend la photo du mig dans leur f14 sur le dos à seulement 3 mètres 😉 . Dans le film ce genre d’attitude gorgée de testostérones été cool. dans la réalité c’est vraiment jouer avec le feu! Alors jeune pilote russe trop fougueu ou ordre de la hiérarchie ???

    • Je note sans vouloir prendre parti que les commentaires d’Arnaud sont neutres renvoyant dos à dos les protagonistes dans ce jeu d’intimidation ,d’espionnage ,et de guerre des nerfs. Nous savons tous ici que personnes n’est innocent dans ces jeux de pouvoir entre deux superpuissance

    • Peut être c est il trompé. Car une information similaire à celle que vous présentez, est annoncé par plusieurs média ( parisiens, opex360…)mais eux situe l action en mer noir.

      • En IFF, un émetteur questionne l’avion pour l’identifier et l’un de ses répondeurs ( en fonction du mode employé) renvoie les informations demandées.
        Après prochainement je pense Arnaud qu’il y aura bientôt en fonction des livraisons de Boeing, plus de P-8 que de cabines téléphoniques 😉

  2. Nous connaissons tous la réputation méritée des soviétiques puis les russes d’effectuer des vols de reconnaissance à peu de distance de l’espace aérien des pays de l’Otan ou au-dessus de nos porte-avions et navires de combat. Il semble que ceux-ci n’apprécient pas lorsque nous leur rendons la monnaie de leur pièce. Qu’ils « respirent par le nez » (se calmer, rentrer sa colère ou son indignation, relaxer) comme nous disons au Québec! russes « Respirent par le nez » (se calmer, rentrer sa colère ou son indignation, relaxer) comme nous disons au Québec! Et que les pilotes se gardent une petite gène dans leurs manœuvres.

  3. Il y a 2 choses bien distinctes, le principe de l’interception et la manière de la faire.
    Je pense que tout le monde est plus ou moins d’accord sur la 1ère, les 2 côtés le font.
    En revanche, je pense qu’il y a une différence dans la façon d’aller à la rencontre des visiteurs proches de chez soi, plusieurs fois que ce soit pour des avions de patrouille ou pour des bâtiments de surface, les avions russes avaient des comportements assez agressifs et dangereux, et il me semble que les USA (et les Occidentaux plus globalement) sont assez « professionnels » dans cet exercice.

  4. Effectivement comme certains me l’ont fait poliment remarqué mes deux premières sources s’étaient trompés géographiquement : c’est en mer Noire et non en Baltique. Veuillez m’en excuser platement.

    Ce qui ne change rien en fait au fond de l’affaire : la Russie n’ayant pas plus de droit d’interdire l’espace aérien international à un avion américain au-dessus de cette mer que d’une autre. Et encore moins d’agir avec autant d’agressivité et de désinvolture.

    • C’est un comble d’avoir des pilotes russes qui se comportent comme des cowboys ?! Ils leur servent quoi au petit déjeuner ou plus sérieusement : ils compensent un manque de matériel par des attitudes agressives ?? , car malgré une armée puissante ils ne font pas le poids fasse aux USA ; encore moin l’OTAN.

    • La seule certitude dans cette histoire c’est que l’un voulait espionner l’autre et que l’autre ne voulait pas être espionné par l’un. Ils jouent au chat et à la souris mais il ne faudrait pas que cela provoque un accident qui pourrait rendre la situation explosive. Et c’est l’Europe aux premières loges, pas les USA.

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