C’est la fin d’un périple qui aura duré trois semaines et mis à rude épreuve les nerfs des dirigeants politiques mais aussi des amiraux et généraux de certains pays européens. Ce samedi 12 novembre 2016 le porte-avions russe Amiral Kuznetsov a commencé ses ronds dans l’eau de la Méditerranée orientale d’où ses avions pourront prendre les airs afin d’assister le régime syrien de Bachar El-Assad. Car ne l’oublions-pas, à la différence du Charles de Gaulle et des porte-avions américains ce bâtiment ne mène pas uniquement la guerre contre Daech mais également contre les autres opposants à la dictature baasiste de Damas.

Même si les infos arrivent au compte-gouttes concernant ce navire on sait que d’ores et déjà les pilotes de l’aéronavale russe ont commencé leurs vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie. À la différence de leurs collègues de la Marine Nationale et de l’US Navy ceux-ci ne s’aventureront pas dans les cieux irakiens, en tout cas pas officiellement. En effet Moscou n’a mandat pour combattre qu’en Syrie.

À n’en pas douter la vingtaine de MiG-29K et de Su-33 engagés par les Russes devraient savoir tenir leur rang dans cette guerre. Maintenant seront-ils à la hauteur de leurs équivalents occidentaux, ou supposés tels, que sont le Rafale M et le Super Hornet ? Il y a peu de chance qu’on puisse un jour le savoir, les jets russes n’opéreront jamais de concert avec leurs homologues américains et français.

Il est à remarquer qu’en l’absence d’une véritable plateforme de veille radar et de guet aérien cette mission essentielle à tout porte-avions en mission reviendra aux deux Kamov Ka-31 déployés habituellement à bord de l’Amiral Kuznetsov. Des hélicoptères qui à coup sûr n’auront jamais la polyvalence et le confort d’emploi des E-2C Hawkeye américains et français.

Parmi les nombreux facteurs inconnus dans ce déploiement figure l’engagement réel des avions de combat. Seront-ils cantonner comme les appareils des aviations russes et syriennes à servir de camions à bombes afin de frapper aveuglément le sol ou auront-ils un rôle d’attaques de précisions avec des munitions guidées ? Mais on aimerait aussi savoir combien de temps ce navire et ses aéronefs embarqués seront présents dans la région ?

À n’en pas douter nous reviendrons dans quelques jours/semaines sur la présence du porte-avions russes en Méditerranée orientale. Affaire donc à suivre.

Photo © AFP.

6 COMMENTAIRES

  1. Première mission effectuée au-dessus des cieux syriens, et ils ont déjà perdu un Mig-29 KUB aujourd’hui (crash en mer), pilote sauf.

    Sans chercher à polémiquer, je reste dubitatif quant à la réelle utilité de ces moyens aériens dans le conflit, car les avions embarqués (SU33 et Mig29K) sont avant tout destinés à la protection aérienne, non à l’attaque au sol ; bref hormis les quelques KA52 embarqués en sus des jets, rien qui n’apporterait de réelle plus-value par rapport à ce qu’ils ont déjà dans la région et qui remplit largement son office.
    D’aucuns pourront alors rétorquer que Mig29 et SU33 sont capables de larguer des bombes lisses et tirer des roquettes (les bombes guidées, c’est en théorie, car même leur vecteur le plus moderne le Fullback n’en utilise guère), mais enfin, rien de nouveau par rapport au contingent terrestre basé à Latakié, qui lui, avec les SU24 25 et 32 est bien plus orienté air-sol et a prouvé son efficacité avec également les Mi-35.
    Ne serait-ce que par la proximité des zones de combat… les appareils décollant du Kutznetsov sont légers en carburant et en munitions par rapport à leurs homologues opérant à terre, et sans gros moyens de ravitaillement en vol, les Russes se compliquent bien la vie avec leur porte-avions.

    Je pense à titre personnel qu’il s’agit surtout d’une nouvelle démonstration de capacité opérationnelle (entrainement / tests / validation de tactiques et j’en passe), après les lancements de missiles Kalibr par air / mer / sous-marin, le premier engagement conventionnel massif des SU 32 / 35, et les bombardements à longue portée des TU-22 / 95 / 160.

  2. Bonsoir,
    Encore un super article !
    Cela fait longtemps que je lis sur votre site web mais je n’ai jamais osé écrire un commentaire!

    Je me posais juste une question, j’ai vu sur une chaîne d’info qu’un avion militaire Russe se serait écrasé dans la méditerranée. Et je n’ai rien trouvé à propos de cela, avez vous des informations ?

    Merci beaucoup
    C.B

  3. petit rappel pour les moins connaisseurs d’entre nous.
    l’amiral kuznetsov n’est pas un porte-avion au sens occidental du terme mais un croiseur porte-aéronef. Ils suive deux logique opposé.
    Dans la doctrine occidental, c’est l’aviation embarqué qui est primordiale, les catapultes permettant de faire décoller les appareils avec suffisamment de bombe et de carburant pour effectuer les mêmes mission qu’un appareil basé a terre. de plus l’utilisation d’hawkeye permet de coordonnée c’est mission. Le porte-avion sert uniquement de base, possédé un simple armement d’autodéfense anti-aérien courte porté et est escorté du flotte qui a pour seul rôle de le défendre.
    Dans la doctrine russo-sovietique, l’aviation embarqué, limité en capacité d’emport par l’absence de catapulte, se limite généralement a un rôle de défense anti-aérienne au profit de la flotte. en effet les innombrables armement embarque sur les croiseurs (dont le croiseur porte-avion) et destroyers de la flotte qui délivre la puissance de feu . ainsi l’amiral kuznetsov transporte des missiles de croisière sous le pont et des roquette anti-sous marine en plus d’un armement anti-aerien plus largue que celui de c’est homologue occidentaux.

    • un porte-avion au sens occidental du terme n’est pas forcément CATOBAR, il y a moins de pays qui possèdent des PA CATOBAR que ceux qui ont des PA STOVL

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