Vu le succès inattendu du premier volet que nous vous avions présenté il y a quelques mois voici le second, consacré cette fois à l’aviation civile. Et c’est donc toujours sur un ton résolument humoristique, certains diront même potaches que nous allons vous proposer de nous intéresser aux ressemblances étonnantes qu’il a pu exister entre des avions de ligne occidentaux et leur homologues soviétiques durant la guerre froide. Et vous verrez par vous même que les constructeurs américains n’étaient pas les seuls à voir leur bureaux visités la nuit par les agents du sinistre KGB.

Bien sûr nous n’oblitérons pas le travail d’ingénierie des personnels soviétiques qui réussirent le tour de force de créer quelques-uns des meilleurs avions commerciaux de l’époque dans un pays où les notions de classes étaient (théoriquement) révolues depuis la fin de la révolution de 1917.
Bon quiconque a vu un avion de transport du secrétaire générale du parti communiste de l’époque sait bien que cette notion existait encore en URSS. La classe dirigeante prenait l’avion, elle, et pas uniquement pour se rendre dans le fin fond du Caucase !

L’une des premières fois qu’un espion du KGB a commencé à s’intéresser aux avions de ligne occidentaux il est bien évidemment aller chez Convair et il a scruté les plans du bimoteur court-courrier CV-204. Quand il est rentré au bercail les ingénieurs n’avaient pas encore attaqué la bouteille de vodka, le seul alcool qu’ils utilisèrent était celui qui alimentait la polycopieuse. Résultat l’avion qu’ils présentèrent à Joseph Staline et aux dirigeants de l’Aeroflot ressemblait encore fortement à son «cousin américain». Ainsi naquit l’Ilyushin Il-12.

L'original, développé et produit par Convair.
L’original, développé et produit par Convair.
Et sa remarquable copie soviétique.
Et sa remarquable copie soviétique.

Les designers de chez Ilyushin ne semblant pas forcément enclins à se fouler le poignet le KGB retourna sur le sol américain mais s’intéressa cette fois ci à la Californie et plus précisément à cette bonne ville de Burbank où résidaient les bureaux d’études de Lockheed. De là ils photographièrent un nouveau Electra, rien à voir avec le bimoteur des années 1930. Il s’agissait cette fois du L-188 un quadriturbopropulseur destiné à des vols longs-courriers transcontinentaux. De retour au pays les agents secrets refilèrent leurs photos, et les designers, déjà un peu plus imbibés qu’auparavant en tirèrent une merveille absolue : l’Il-18. Particularité notable, il a été construit en plus d’exemplaires et a volé plus longtemps que son honorable modèle américain d’origine.

Du Lockheed L-188 Electra...
Du Lockheed L-188 Electra…
à l'Ilyushin Il-18.
à l’Ilyushin Il-18.

Bon après cela les Américains ont commencé à comprendre que leurs bureaux d’études civils étaient tout autant visés que ceux des militaires. Du coup les Soviétiques sont allés voir ce qui se passaient en Angleterre. Et la première victime a été l’avionneur Vickers au travers de son (pourtant très laid) quadriréacteur VC-10 qui fut tout bonnement recopié quasiment à l’identique toujours chez Ilyushin sous l’appellation d’Il-62. Cette fois c’est pas possible, pour le refaire autant à l’identique, il devait y avoir pénurie de vodka quelque part dans le pays. À l’instar de l’Il-18, l’Il-62 connut une carrière plus longue et plus vaste que son modèle britannique.

Au jeu des sept erreurs, entre le Vickers VC-10 et...
Au jeu des sept erreurs, entre le Vickers VC-10 et…
... l'Ilyushine Il-62, faut vraiment avoir l'œil.
… l’Ilyushine Il-62, faut vraiment avoir l’œil.

Le climat britannique, et peut-être aussi le scotch devait plaire aux agents du KGB car ils restèrent encore dans l’île. Cette fois ils s’intéressèrent à Hawker-Siddeley et son surprenant (et totalement raté) Trident qu’ils photographièrent sous tous les angles. Une fois en URSS les experts de la polycopieuse moscovite en tirèrent des plans qui donnèrent naissance là encore à un des pires avions commerciaux de l’histoire le Yak-40/Yak-42.
Il y a vraiment que les militaires pour avoir su tirer profit du Yak-42.

Un HS Trident décollant dans les années 1960.
Un HS Trident décollant dans les années 1960.
Et un Yak-42 atterrissant quarante ans plus tard.
Et un Yak-42 atterrissant quarante ans plus tard.

Pour terminer les agents du KGB se sont intéressés au Canada, et là bas ils ont juste polycopié les plans d’un des meilleurs avions de tous les temps : le Twin Otter. Le résultat ne fut assemblé qu’à une demi-douzaine d’exemplaires et est aujourd’hui quasi retombé dans l’oublie. Voici le Beriev Be 30/Be 32.

Du chef d'œuvre...
Du chef d’œuvre…
... au méga plantage.
… au méga plantage.

Voilà nous espérons que vous aurez aimé ce petit voyage dans l’aviation civile de la guerre froide. Si vous êtes sages, vous aurez droit, d’ici Noël à un troisième et ultime volet sur les hélicos. Oui oui là aussi les polycopieuses ont fonctionné. Pas toujours avec bonheur.

Photos © Wikimédia Commons

 

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