L’affaire peut sembler anodine mais elle tourne au scandale aux États-Unis depuis qu’elle a été reprise par des associations de défense des droits des femmes et même par Hollywood. Elle remonte à dimanche 26 mars 2017. La compagnie aérienne United Airlines a refusé l’accès à bord d’un de ses vols intérieurs à deux passagères parce qu’elles portaient des leggings en guise de pantalon. Ce qui a particulièrement choqué en Amérique c’est l’âge de ces deux passagères : 10 et 13 ans.

Alors les responsables et avocats de United Airlines se retranchent derrière le règlement intérieur de leur compagnie qui interdit formellement pour des raisons de sécurité le port des leggings à certaines passagères. Et là encore les associations féministes et les avocats des droits de l’homme (et pour le coup de la femme) pointent une stigmatisation et un sexisme assumés. Ces deux jeunes filles sont en fait les parents proches d’une employée de la compagnie et utilisent des billets à tarif préférentiel.

Ces billets réservés au personnel autorisent t-il la compagnie à faire tout et n’importe quoi, quitte à humilier publiquement deux jeunes filles de 10 et 13 ans au beau milieu de l’aéroport de Denver ? Non sûrement pas, en tous cas pas au sens humain du terme. Après le concept sécuritaire autour du leggings demeure très contestable. Qu’on interdise à ces jeunes filles un coupe-ongle, un aérosol, ou encore une pince à épiler ça se comprend mais un bas noir opaque de sport ça devient un gros n’importe quoi.

Alors comme l’ont si bien expliquées deux ambassadrices notoires du féminisme américain que sont la comédienne Patricia Arquette et la présentatrice télé vedette Ellen Degeneres c’est peut-être aussi une façon pour United Airlines d’exiger un code vestimentaire plus en adéquation avec l’image de la compagnie à ses passagers et passagères à billet personnel que cela a eu lieu. Mais des gamines de 10 et 13 ans doivent-elles réellement s’y conformer ? Pas sûr.

Au final cette affaire est symptomatique d’une certaine dérive aux États-Unis, renforcée par l’arrivée au pouvoir du notoirement machiste Donald Trump, qui voudrait que les compagnies puissent imposer tout et n’importe quoi à certaines passagères comme interdire à une enfant et une adolescente l’embarquement pour cause de tenue vestimentaire inadéquate. Que je sache ces deux filles ne portaient aucune tenue choquante ? OK un leggings c’est pas loin d’être le degré zéro de l’élégance mais ça n’a rien d’insultant ou de dégradant, surtout je le redis chez des jeunes filles de cet âge là. À la limite un leggings c’est moins inélégant qu’un mini-short Daisy Duke pourtant omniprésents l’été venu dans les avions de ligne américains. M’enfin tout ça a quelque chose de vraiment nauséabond quant à la société américaine contemporaine.

Photo © Wikimédia Commons.

4 COMMENTAIRES

  1. Une bien étrange affaire, est-ce la vrai raison du refus??? ou un fait monté en épingle par certaines associations dont c’est le fonds de commerce de dénoncer ce type de « scandale »….on ne saura pas le fin mot de l’histoire à mon avis.

    • Vous savez les associations féministes (que ce soit en France ou aux USA) n’ont aucun intérêt à monter en épingle de tels scandales. Non il semble bien que ce soit une application déshumanisée d’un règlement stupide qui soit à l’origine de tout ça. On a appris mercredi que devant l’ampleur que cela prenait la très sérieuse Federal Aviation Administration avait décidé de se saisir du dossier.

      • C’est vrai que cela semble surréaliste, après avec les Américains on est pas au bout de nos surprises, ils sont tellement étranges parfois dans leurs façons de penser. (dans certaines universités ils ont interdit « Roméo et Juliette » au prétexte que cela heurtai la sensibilité féminine de certaines étudiante, alors……). Comme en plus, tout est prétexte à procès…..(ce qui est une bonne raison là-bas, car financièrement juteuse).
        Bref, je plain ces pauvres fillettes (j’en ai moi même deux qui s’habillent comme ça l’été). Et parfois je plain cette pauvre société US qui est capable du pire comme du meilleur.

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