C’est devant des milliers d’anonymes, souvent descendants de combattants de la Première Guerre mondiale, et sous le double haut patronage de messieurs François Hollande et Justin Trudeau respectivement Président de la République Française et Premier Ministre du Canada, que les festivités du centenaire de la bataille de Vimy se sont tenues ce dimanche 9 avril 2017. Et coup de bol le soleil était de la partie.
L’un des points d’orgue de cette manifestation a été le survol du Mémorial par des biplans aux couleurs canadiennes. Des avions qui cependant étaient des répliques.

Et c’est par les airs, à bord d’un Boeing CC-177 de l’Aviation Royale Canadienne, que ces monomoteurs ont traversé l’Atlantique en direction des Hauts-de-France. Le petit jeu pour les aérophiles présents était sans doute de reconnaitre les avions présents.

Juste avant leur départ du Canada, les biplans et le CC-177 patientent sur le tarmac.
En ce qui me concerne je n’ai vraiment reconnu qu’une copie de Nieuport XI, les autres avions étant souvent assez grossièrement reproduits avec notamment des matériaux fort peu usités en 1916-1917 pour la production aéronautique.
Mais qu’importe en fait car l’émotion était certainement palpable aussi bien à bord des cockpits qu’au pied du Mémorial de Vimy.

Sur son tarmac la réplique du biplan est délicatement embarquée dans la soute du quadriréacteur.
En fait il faut bien le reconnaitre si cette bataille est demeurée célèbre de l’autre côté de l’Atlantique elle reste assez méconnue en France, et pour cause. En effet entre le 9 et le 17 avril 1917 les soldats canadiens ont réussi là où leurs collègues britanniques et français avaient lamentablement échoué deux ans auparavant. Mais les Canadiens vont y payer un très lourd tribut. Pour reprendre la crête de Vimy un total de 3598 de leurs combattants y perdront la vie. Cette bataille permettra en 1919 au Canada de siéger au Traité de Versailles. Certains n’hésitent pas à y voir l’un des actes fondateurs de l’indépendance du Canada vis à vis de la Couronne britannique.

C’est donc assez naturel que les plus hautes autorités de nos deux pays aient été présentes. Il faut savoir que le Prince de Galles, héritier du trône britannique, féru d’histoire et grand francophile, était lui aussi présent à Vimy. Ses deux fils, par ailleurs pilotes d’hélicoptères, avaient également fait le déplacement.

Cent ans après la réplique du biplan s’arrache du sol de France.
En fait il faut reconnaitre que le rôle de l’aviation canadienne dans cette bataille demeura assez marginale. En effet le ciel de la région avait été « nettoyé » de toute incursion allemande et austro-hongroise depuis de nombreuses semaines par les pilotes britanniques et français. Cependant des chasseurs canadiens prirent les airs durant les quatre journées de la bataille, sans perdre un seul avion.

Photos © Aviation Royale Canadienne

9 COMMENTAIRES

  1. Dimanche, il y avait 25000 personne à Vimy. Personnellement, j’ai préféré aller voir les vieilles toiles de près à l’aérodrome Lens-Bénifontaine. Sur les 8 avions qui ont décollé, seul deux étaient à taille réelle : un Nieuport 17 et un Nieuport 28. À taille réelle, il y avait aussi un Sopwith Pup, mais il n’était pas homologué pour les vols en France. Pour la petite histoire, la réplique du SE-5 a souffert d’un atterrissage musclé samedi. Les canadiens ont réparé le train d’atterrissage dimanche matin et dimanche après midi, il survolait le monument canadien de Vimy.
    S’il faut une preuve pour affirmer que la bataille de Vimy est importante pour le peuple canadien : en juin 1915, Alcock et Brown ont réalisé la première traversée de l’Atlantique (Terre Neuve-Irlande) à bord d’un Vickers Vimy.

  2. @Jean Capelain « en juin 1915, Alcock et Brown ont réalisé la première traversée de l’Atlantique (Terre Neuve-Irlande) à bord d’un Vickers Vimy. »
    Vous faites erreur. Ceux-ci décollèrent le samedi 14 juin 1919 à 13 h 40 de Terre-Neuve pour attérrir à Clifden, dans le Connemara, en Irlande, à 8 h 40 le 15 juin 1919. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/non-lindbergh-na-pas-reussi-le-premier-vol-transatlantique/
    A cette époque Terre-Neuve-et-Labrador était un Dominium indépendant. qui deviendra la dixième province du Canada le 1er avril 1949.

    • Vous avez parfaitement raison. Je me suis trompé d’année. Je savais que c’était un an après la fin de la guerre et j’ai indiqué un an après le début…
      Je voulais simplement faire remarquer que l’avion s’appelait « Vimy », et ce n’est pas un hasard. S’il n’y avait pas eu la prise de la colline de Vimy par les canadiens, personne n’aurait entendu parler de ce village entre Lens et Arras.
      Merci à vous, M. Perrault

  3. j’ai remarqué les cocardes britanniques sur le coté et françaises sur le dessus et le dessous des ailes… Quelle en est l’explication ?

    • Alors là perso la seule idée qui me vient c’est que c’est peut-être une fantaisie de la part de nos amis canadiens, en forme de clin d’œil à la fois pour leurs cocardes (alors britanniques) et pour les notre.

    • Je n’avais pas remarqué… J’ai peut-être un autre explication. J’ai lu dans un livre sur la Grande Guerre que les Français, les Anglais et les Américains utilisaient tous trois des cocardes tricolores bleu-blanc-rouge. Tantôt le rouge au milieu, tantôt le bleu, un peu au pif. Ils ont fini par se mettre d’accord et c’est là qu’est apparue la cocarde étoilée des Américains. Mais il est vrai que c’est étonnant de voir deux cocardes différentes sur le même avion. Cela confirmerait le « un peu au pif ».

  4. Bonjour,
    Sur le site du gouvernement du Canada, à l’onglet: Désignations, conception et art de fuselage des aéronefs vous trouverez la réponse:
    « Le RFC emprunte alors une idée aux Français, qui utilisent une cocarde composée de cercles concentriques rouges, blancs et bleus reprenant les couleurs du drapeau de leur pays. Les Britanniques inversent l’ordre des couleurs en plaçant le bleu à l’extérieur et le rouge au centre.
    En 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, l’ARC reçoit l’autorisation de remplacer le cercle central rouge par la feuille d’érable rouge. Ce n’est par contre qu’après avoir obtenu l’approbation du Conseil de l’air le 17 juin 1946 que cette modification est mise en œuvre. En 1965, la feuille d’érable stylisée à 11 pointes qui orne le nouveau drapeau national remplace l’ancienne feuille d’érable d’allure plus naturelle au centre de la cocarde canadienne. »
    https://www.canada.ca/fr/services/defense/fac/histoiremilitaire/histoire-patrimoine-militaires/histoi
    Et pour les insignes de dérives il est écrit sur la même page web:
    « À l’origine, les aéronefs de l’ARC portaient l’insigne britannique composé de bandes verticales rouges et bleues séparées par une bande blanche. Les avions de l’ARC basés en Europe ont commencé à employer l’insigne rouge en 1955, puis les avions basés au Canada ont fait de même en 1958. »

    Vous remarquerez que de dessin de la feuille d’érable arborée sur la dérive des aéronefs de Air Canada s’est modifiée avec le temps.
    Pendant la seconde guerre mondiale, certains navires de la Marine royale canadienne affichaient une feuille d’érable sur la cheminée. Cependant ce n’est qu’après la guerre qu’elle fut systématiquement affichée sur les navires de la marine et de la Garde côtière canadienne.
    Et j’invite tous les amis francophones à consulter les tous sites web du gouvernement canadien. Ceux-ci sont tous bilingues. L’Encyclopédie canadienne est LE site web de référence à consulter: http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/ Cependant ce site propose une interprétation fédéralisme de l’`histoire du Canada..
    Bonne lecture!

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