C’est un poncif repris sur toute la planète : les Français sont les champions du monde de la grève et du mécontentement. Eh bien vous savez quoi ? Nos concitoyens du bout du monde ne font pas exceptions. Depuis près de 48 heures le trafic de quatre aéroports polynésiens est fortement perturbé par une grève généralisée des… services de secours aéroportuaires. Un dossier épineux que le nouveau ministre des transports devra se saisir au plus vite, enfin une fois sa prise de fonction réalisée.

Tout a commencé à Faaa, l’aéroport tahitien, quand les services de secours aéroportuaires se sont mis en grève lundi matin pour manifester leur ras-le-bol concernant leurs conditions de travail. Deux revendications principales les concernent. En premier lieu un alignement des salaires sur à la fois leurs collègues de métropole mais aussi sur le niveau de vie à Tahiti où beaucoup de produits de premières nécessités viennent de l’hexagone et dont les prix sont donc fortement impactés par les nécessités de transport. En second lieu les soldats du feu tahitiens réclament que leurs agrées* soient plus récents, conformément aux normes en vigueurs en métropole.

Des revendications qui n’ont donc rien d’aberrantes et qui pourtant fautes de trouver une oreille à l’écoute à Aéroport de Tahiti (ou ADT, la société qui gère les plateformes tahitiennes) a fait que le mouvement de grogne s’est déplacés désormais vers Bora-Bora, Rangiroa, et Raiatea. Ces trois aérodromes sont en effet les principales plateformes de la région après Faaa. Un groupe de travail s’est pourtant formé entre ADT et le Haut-commissariat de la République en Polynésie française pour tenter de trouver une sortie de crise.

Il faut dire que Faaa est loin d’être une petite plateforme aéroportuaire sans intérêt notable, c’est bien un aéroport international de premier plan. Plusieurs compagnies aériennes nationales dont Air France, Air New Zealand, et LAN-Chile l’utilisent très régulièrement. Sans compter les compagnies locales Air Archipels, Air Tahiti, et Air Tahiti Nui qui en ont fait quasiment leur hub.

Or il faut savoir que sans service de secours un aéroport ne peut fonctionner. C’est la loi. C’est la raison pour laquelle le haut-commissaire a décidé d’user de son droit de réquisition pour exiger que certains grévistes, par roulement, stoppent leurs actions pour permettre une reprise partielle des vols.

Toujours est-il que si vous devez vous rendre dans la région sachez vous armer de patience, le paradis va se mériter plus que jamais. En espérant bien entendu que chacune des parties de cette crise trouve son compte et que le trafic aérien de la région puisse reprendre. Pour mémoire depuis juillet 2012 la plateforme de Faaa accueille le Détachement Air 190 qui permet la mise en œuvre des aéronefs militaires français dans la région.

Photo © Wikimédia commons.

* Le terme agrée appartient au jargon des pompiers et désigne en France tous les véhicules de soutiens et d’interventions qu’ils soient d’incendie, de secours à victimes, ou encore de sauvetages.

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